lever l'pied, c'est l'pied
Mardi dernier, jour faste. Pour cause de rendez-vous matinal chez l'ostéo, je ne bosse pas de la journée - chouette, une intervention en moins chez le baron, coool. Je me pointe donc chez l'ostéo à neuf heures et demi, me disant que pour une fois, je ne vais pas attendre, puisque je suis là à l'heure où je dois passer. Las, une autre est déjà dans la place, et le collègue de l'ostéo nous dit que là, y doit y avoir un problème. Sur ce, Roux arrive, la gueule enfarinée, et on entend un petit bidibip discret - son collègue qui l'appelle pour lui demander ce qu'il branle bordel, y a déjà deux patientes pour lui. Bref, la nana ayant rendez-vous à neuf heures moins le quart, il la fait passer avant moi, logique, non sans s'excuser au passage - c'est pas grave, m'sieur, moi aussi j'ai des pannes de réveil des fois.
En sortant, je suis sur un petit nuage et descends en ville pour vaquer à diverses occupations. Et là, c'est le drame, la consternation, la malédiction des soldes et de mon envie récurrente et désespérée de me laisser aller à mon désir compulsif d'achat de chaussures neuves. Entrant dans une boutique Texto, je repère une splendide paire de compensées laquées noires, avec bride fine autour de la cheville et petite découpe juste exprès pour qu'on voit le vernis sur le gros orteil. Tragédie : elles n'y sont plus qu'en 39, et c'est trop petit [ici, petit apparté : à la base je fais du 41, mais je sais pas, les fabricants de chaussures ont du buggé ces dernières années, parce que maintenant, je suis obligée de commencer mes essayages au 39, des fois que le 40 soit trop grand]. Ou alors, en 40, mais en gris (dit "beige"). Ah non non non, pour une fois que je veux du noir, on ne m'estanquera pas aussi grossièrement. Vaï, c'est pas grave, y a une autre boutique Texto plus bas dans la rue de Rome, j'y vais j'y cours j'y vole. Ils ont quatre cent modèles, c'est un labyrinthe instable de boites de chaussures et de clientes au bord de l'hystérie, mais pas ce que je cherche. Arf. Vais-je devoir renoncer à ce doux rêve ? C'est d'autant plus cruel que d'une, c'est rare que je craque vraiment sur un modèle, et de deux, que j'ai enfin l'argent pour me faire plaisir. Ouin.
En fin de journée, Hélène me relance dans la course : "Mais c'est normal, la boutique du bas de la rue de Rome ne vend que les modèles de l'an dernier, va plutôt voir rue St-Fé, y a une autre boutique Texto". Il est six heures, j'ai le temps d'y foncer avant la fermeture. Je rentre comme une barge dans la boutique, le vendeur pige que pouic à ma description de l'objet de mes rêves mais c'est pas grave je l'ai repéré en trois secondes, et là c'est le drame, pas de 40 noir. Argh.
Bon, ben quitte à le prendre en 39 et à être un peu serrée, je vais rejeter un oeil à la première boutique de ce matin, on sait jamais, des fois qu'en fouillant bien ils en aient retrouvé une paire, et au pire je suis pas loin de la maison et j'ai pas la moitié du centre-ville à traverser toute déprimée. Je fonce, j'arrive essoufflée et dégoulinante, et je constate que, non, mes pieds n'ont pas rétréci dans la journée (c'est même plutôt l'inverse, avec veines saillantes, orteils bouffis, et tout et tout). Bon, je prends ce putain de 39 qui va un peu me constiper, ou je renonce définitivement à dépenser de l'argent pour rien ? La vendeuse, curieusement vachement plus zen à dix minutes de la fin de sa journée de travail que le matin même, me sort nonchalament "Vous avez essayé la boutique du Centre Bourse ?" Hein ? Parce que vous m'autorisez l'espoir, là ? "On peut les appeler, si vous voulez" - je veux, je veux, je veux !!! Suspense intolérable pendant quatre minutes, et le verdict tombe : "C'est à quel nom qu'il faut vous les mettre de côté ?" Toi, je t'aime !!!!!!!!
Le lendemain donc, je laisse ma mère en otage dans la voiture posée à l'arrache le long du centre commercial en question, et je file avec ma frangine chercher MA paire de chaussures de dame. Ca n'était pas un rêve, elles y sont, je les essaye, elles me vont impec, et j'oscille même pas en me mettant debout (pfeu, elles ont trois bons centimètres de talon en moins que mes compensées vertes de l'espace, tu parles d'un jeu d'enfant). J'en profite pour craquer sur une autre paire, grise à boucles, comme ça Fanny Hélène et moi on pourra se la raconter autour d'un Earl Grey façon Jane Austeen avec nos souliers old school de petites filles sages (oui parce que d'habitude on est toutes les trois in the mood for rouge, mais ces derniers temps on subit de plein fouet une vague d'affection irrationnelle pour les chaussures grises). Je sors de la boutique en couinant comme la queen of the couine que je sais si bien être, même pas refroidie par l'avertissement de ma petite soeur (grande experte en la matière) : "Tu sais, faut te méfier, les chaussures à talon, une fois que tu as commencé, tu ne peux plus t'en passer"...
On repasse chez ma mère avant d'aller diner à Aix, je mets mes chaussures comme le loup de la chanson, j'arpente le couloir, me prends une réflexion sur le fait que ça fait dandiner du cul, et là, paf. La lanière qui relie la bride de la cheville au talon de la godasse pète. Enfin, elle se décolle de l'intérieur, et la couture étant mal faite, elle lâche. Qui je tue, là, vite ?! Je fulmine, peste, tempête, râle, maudis et décide de retourner dès le lendemain casser la gueule à la vendeuse du Centre Bourse. Bon, en vrai j'l'ai pas fait, parce qu'elle m'a donné tout de suite une autre paire. Heureusement pour elle, parce que si j'avais pas pu sortir avec, j'l'aurais eu mauvaise d'avoir lâché trente euros pour une paire de pantoufles de poule de luxe...
Maintenant, j'attends l'occasion de pouvoir les mettre ailleurs que dans un couloir, parce que c'est pas tout ça, mais j'ai pas claqué deux cent balles de fringues ce mois-ci pour que ça dorme dans mes placards. Futilité, quand tu nous tiens :)
En sortant, je suis sur un petit nuage et descends en ville pour vaquer à diverses occupations. Et là, c'est le drame, la consternation, la malédiction des soldes et de mon envie récurrente et désespérée de me laisser aller à mon désir compulsif d'achat de chaussures neuves. Entrant dans une boutique Texto, je repère une splendide paire de compensées laquées noires, avec bride fine autour de la cheville et petite découpe juste exprès pour qu'on voit le vernis sur le gros orteil. Tragédie : elles n'y sont plus qu'en 39, et c'est trop petit [ici, petit apparté : à la base je fais du 41, mais je sais pas, les fabricants de chaussures ont du buggé ces dernières années, parce que maintenant, je suis obligée de commencer mes essayages au 39, des fois que le 40 soit trop grand]. Ou alors, en 40, mais en gris (dit "beige"). Ah non non non, pour une fois que je veux du noir, on ne m'estanquera pas aussi grossièrement. Vaï, c'est pas grave, y a une autre boutique Texto plus bas dans la rue de Rome, j'y vais j'y cours j'y vole. Ils ont quatre cent modèles, c'est un labyrinthe instable de boites de chaussures et de clientes au bord de l'hystérie, mais pas ce que je cherche. Arf. Vais-je devoir renoncer à ce doux rêve ? C'est d'autant plus cruel que d'une, c'est rare que je craque vraiment sur un modèle, et de deux, que j'ai enfin l'argent pour me faire plaisir. Ouin.
En fin de journée, Hélène me relance dans la course : "Mais c'est normal, la boutique du bas de la rue de Rome ne vend que les modèles de l'an dernier, va plutôt voir rue St-Fé, y a une autre boutique Texto". Il est six heures, j'ai le temps d'y foncer avant la fermeture. Je rentre comme une barge dans la boutique, le vendeur pige que pouic à ma description de l'objet de mes rêves mais c'est pas grave je l'ai repéré en trois secondes, et là c'est le drame, pas de 40 noir. Argh.
Bon, ben quitte à le prendre en 39 et à être un peu serrée, je vais rejeter un oeil à la première boutique de ce matin, on sait jamais, des fois qu'en fouillant bien ils en aient retrouvé une paire, et au pire je suis pas loin de la maison et j'ai pas la moitié du centre-ville à traverser toute déprimée. Je fonce, j'arrive essoufflée et dégoulinante, et je constate que, non, mes pieds n'ont pas rétréci dans la journée (c'est même plutôt l'inverse, avec veines saillantes, orteils bouffis, et tout et tout). Bon, je prends ce putain de 39 qui va un peu me constiper, ou je renonce définitivement à dépenser de l'argent pour rien ? La vendeuse, curieusement vachement plus zen à dix minutes de la fin de sa journée de travail que le matin même, me sort nonchalament "Vous avez essayé la boutique du Centre Bourse ?" Hein ? Parce que vous m'autorisez l'espoir, là ? "On peut les appeler, si vous voulez" - je veux, je veux, je veux !!! Suspense intolérable pendant quatre minutes, et le verdict tombe : "C'est à quel nom qu'il faut vous les mettre de côté ?" Toi, je t'aime !!!!!!!!
Le lendemain donc, je laisse ma mère en otage dans la voiture posée à l'arrache le long du centre commercial en question, et je file avec ma frangine chercher MA paire de chaussures de dame. Ca n'était pas un rêve, elles y sont, je les essaye, elles me vont impec, et j'oscille même pas en me mettant debout (pfeu, elles ont trois bons centimètres de talon en moins que mes compensées vertes de l'espace, tu parles d'un jeu d'enfant). J'en profite pour craquer sur une autre paire, grise à boucles, comme ça Fanny Hélène et moi on pourra se la raconter autour d'un Earl Grey façon Jane Austeen avec nos souliers old school de petites filles sages (oui parce que d'habitude on est toutes les trois in the mood for rouge, mais ces derniers temps on subit de plein fouet une vague d'affection irrationnelle pour les chaussures grises). Je sors de la boutique en couinant comme la queen of the couine que je sais si bien être, même pas refroidie par l'avertissement de ma petite soeur (grande experte en la matière) : "Tu sais, faut te méfier, les chaussures à talon, une fois que tu as commencé, tu ne peux plus t'en passer"...
On repasse chez ma mère avant d'aller diner à Aix, je mets mes chaussures comme le loup de la chanson, j'arpente le couloir, me prends une réflexion sur le fait que ça fait dandiner du cul, et là, paf. La lanière qui relie la bride de la cheville au talon de la godasse pète. Enfin, elle se décolle de l'intérieur, et la couture étant mal faite, elle lâche. Qui je tue, là, vite ?! Je fulmine, peste, tempête, râle, maudis et décide de retourner dès le lendemain casser la gueule à la vendeuse du Centre Bourse. Bon, en vrai j'l'ai pas fait, parce qu'elle m'a donné tout de suite une autre paire. Heureusement pour elle, parce que si j'avais pas pu sortir avec, j'l'aurais eu mauvaise d'avoir lâché trente euros pour une paire de pantoufles de poule de luxe...
Maintenant, j'attends l'occasion de pouvoir les mettre ailleurs que dans un couloir, parce que c'est pas tout ça, mais j'ai pas claqué deux cent balles de fringues ce mois-ci pour que ça dorme dans mes placards. Futilité, quand tu nous tiens :)
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