Comme ça m'a bien plu de le faire pour la chambre, je remets ça avec le récit épique (pour moi en tout cas) de mes travaux d'intérieur, cette fois-ci dans la salle de bains, comme l'indique le titre pour une fois pertinent.
Pour mémoire, j'avais, un soir de retour de biture entre meufs, décidé d'arracher l'immonde tapisserie tricentenaire qui insultait les murs de cette pièce, et me collait une nausée matinale carabinée même sans avoir picolé la veille. Et les choses en étaient restées là (forcément, un délire d'ivrogne désargenté, ça pousse pas loin).
Il y a quelques mois, j'ai fignolé l'opération sur la partie carrelage, en lessivant les dernières traces de papier peint (oui, y en avait même sur le carrelage, et plus atroce encore que celui des mur) et en bouchant un maximum de trous, dans le double objectif de, donc, refaire la salle de bains, et niquer les cafards qui poussaient des invasions massives dans mon chez-moi. Enfin, il y a quelques semaines, j'ai acheté tout ce qu'il me faut en termes de matos de bricolage (sauf l'essentiel, enduit et sous-couche, parce que vu l'état des murs y a du ravalement de façade à faire avant de jouer les artistes peintres). Et là, je profite d'un presque long week-end et de l'absence de mon homme pour enclencher le début des hostilités, à savoir le lessivage des murs et du plafond.
L'avantage d'avoir un beau-père manuellement doué et confortablement parti en vacances pour deux mois, c'est que j'ai pu lui braquer son échelle de pompier ce soir. Oui parce que sans ça, le plafond à deux fois ma hauteur, même avec un joueur de basket pour mari, c'est pas la peine d'y penser. Après m'être mise en tenue de travail, j'ai donc vidé la salle de bains des petites merdouilles utiles au quotidien, installé l'échelle, et prié pour que le cumulus - le seul endroit où poser la bassine de st-marc pour éviter d'avoir à monter et descendre soixante-dix fois une échelle de deux mètres cinquante - supporte les trois litres d'eau supplémentaires que j'allais lui soumettre (en même temps, comme il en chauffe 150, je ne courais pas trop de risque...). Voilà les premiers clichés authentiques de cette installation :
(et de l'artiste, la mine réjouie, avant de commencer...)
Je m'attaque donc au plafond, floutch floutch, oh la oui, ça valait le coup. Disons que vu d'en bas, les cinquante ans de crasse accumulée ne choquaient pas vraiment, mais une fois qu'elle est décollée, on voit la différence...
A gauche, c'est lessivé (j'avoue avoir un peu augmenté le contraste, mais c'est pour que le résultat s'approche au plus près de ce que j'ai constaté à l'oeil nu). Au milieu, que les âmes sensibles se rassurent, ça n'est pas une fissure, juste le fil électrique du plafonnier, d'époque (autrement dit, une tresse de câbles et une gaine en tissu épais, le tout collé par une bonne couche de peinture...).
Pour mémoire, et par acquis de conscience, j'ai pris aussi le mur, avant et après :
Avant (partie de gauche), des petits bouts de tapisserie, une bonne couche de colle, et quelques moucherons fossilisés. Après (partie de droite), un mur tout lisse tout propre, qui se la raconte j'ai bouffé de l'Ariel et j'active la lumière. Au final, j'avais presque l'impression que c'était pas la peine de repeindre (là ça fait pas très net, mais c'est les traces de plâtre posé à l'arrache à l'ancien emplacement du chauffe-eau qui donnent cette impression de grisaille) :
En fait si, parce que la moitié des murs ne mérite pas de lessivage, mais un bon coup de truelle pour lisser les rebouchages de trous à l'arrache et les fissures d'humidité du siècle dernier... J'aurais pu être frustrée de ne pas pouvoir commencer à enduire demain, faute d'avoir acheté le produit, mais comme j'ai pas mal de ponçage à faire, ça devrait aller...
Pour finir le dernier coin, j'ai du démonter la tringle du rideau de douche. Mais ma flemme est légendaire, et met rudement à l'épreuve mon sens pratique. Heureusement, il parait que je suis débrouillarde. Du coup, plutôt que de démonter la tringle elle-même d'abord, puis de dévisser les supports, le tout en déplaçant l'échelle pour optimiser mes mouvements, j'ai fait appel à ma souplesse et me suis retrouvée un pied sur le barreau du milieu, l'autre sur le chambranle au-dessus de la porte, en dévissant un coup d'un côté un coup de l'autre, jusqu'à ce que le rideau et sa tringle s'effondrent dans le bac de douche. Etant seule, et dans une position plus que périlleuse, je n'ai pu hélas immortaliser ce grand écart à deux mètres du sol. D'un autre côté, ressembler à Jean-Claude Van Damme un lendemain de cuite n'est pas la meilleure façon de passer à la postérité.
J'ai eu un bol inoui que le seul pan de mur depuis lequel ma bassine aurait été inaccessible même au prix d'arabesques contorsionistes, soit également le seul à ne surtout pas lessiver, sous peine de créer inopinément une fenêtre entre la salle de bains et le salon. En effet, point de papier peint ou d'enduit sur ce mur, juste... du plâtre. Bon, j'exagère, je suppute qu'il y a une épaisseur de briques dessous, mais j'ai pas trop eu envie d'aller vérifier.
Lumi a tenu à jouer les inspecteurs des travaux finis, en prenant, à sa mesure, un peu de hauteur :)
Le tout m'a pris un temps étonnament court, à peine trois heures entre le moment où je suis allée chercher l'échelle, et celui où je suis sortie de la douche. A propos, si quelqu'un connait une technique pour prendre sa douche proprement sans le rideau, je suis preneur. Moi, j'ai transformé les lieux en piscine de poche, comme le prouve le reflet du plafonnier - contrairement aux murs, le sol est dégueulasse, à la base...
Bref, j'ai pas chômé, et si j'en crois le résultat dans la bassine, ça valait le coup...
Le prochain épisode devrait comporter de la poussière dans le nez, de l'huile de coude à l'hectolitre, du plâtre dans les cheveux, et avant tout, la délicate entreprise consistant à redescendre la bassine ci-dessus sans mourir au cours de l'opération (au choix, par glissade inopinée du haut de l'échelle, noyade sous une avalanche de pâtée noirâtre, asphyxie par retournement subreptice de la bassine, multiples fractures ouvertes consécutives à un atterrissage d'urgence dans le lavabo, etc).