soyez salope, soyez civique

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Mes lecteurs assidus d'outre-Manche s'inquiétant de mon silence, je reprends la plume pour vous conter une petite aventure survenue mercredi dernier (il y a presque quinze jours, donc, en fait), qui justifie le titre de ce billet (oui, des fois y a un rapport), et qui se résume à moi 1 - connard en 4x4 0. Arf, André arrive à l'instant, je reprendrais plus tard.
Or donc, ce fameux mercredi, je rentre des courses pour ma patiente, toute heureuse à l'idée que je vais terminer assez tôt pour aller chercher André à la sortie du boulot. Ma patiente habite au bout du Jarret, dans un immeuble nanti d'un petit parking à ses pieds, accessible uniquement par le Jarret. Bon, en fait, je vous mets un dessin, c'est plus pratique.
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soyez salope, soyez civique
Moi, j'arrive par la droite, sur le Jarret, et j'envisage tout à fait usuellement de rentrer sur le parking juste après l'arbre. J'ai l'habitude que des voitures soient garées devant le portail de l'Automobile Club de Provence, et en général ça gêne pas. Mais là, le rectangle rouge, c'est un gros quatchequatche Volvo flambant neuf qui bloque complètement le passage, avec ses warnings qui me narguent. Je m'arrête un peu à l'arrache (le rectangle noir à côté du rouge), et je klaxonne comme une tarée pendant dix minutes, attendu que si le gars a ses warnings, et qu'en plus il sait qu'il est garé comme une bouse, il devrait pas être très loin. Nada, personne, queud'. Et d'un coup, là, comme dans les Mystery Men, la fureur monte, et j'en ai ras-le-bol. J'appelle les flics, leur expose la situation, donne l'adresse, l'immatriculation, la totale, et j'attends, bien décidée à remonter les bretelles du connard s'il finit par se pointer. Le connard se pointe pas toujours pas. Coup de bol, une voiture s'en va du coin du parking au pied de l'immeuble, et personne n'étant garé dans la rue 1, je fais le tour par les rues 3 et 2, Titine escalade vaillament le trottoir (merci les pneus neufs), et je me gare, ce qui me permet au moins de décharger les courses. Entretemps, une Twingo s'est garée dans la rue 1 et me bloque la sortie, damned, mais c'est parfait, au moins les flics verront bien l'ampleur du problème s'ils finissent par se bouger.
 
Une demi-heure après mon coup de fil (de 18h02, je garde la trace...), ils arrivent, à quatre, on sait jamais, et constatent que oui, le quatre-quatre est toujours là, il empêche bien tout le monde de rentrer ou de sortir, et sachant qu'il y a deux immeubles accolés de sept étages chacun avec trois apparts par étage, je rajoute une couche d'argumentation en signalant qu'en cas de problème, ni les flics, ni les pompiers ne pourraient intervenir. Pas pressés, les condés demandent une identification du véhicule au cas où il serait déclaré volé, font un tour à la salle de sport et à l'hôtel de l'autre côté du Jarret histoire de voir si le propriétaire n'est pas en train de s'accorder un quart d'heure love ou quelques suées sur un instrument de torture, font chou blanc, dressent une contravention, et se décident à appeler la fourrière. Le temps qu'icelle arrive, une bonne demi-heure de plus, un jeune se pointe pour récupérer sa voiture, ah ah la bonne blague, et un autre cinq minutes après, qui nous apprend que le "quadragénaire bien habillé" s'est garé là vers 16h30. Vraiment, donc, un gros enculé de connard, qui a bien mérité que son joli joujou soit bourrinement embarqué à Plombières. Et moi, bien habillée, bien lunettée, droite dans mes baskets, et habitée d'une saine fureur, j'ai perdu une heure, mais pas une miette du spectacle, et j'étais bien contente que justice soit faite, parce que merde à tous ces connards qui se croient tout permis sous prétexte qu'ils sont pétés de thune, BORDEL !! Non non, je ne suis pas aigrie de travailler à temps plein et de devoir gratter mes parents pour boucler mes fins de mois, qu'est-ce qui sincèrement pourrait vous laisser croire une chose pareille ?... A ce propos, en navigant sur over-blog l'autre jour, je suis tombée sur le blog d'une fille 100% girly mais qui a elle aussi adressé un petit mot au président - nettement plus didactique que le mien, ceci dit. J'avais pensé à créer une nouvelle rubrique pour ce genre de billet, d'ailleurs, un truc du style "le coup de gueule qui sert à rien mais qui soulage".
 
A part ça, je commence à être grave en stress à l'idée de partir, et non, ce ne sont pas les exams qui me font flipper, mais la perspective de devoir prendre le train 6 fois, pardon 7, j'ai un changement à Rennes, en dix jours. J'ai encore plein de trucs à faire, mais je suis coincée à attendre que ma chef me rappelle pour me dire à quelle heure je peux passer rendre la voiture, sachant que j'en ai besoin avant pour aller acheter des croquettes à Lumi (qui exige du Purina et rien d'autre depuis qu'elle y a goûté, la sale bête), poser ma valise chez André vu que ce soir j'aurais déjà le panier de légumes à trimballer à pied, ce qui veut dire passer chercher ses clés à la librairie puis passer les lui rendre puis aller poser les croquettes à la maison puis revenir au bureau puis aller au garage puis rentrer à pied de Cantini, donc en même temps l'avantage c'est que je suis trop mentalement occupée pour avoir le temps de penser à quelle heure je dois décoller demain pour être sûre de pas rater mon train, de pas me tromper de train, de pas laisser ma valise dedans et qu'il parte pendant que je fumerais une dernière clope sur le quai, c'est une horreur, pourquoi j'ai plus l'avion gratuit papaaaaaaaaaaa !!! Bon, faut bien avoir un peu des angoisses con, comme tout le monde, sinon après on me dit que je suis normale à 300% et que c'est pas normal :) La chef vient de m'appeler, je vous laisse, la prochaine fois on parlera de qui a bien reçu sa chtite carte postale, par exemple...

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