les aventures de concours girl

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Histoire que mes révisions servent à quelque chose, je suis partie passer les concours d'entrée en école d'infirmière à Vannes et Nantes, et ce ne fut pas rien.
 
Début de l'aventure mardi 20, je dors la veille chez André, mon train part à 9h26 de Saint-Charles, on part de chez lui à moins le quart, et quand on arrive à la gare, je me souviens qu'on ne met qu'un quart d'heure à faire le trajet, ah ah. En même temps, je stresse depuis la veille au matin, entre la valise, la voiture à nettoyer et rendre au bureau, la convocation de Nantes que je n'ai pas reçue (à l'heure actuelle, n'étant toujours pas arrivée, je suppose qu'elle s'est perdue dans un warp spatio-temporel quelque part au milieu de la France), les chats de ma mère et le mien que je dois charger André d'aller nourrir, la question de où dormir la veille de mes deux départs sachant que le bateau du pater sera au chantier naval et que je dois être à 7h à Montparnasse, bref, je m'en fous d'avoir une demi-heure d'avance, j'achète le dernier Causette (depuis le temps que je voulais y jeter un oeil), je monte à bord, je bouquine, je m'endors. A Paris, je me tâte : prends-je un carnet de tickets RER pour la semaine, or not ? A 20 euros le carnet, c'est not... J'arrive au bateau en suivant le chemin de la berge, les canards et les cormorans sont au rendez-vous, photo rituelle du barrage, glandouille en attendant l'arrivée de mon père, de mon frère, de ma soeur, et de son mari (oui, tout ça), sieste molle avec Tirou, toujours aussi beau (le chat de mon frangin, issu de la dernière portée de Lumi). Diner en famille, ambiance sympa, coucher tôt.
 
Le lendemain, réveil 5h, départ 5h30 direction le RER, arrivée à Montparnasse avec une bonne demi-heure d'avance (on ne se refait pas), train pour Vannes, dodo. L'IFSI est à deux minutes de la gare, j'ai trois heures devant moi pour faire du tourisme. Le centre-ville est tout petit, tout mignon, avec ses vestiges de remparts médiévaux, ses maisons à pans de bois de toutes les couleurs, et ses panneaux indicateurs en breton, dépaysement garanti. Je fais un tour au marché sous un grand soleil, et rigole in petto quand trois gouttes de pluie tombent mollement et que tout le monde s'affole - on aurait pu penser que les Bretons ont l'habitude des averses intempestives, mais non. Je trouve un resto qui sert tôt, m'engouffre une galette "super complète", et bien sûr une crêpe "salidou", soit caramel au beurre salé, un régal. Retour à l'IFSI, la température a très brutalement très chuté, au point qu'une espèce de neige fondue nous tombe dessus et qu'à la fin de l'heure d'attente sur le parking avant l'appel, on est tous congelés. Les tests psychotechniques sont ultra-difficiles, plein de suites logiques à la con (= pas du tout en accord avec mes compétences logiques à moi), le texte de français concerne "la mort du repas gastronomique français", je reprends le train, un peu déçue par mes performances lamentables, retour au bateau vers minuit, écroulade.
 
Ensuite, quelques jours de glande sympathique au bateau, nettoyage, apéros, petites bouffes en famille ; passage à Neuilly pour récupérer un colis au centre de distribution du Goëland (mauvaise pioche : en voulant économiser 3 euros 60 de livraison, j'ai payé 6 euros 20 de RER) ; virée parisienne avec Rafaëlle (mais pourquoi ce rendez-vous samedi aprèm à Châtelet ?!!!) et diner dans son super appart (chapeau à son chéri, qui peut se reconvertir architecte d'intérieur et créateur de meubles sans problème) ; croisière le dimanche pour amener le bateau au chantier (gros stress au départ, le pater tendu comme un string, constat que j'ai grave perdu la main pour envoyer les cordes d'amarrage aux bollards des écluses, et un rhum bien tassé une fois arrivés, parce que quand même) ; essayage de la robe de mariée de ma soeur, avec ma mère tout juste atterrie de la Réunion (si j'avais pas été aussi énervée de plus avoir de réseau en sortant du métro, j'en aurais pleuré !) ; et dodo chez Rafaëlle la veille du deuxième concours, vu que le métro est à dix minutes de chez elle et direct jusqu'à Montparno (vs une demi-heure de marche jusqu'au RER du chantier, changement à Châtelet, bref, du tracas pour rien).
 
Lever pour Nantes à 5h, comme d'hab, arrivée à la gare un peu moins en avance, train, vadrouille dans le centre-ville que je retrouve avec plaisir, tiens, cette avenue était en chantier la dernière fois, tiens, cette place aussi, tiens, le tram qui s'annonce jusqu'à Beaujoire (où je dois aller) s'arrête en vrai à Haluchère, z'ont pas fini de poser les rails - mais comme ils sont très bien organisés, y a un bus qui finit le trajet, et arrivée au Parc des Expositions, tout est fléché, c'est magique. Entretemps, j'ai reçu ma convoc' par mail, sans avoir besoin de rien demander, la classe. On est 1700 dans la salle, une place pour dix candidats, les tests psychotechniques me plaisent vachement plus qu'à Vannes (putain de boussoles, ceci dit), le texte est sur l'habileté des ados avec les nouvelles technologies, je sors contente, et reprends le tram pour la gare. Comme j'ai plus de feuilles, j'en gratte une à un confrère fumeur de roulées, qui m'en propose gentiment un stock, mais non, j'ai le temps avant de reprendre le train, j'irais en acheter, merci.
 
Et là, c'est l'incursion de l'inouï dans ma life. Je sors du tabac, à vingt mètres de la gare, et tombe nez à cuir avec un portefeuille abandonné sur une poubelle. En bonne citoyenne (qui ne fait pas que dénoncer les malappris à la police), je l'ouvre, histoire de vérifier s'il est plein de papiers que leur propriétaire sera ravi de récupérer, ou s'il est vide, auquel cas je ne m'embarrasse pas. Une carte Vitale dépasse un peu, et je lis the nom : Gelabale. Alors, certes, comme ça, ça doit pas vous évoquer grand'chose, mais moi ça fait tilt : c'est le même nom que la directrice de l'IFSI. Sur la carte d'identité, un vieux monsieur noir. Or, si j'étais trop loin pour la voir, la dirlote, en revanche, sa façon de pas pwononcer les r me laisse supposer qu'elle vient des îles, ou d'un coin d'Afrique, bref, qu'elle a probablement pour de bon un lien de parenté avec le propriétaire du portefeuille. J'appelle le secrétariat de l'IFSI, avec un peu de chance, le staff y sera encore pour enregistrer les copies de l'exam. Bingo, je tombe sur la secrétaire, lui explique la situation, elle me passe la directrice, qui s'exclame "C'est mon mawi !" quand je lui lis les prénoms de la carte d'identité (il est né en 1933, heureusement que j'ai pas insinué que ça pourrait être son père...), et on conclut que comme mon train part dans une demi-heure, et moi sur Marseille le lendemain, je laisse le portefeuille à l'accueil de la gare et son mari passera le récupérer. J'ai trouvé ça assez fendard, même si j'ai aucune chance de me faire pistonner pour les notes du concours :) Et en attendant mon train, j'ai papoté avec le fumeur de roulées, qui lui rentrait à Rennes, comme quoi le monde des candidats est petit.
 
Après, ma foi, la routine, coucher tard, lever tôt, TGV pour Marseille, siestouille - ah, j'ai développé une technique fabuleuse pour dormir dans le train quand il est blindé et qu'on peut pas gratter deux sièges pour se rouler en boule : suffit de poser une veste sur la tablette et de poser la tête dessus, les bras sur les genoux. Ca fait un peu "J'ai la tête dans mon assiette parce que je suis ivre mort", et faut régulièrement se réveiller pour changer la tête de côté pour éviter le torticolis, mais sinon c'est pas mal. A l'arrivée à la maison, je suis lessivée et j'ai comme d'hab des tas de trucs à faire, mais bon, on verra plus tard, je me lance dans la mise à jour du blog dédié à la vente du bateau. Depuis, j'ai repris le boulot, et passé le concours de l'AP-HM samedi matin (sans Fanny, clouée au lit par une espèce de grippe vicieusement opportuniste) - une perle, ce concours. Déjà, je me suis pointée avec trois quarts d'heure d'avance au lieu d'un. Ensuite, on a eu deux fois la même question pour le texte (enfin, pas exactement dans le libellé, mais le résultat était le même), et mon fidèle stylo m'a lâchée en route, merci à mon anonyme voisine pour le dépannage, vu qu'on n'a pas le droit de changer de couleur au cours de la copie et que mon stylo de secours était bleu au lieu de noir, ensuite, on n'a pas eu droit à une pause-clope, au fallacieux prétexte que ça aurait repris une heure et demi de refaire l'appel (marrant, les autres IFSI n'ont pas ce genre de problème...), et dans les tests psychoT, je suis retombée sur exactement le même problème de maths que l'an dernier, un costume trois pièces pour lequel il fallait déterminer le prix de chacune des pièces, et comme mon frangin m'avait expliqué l'astuce, j'ai réussi, cette fois, à le résoudre. L'un dans l'autre, je pense m'en être bien sortie, et comme le ratio est d'une place pour six, je me permets d'y croire un tout petit peu. Me reste celui de la Croix-Rouge dans quinze jours, mais en attendant, Lumi ne mange plus, la faute à un ganglion enflammé au niveau du ventre, donc j'ai d'autres raisons de stresser... En cadeau, la photo du bateau en pleine action et en mode tilt-shift, prise par mon beauf' :)
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Publié dans petites histoires

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