ça faisait longtemps

Publié le

     Bon, oui, il s'en est passé pas mal depuis, et j'ai même pas parlé du troc de fringues la veille de mon départ pour Lyon, un vrai scandale. Reprenons. D'abord, l'invite, sur une idée, cette fois-ci, d'André - je sèche un peu, à force, alors merci de votre contribution et n'hésitez pas pour la prochaine, vous avez six mois pour y réfléchir.troc de fringues 8

     Il y avait donc Elise, venue à vélo avec ses soixante-dix kilos de fringues sur le dos, Cécile, sans Julia que Pascal avait accepté de garder en l'honneur de la fête des mères, Hélène, avec Thom qu'on n'a pas entendu beaucoup, Mathilde, avec Mélie qui a joué à la dame avec mes colliers au milieu du salon, Aurore (ma soeur), qui avait fait un pré-tri et du coup, a trouvé preneuse pour 99% de ses dons, Anouk, qui persiste à dire qu'elle n'aime pas le rose, mais portait du mauve, Sido, qui nous a refait le coup d'essayer les pires horreurs juste pour le plaisir, et une copine à elle dont j'ai honteusement oublié le prénom, mais qui est arrivée en total look baba turquoise, avec sarouel, tunique et sandales à perles, et est repartie en total look pin-up, avec jupe crayon, petite blouse vieux rose à jabot et les fameux escarpins d'Anouk, le genre qui te fait une cambrure à pas sortir seule le soir tard. On a bien rigolé, moins qu'au précédent, mais plus que les gars d'Emmaüs quand ils m'ont vue arriver avec sept cabas et un carton, pleins à ras-bord des reliquats.

     Après Lyon, j'avais prévenu les boys que je ne serais pas là l'aprèm du mardi, mais seulement pour les coucher, histoire de récupérer un peu de la semaine et de faire semblant d'avoir un jour de repos, mais c'était sans compter les inépuisables ressources de ma responsable de secteur, qui m'a mis un mail le lundi soir, pour venir chercher ma bagnole à huit heures trente mardi matin, pour aller faire deux heures de ménage chez une dame qui habite à la sortie du métro Saint-Barnabé, ah ah. Je suis magnanime (ou juste trop conne ?) : pour une autre que cette responsable-là, je pense que mon ordi aurait souffert d'une panne bienvenue m'ayant empêchée de consulter mes mails...

     Heureusement, après il y a eu Tarare et le spectacle de danse de fin d'année de Cilou, ma belle-soeur préférée, qui a diantrement fondu depuis l'été dernier, danse le Mickael Jackson avec un tel sérieux que c'en est presque du plagiat, et s'est sacrément bien débrouillée pour apprendre plus d'une vingtaine de chorégraphies à sa soixantaine d'élèves, dont la tranche d'âge va de trois ans et demi à une pré-retraite manifestement bien active. Je me suis régalée à participer à la mise en place du bar, suivant ma fameuse technique du "je lance l'action et je me casse" (en l'occurence avec un sac poubelle déployé sur les épaules et en gueulant "supermaaaaan" à travers la salle), et j'ai dit un mot à ses ados pendant l'entracte, comme quoi elles étaient belles, elles étaient magnifiques, les gens aimaient ce qu'elles faisaient, ils étaient tous là pour elles, alors qu'elles envoient les watts et s'éclatent sur Shakira et Brit-brit, avec le sourire. Elles ont du me prendre pour une tarée, mais elles ont vachement bien dansé quand même, malgré une table de mixage pourrie (merci la mairie) qui diffusait à peu près autant de son qu'un mauvais autoradio. Avant ça, j'avais distribué les programmes à l'arrivée des gens, perchée sur mes talons comme une véritable petite hôtesse d'accueil, pendant, j'ai mitraillé de photos et peut-être même qu'il y en a une qui est parue dans le journal, et après, j'ai filé un coup de main pour le remballage en pigouillant des feuilletés à la saucisse. Bref, j'y retourne l'an prochain, on s'est trop régalés.

     Ensuite, il y a eu les habituelles blagues du boulot, allez, je ne résiste pas.

"Bonjour, est-ce que vous accepteriez de faire des interventions chez une dame, elle a fait un AVC, elle est en fauteuil, elle déprime, elle se laisse aller, il faut la stimuler, faire les transferts, s'occuper du ménage, de huit heures à midi, ça nous arrangerait ?". Ben non cocotte, j'en suis à deux cent dix heures prévues, là, ça va aller, je pense.

Deux jours après, "Bonjour, j'ai bien entendu votre charge mensuelle mais est-ce que vous pourriez aller faire le ménage chez mme untel pour que la salariée qui y va d'habitude aille chez la patiente dont je vous ai parlé l'autre jour, ça serait de neuf heures à midi ?". Ben non, en quoi me proposer d'aller bosser trois heures plutôt que quatre me prouve que tu as compris que perso, j'ai mon compte ?...

Et puis, "Bonjour, vous savez la mission qu'on vous a collée demain mercredi matin ?". Oui, là où je finis à dix heures et demi à la Ciotat, et où je dois être à la Pounche (= Tatouine le Bled, vers Allauch) à onze heures, et en repartir à midi et demi pour être une demi-heure après dans le centre de Marseille, et ben ? "Et ben en fait c'est pas pour demain, ça serait pour aujourd'hui...". Ah oui mais là non, parce que je finis à onze heures chez la dame de Saint-Barnabé, et que contrairement à la semaine dernière, j'ai pas fait la connerie de venir en voiture, ah ah.

Et aussi, "Bonjour, on aurait besoin de vous pour un accompagnement, il faudrait aller chercher un monsieur à Saint-Raphaël (dans le Var) à neuf heures et demi et le ramener à Venelles (à dix bornes au-dessus d'Aix) ?". Ben non, comment vous dire, en ce moment le matin je préfère dormir que me taper trois cent bornes avant d'aller bosser.

     Pour réhausser les coeurs, on a eu la fête de la musique, jeudi. J'avais mutinement demandé à André s'il voulait sortir, sachant que non, et en fait on aurait peut-être du. Parce que d'un endroit quelconque de la cour sur laquelle donnent mes fenêtres, on a eu droit à une Sardounade, par un monomaniaque, très mono (une seule chanson, "Musulmane") et très maniaque (trente-cinq fois d'affilée). J'étais à deux doigts d'appeler les flics pour me plaindre de harcèlement culturel. A la place, j'ai mis Les Croquants à fond, et on a pogoté sur leur version des Amants de Saint-Jean, après avoir constaté qu'on a définitivement un gros problème de coordination motrice quand on danse ensemble. Deux jours après, on s'est rattrapés (pour l'ambiance, pas pour la synchronisation) à l'aniv de Raph, dans un coin de colline complètement paumé, mais rendu chaleureux par les excellents boot-legs d'Alexis (oui, c'était plus que du mix - et mieux), le buffet oriental de Samia, l'esprit d'initiative de Toto et Sido (ça fait un peu couple de clowns, va falloir songer à trouver plus euphonique) qui ont débarrassé les tables pour qu'on danse dessus, les borborygmes explicitement jouissifs de Jean-Yves se faisant masser par sa toujours aussi ravissante Anouk, le plaisir de Raphaël à l'ouverture de ses cadeaux, et aussi, avouons-le, par un bordeaux blanc pas piqué des hannetons. Il me fallait bien ça pour me remettre de mes émotions, puisqu'en rentrant de Mimet, j'ai failli m'emplâtrer une vieille complètement tarée, qui déambulait en toute simplicité sur la voie de gauche de l'autoroute, sur laquelle j'arrivais, naturellement, à 110. Elle n'a pas eu l'air particulièrement choquée que je la frôle à presque 70 à l'heure, et entre deux giclées d'adrénaline et trois bordées de jurons plus percutants que fleuris, je me suis félicitée d'avoir fait changer mes plaquettes de frein deux jours avant. Après, j'ai traversé l'autoroute pour aller m'arrêter à une borne d'appel et j'ai braillé "oui, je vous appelle parce qu'il y a une PIETONNE sur l'AUTOROUTE !!!", à quoi on m'a débonnairement répondu que c'est bon, on l'a récupérée - et j'espère mise sous sédatifs, camisolée dans un lit-cage, enfermée de l'extérieur derrière une porte blindée, à cinq cent kilomètres de toute trace de civilisation. Quand une gamine s'est précipitée sous mon pare-choc, passant en courant de la sécurité du trottoir à l'esquive des double-files du boulevard Baille pour attraper son bus, je me suis liquéfiée à l'idée de l'avoir blessée. Quand une quadragénaire s'est précipitée devant mon pare-choc en poussant rageusement son vélo pour traverser le même boulevard alors que j'étais en pleine accélération au sortir du rond-point de Castellane, je l'ai copieusement insultée de risquer sa vie et ma liberté au mépris des règles élémentaires du code de la route - on regarde avant de traverser, connasse !!! Mais on était en ville, et je sais qu'il y a toujours, toujours, TOUJOURS de l'imprévu vu le nombre d'usagers qui se partagent plus ou moins courtoisement l'espace. Là, sur l'autoroute, samedi soir, j'ai plutôt expérimenté une incursion de l'absurde dans un environnement a priori tout à fait respectable - un peu comme une tempête de neige à Marseille, Juliette qui prend un portable, ou Abby Sciutto en tailleur rose. Mais, mais, mais ? Mais c'est pas possible ?!!! Pas forcément le signe avant-courreur d'une apocalypse, mais quand même le genre de truc qui pendant quelques minutes, vous fait, conceptuellement parlant, bugger.

     A part ça, j'ai fait trois heures de repassage hier matin et la conclusion est sans appel : j'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup trop de fringues. Il est donc inenvisageable que mon prochain appart soit dépourvu d'un dressing à part entière. Et j'ai rangé et nettoyé mon établi à bijoux, je vais donc vous laisser pour aller replonger les mains dans la matière (bon, j'ai changé la litière des chattes tout à l'heure, mais c'est pas le même kif). Merci de votre patience, la suite au prochain numéro.

Publicité

Publié dans petites histoires

Commenter cet article

G
<br /> You're welcomme :) Pour les programmes, plutôt un par famille, et certains n'en ont pas voulu (surtout des vieux, qui pensaient que c'était payant). Il devait en rester une quinzaine quand je<br /> suis rentrée dans la salle (je les ai laissés sur une chaise à l'entrée). Pour la photo, pas grave, je ne me fais aucune illusion sur la qualité de la prise de vue ! Des grosses bises aussi :)<br />
Répondre
C
<br /> Merci encore de ton aide précieuse lors de mon gala (ainsi que de ton épaule en fin de soirée...), tu as assuré !<br /> <br /> <br /> Notre DJ Jam me demande si tu as donné un programme par personne ou plus ? Parce que, certaines personnes bien gentilles (hum hum) nous annoncent qu'eux ils ont compté 250 personnes de présentes<br /> ! Oui je sais, c'est des comiques !<br /> <br /> <br /> Bref, ce soir, c'est goûter de fin d'année : je vais revoir les filles et les féliciter d'avoir réussi à danser avec un son aussi bon (!).<br /> <br /> <br /> Je te scanne les articles de presse : ils n'ont pas pris ta photo, désolée.<br /> <br /> <br /> Je te fais plein de mimis !<br /> <br /> <br /> A très vite !<br />
Répondre