j'ai failli être en manque...

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Après plusieurs journées de frustrations diverses et variées, j'ai enfin pu me remettre au bricolage :D
Bon, à l'heure actuelle j'ai toujours pas fini ma lampe canettes, mais au moins j'ai tout le matos pour, suite à une virée jouissive chez Gadec en début d'aprèm - oui, y en a c'est H&M, moi c'est  les magasins de bricolage, et celui-ci est pas mal, pas cher, pas loin, et si les rayons ne sont pas très bien signalisés, les vendeurs sont super gentils. Donc j'ai fait provision de douilles, de prises et d'interrupteurs, je me suis offert un store en canisses pour remplacer le rideau dégueu de la cuisine (et parce que le méta-sophistiqué d'Ikéa à 70 euros a vingt cm de trop en largeur, argh), et aussi une scie à métaux (à poignée ET lame rouges, wouhou) et un mètre enrouleur (je vous laisse deviner la couleur), et puis du grillage à poules pour pouvoir enfin ouvrir la fenêtre du salon sans courir après le chat dans la rue toutes les trentes secondes, et puis j'ai pris des petites lampes adhésives à diode pour le placard de la cuisine de Fanny, et de quoi fabriquer une rallonge pour que Raph puisse enfin se raser convenablement dans sa salle de bain - il avait la lumière et le miroir mais pas la prise, ou alors l'option miroir + prise dans le salon mais pas assez de lumière, donc un rasage à trous-trous assez négligé - mais pas vraiment façon hidalgo.
Donc en rentrant de chez Gadec, je m'installe chez lui (il m'avait laissé les clés avant de partir au boulot), et je commence à bidouiller. Dans l'idée, c'était pas très compliqué : y a une prise sur le mur de la salle de bains côté cuisine, il suffisait de faire un trou en bas du mur pour passer le fil, de poser une fiche mâle à un bout et une fiche  femelle à l'autre, et de fixer le fil le long du mur.
Premier merdage, le trou dans le mur. La ponceuse est toujours chargée depuis les étagères chez Fanny, le mur est en plâtre, a priori y a pas de câbles électriques dedans, tout a l'air easy, j'attaque côté cuisine, sauf que je crois buter dans les carrelages de la plinthe de la salle de bains donc je reperce un peu plus haut, pour au final me retrouver avec deux trous dans le mur. Pas grave, un jour je mettrais de l'enduit et on verra plus rien, en attendant, mon fil est passé dans le trou, la classe. Fin de l'étape 1.
Etape 2, et deuxième merdage, ah ah. Je place mes petits fils dans la fiche mâle avant d'avoir enfilé le capot sur le câble - pourtant André m'avait bien prévenue, la première fois... Pas grave, je dévisse les fils, je - ah ben là ça va être tendu, le trou du capot est d'un dixième de millimètre trop étroit pour le diamètre du fil... J'ai forcé comme une tarée, poussé d'un côté, tiré de l'autre, enfilé les fils, revissé les vis, et re-tiré d'un côté et re-poussé de l'autre pour bien enclencher le tout, et finalement, hourra, victoire, j'ai branché ma fiche mâle dans la prise de la cuisine. Après ça, j'ai posé quelques cavaliers de chaque côté du mur pour que le câble reste bien plaqué au mur, j'ai tout laissé en plan et j'ai foncé chez le médecin. Eh oui, à force de bricoler chez les gens, on se fait des tendinites aux biceps, et avec un coup de froid dans la nuque à cause du vent de l'autoroute sur la transpiration inévitable, ben ça fait bobo.
De retour de chez le médecin, j'enclenche l'étape n° 3 : la pose des cavaliers pour maintenir le fil le long des murs (pour info, les cavaliers sont de petits arceaux de plastique nantis d'un clou, on passe le fil sous l'arceau et on enfonce le clou dans le mur, c'est simplissime et ça fait plus net). Premier mur, ça baigne, j'aligne bien proprement le long de la plinthe, je négocie le virage derrière le chiotte (arf, putain de tendinite, ça facilite pas les contorsions). Après, l'habituel merdage, n° 3 aussi, donc : le tuyau d'évacuation du chiotte juste au-dessus de la plinthe. Euh, et comment je fais-je pour mettre mes coups de marteau, moi ?? Eh ben je gruge ! Petit angle droit, hop hop hop, je planque le fil derrière le tuyau d'arrivée de la chasse d'eau. Ah oui, mais là le mur est en brique et on passe en mode misère : je suis censée tenir un cavalier autour du câble avec deux doigts coincés derrière le tuyau, et négocier l'arrivée du marteau entre le gros tuyau et le petit tuyau, et le clou est franchement rétif. Bon, j'ai réussi à en poser deux, faudra mettre un point de colle pour que ça fasse nickel, je poursuis mon déroulé de fil, remonte le long du dernier mur, et m'arrête à hauteur du lavabo, histoire d'avoir de la marge pour poser la deuxième fiche, la femelle, celle à trous (évidemment...)
Et donc là, on se demande ce qui peut passer dans la tête d'une fille prête à débrancher un fusible pour changer une ampoule, mais qui attaque sans hésiter la coupe d'un fil électrique un peu trop long dans lequel passe du 220 V, vu qu'elle n'a pas débranché côté cuisine, tellement qu'elle est fière d'avoir poser sa putain de fiche mâle à la con. Heureusement, merci mon dieu, que j'ai attaqué le fil à la pince à dénuder, qui fait partie de l'attirail des pros et est donc isolée (contrairement au couteau de cuisine, au cutter de chez tout à deux euros ou aux bons vieux ciseaux à papier, tous autres ustensiles que j'aurais pu avoir la bête idée d'utiliser).
Parce que du coup, quand le métal de la pince est entré en contact avec les deux fils sous tension, ça a fait un gros PAN !!! et le fusible a sauté, ce qui m'a évité une patate familiale de 40 kgs (les amateurs de la Chanson du Dimanche apprécieront la référence, et j'aurais vraiment pu terminer "avec du ketchup dedans"...). Heureusement aussi que la proprio de Raph a eu l'excellente idée de laisser une boite de fusibles de rechange sur son compteur électrique, comme ça je l'ai changé ni vu ni connu et le courant est revenu dans la cuisine.
Après, j'ai re-bien galéré ma race pour passer le capot de la prise femelle sur le câble (toujours un peu trop gros pour le trou d'icelle), j'ai bidouillé ma prise, tout remis en ordre, et écouté d'une oreille attendrie le wzwzwzwzwz du rasoir électrique en marche. Et tant qu'à faire d'être dans un jour de chance, j'ai grimpé sur une chaise posée sur la table pour remettre le lampion et changer l'ampoule dans la cuisine - j'ai juste coupé le disjoncteur avant, on a la chance qu'on mérite :) Et je lui en ai pris une à économie d'énergie, comme ça avec un peu de chance, il pourra même l'emporter dans son prochain appart.
Rentrée à la maison, j'ai déchargé la boite de la perceuse, la boite des mèches de la perceuse, la boite à outils, le sac avec les bricoles de chez Gadec, le store, les 2m50 de grillage, et quand même mon sac à main, et j'ai posé mon store (trop facile, moi qui craignais de faire un carnage avec mèche à béton + perceuse en mode percussion pour cause de mur un peu costaud), et puis le grillage, qu'il a fallu couper pour ajuster, mais maintenant ça fait tout nickel (amis invités, pensez à toquer côté cuisine, du coup...). Lumi est bien sûr très vexée de pouvoir se jeter à la fenêtre pour se retrouver bloquée au bout de cinquante centimètres, et j'ai fini la journée dans un état de crasse pégueuse assez redoutable, mais qu'est-ce que j'ai savouré ma clope en me posant sur la banquette !
Pour fêter ça, je vais tenter la "soirée célibataires" du Black Unicorn, un pub où Raph a ses habitudes (oui oui, on hallucine tous les jours avec ce garçon). Juste histoire d'aller boire un coup, hein :)
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Ah ben ca! on pourra pas dire qu'on a pas de chance dans la famille ! (pour l'anectode j'ai oublié mon sac à main avec téléphone portable et appareil photo numérique entre autre, dans les chiottes d'une aire d'autoroute sur l'axe lyon paris, un dimanche d'été des plus classiques, je m'en suis aperçue 150 km plus tard et ... je l'ai retrouvé indemne ! il a juste fallu refaire 200 km en sens inverse le lendemain...)
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