routes
Dimanche, retour de chez Julien, la flemme de mettre mille ans à rentrer par la ville, je vote pour l'autoroute. Une heure du mat et des brouettes, les ronds-points de la Valentine s'enchainent, je roule très très très lentement, comme d'hab quand j'ai fumé, parce que j'ai une vieille tendance à martyriser les vitesses dans cet état (donc autant éviter d'en avoir quatre à rétrograder en cas d'urgence). On arrive sur l'autoroute, personne. Personne. Personne. Des kilomètres de bitume en ligne droite, et personne. Ceux d'en face, on les aperçoit vaguement à travers les broussailles du terre-plein, mais nous, on est seuls. Je me chauffe un peu, personne personne ? Personne personne, alors là, bug, le grand kif : après une rapide révision mentale de mes réflexes de conduite, et une petite prière d'excuse à Alex le charmant moniteur du stage Centaure, je me lâche, et c'est THE dérapage au frein à mains sur les trois voies, et on repart Simone.
Ah ah, nan mais vous voulez rire... J'ai scrupuleusement gardé l'aiguille du compteur sur cent, et la ligne continue bien à ma droite, et même si j'avais été claire (et donc en possession d'à peu près tous les moyens dont je dispose), JAMAIS je m'amuserais à faire des calculs de probabilité au volant. Mon credo, quoi qu'en disent les statistiques, est que la probabilité d'avoir un accident en voiture au moment M à l'endroit E est d'un sur deux. Soit tu en as un soit tu n'en as pas, le risque est toujours là, que la cause soit extérieure ou non. Ce qui fait de moi, dans tous les cas, une vraie petite trompe-la-mort :)
Lundi soir, retour de potironade chez Sido et Aurélien, à Ceyreste (pas plus loin, en fait, que quand je pars bosser certains matins). Alors maintenant faudra pas confondre Maurice mon ordi avec Maurice le chien de Sid, à qui ça va très bien (Yann, j'anticipe : le prénom va bien au chien, et le chien va bien à Sido !). Au retour, on passe en pleins travaux : la voie de gauche a été balisée, et elle sert de passage aux voitures d'en face, leur tronçon étant fermé. Mmh, trop bien, on est séparés des mecs qui arrivent à cent dix par des carottes en plastique tous les cinq mètres... Le vrai problème toutefois n'est pas là, mais dans un phénomène tout à fait surprenant, à savoir que le bitume est tellement neuf, tellement lisse, que j'ai l'impression de rouler sur du carrelage mouillé, ce qui en terme d'adhérence, laissez-moi vous dire, n'est pas le pied. Oui oui, je la ramène avec mon stage de conduite en état d'urgence, n'empêche que le truc fondamental qu'on y retient, c'est que des fois on peut rattraper, et des fois on peut pas. Et là, clairement, sur cette vicieuse matière visqueuse, je veux pas savoir qui de moi ou du bitume marquera le point en cas de dérapage. Du coup, je me fais doubler par un car, qui klaxonne ce faisant, histoire de bien m'humilier. Oui, je roule à soixante-dix sur une autoroute et c'est pââââs bien, mais je t'emmerde !!! C'est encore pire que le mistral, comme impression, parce que ça vient de sous les roues, pas sur les côtés, donc du premier truc censé t'éviter de partir en lévitation.
Après, on tombe dans une espèce de routine, parce que l'autoroute de la veille est toujours aussi vide, mais y a plus l'effet de surprise, et toujours pas la pleine lune pour en rajouter dans le trip ville décimée par une horde de zombies mal outillés pour tailler la route.
Mercredi matin, tiens oui, c'est la grève, j'avais complètement zappé, mais après quelques guirlandes tricolores clignotantes admirées en mode sur-place, je commence à me dire qu'il y a vraiment du monde, tout de même. Je commets l'erreur stratégiquement fatale de tenter un petit passage inédit par le bd Roosevelt, plutôt que de marroner rue St Savournin, et je me retrouve encore plus bloquée dans l'allée Gambetta, où c'est tellement le bordel qu'on comprend pas bien s'il y a une ou deux voies en face, ou trois ou quatre dans mon sens. Arrivée au bout, fichtre, c'est pour constater que des manifestants bloquent l'accès au tunnel St Charles, mon sésame pour récupérer facilement l'autoroute du Littoral. Ah les enfoirés... Je dois repartir à droite, contourner la gare par la gauche, redescendre à la Porte d'Aix, couper la route au mec de derrière pour choper le bd des Dames, et me taper toute la remontée de la Joliette. Bilan : UNE HEURE ET DEMIE !!!!!!!!!! pour rejoindre cette putain d'autoroute, au lieu de vingt minutes en temps normal (et dix quand y a personne).
Ce matin, échaudée par l'expérience, et bossant dans le même coin, je pars à sept heures et demi, pour être sûre d'être là-bas à neuf heures. Bien sûr, ça a roulé comme d'hab, et j'ai pu finir ma nuit dans la voiture, n'ayant roulé que trois quarts d'heure :)
Et sinon, quand je m'ennuie au volant, je prends le ciel en photo.
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