tradition, transmission, recyclage

Publié le

     Il était une fois une dame, qui avait grandi à une époque où le prêt-à-porter n'existait pas vraiment, qui avait suivi son mari dans la province du Tchad qu'il était chargé d'administrer, et qui se plaça honorablement dans la moyenne démographique nationale en lui faisant sept enfants. En bonne mère de famille, elle maniait aiguille et spatule pour nourrir et habiller son petit monde. Au retour en France, son aînée se plaignit de devoir porter des chaussures, et sa cadette découvrit l'école, où les cours de couture n'étaient pas encore relégués au rang de loisir créatif, mais constitutifs d'un cursus normal. L'aînée est désormais arrière-grand-mère et faiseuse d'embrouilles familiales, passons. La cadette vient de marier sa plus jeune, et a transmis à sa propre aînée, outre l'art d'accommoder les restes, une certaine dose d'inventivité, et le goût de la création. A ne pas confondre, comme je l'expliquais à Chloé, avec l'imagination et le talent, puisqu'il s'agit simplement, à partir de ce qu'on connait, d'arranger à sa sauce - pour filer la métaphore culinaire, je serais bien incapable d'inventer une recette digne de ce nom, mais je me débrouille pour faire du comestible avec ce que j'ai sous la main.

     Bref. Après ce rapide hommage à ma grand-mère, qui m'a appris à faire un noeud au bout d'un fil d'une seule main, et que seules la patience et l'attention sont les garantes d'une couture bien faite, et à ma mère, encore une fois, pour son habileté à embellir le quotidien à partir de trois bouts de ficelle, voilà le pitch : que faire avec un coussin d'inspiration vinyl qui a perdu ses galettes centrales (création maman, once again), et un tee-shirt issu du troc de fringues, dont le motif est choupinet mais la forme, avachie ? Re : un autre coussin, ah ah. Ayant déblayé, comme vous avez pu le lire hier, mon atelier, je suis à fond in the mood pour m'occuper les mains, et après m'être rapidement fait ce matin une paire de boucles d'oreilles assorties à ma petite robe nantaise au motif afro-bleu-brun, je me suis attaquée au tee-shirt, à grand renfort de ciseaux et de fil à broder. Et sans me vanter (si, en fait, bien sûr), le résultat est kawai à souhait...

coussin 2

     Si l'aventure vous en dit, et que vous avez une heure à perdre : vous plaquez le tee-shirt sur le coussin, vous découpez à la mesure, vous épinglez bien à plat, vous brodez au point droit le long du motif, et vous découpez le surplus de tissu. La petite subtilité ici étant que le fil à broder est en dégradé de l'orange au jaune clair.

     Dans mon prochain appart, en plus d'un dressing, il y aura un grand bureau, et j'organiserais des ateliers broderie-bijoux-lampes pour vous, mes chéries :)

PS : si quelqu'un sait ce qu'il y a écrit dessous, je lui offre un dîner (expérimental, bien sûr...).

Publicité

Commenter cet article