du cambouis plein le nez
Y en a qui croient, les naïfs, que l'été c'est les vacances - la sieste dans le hamac sous le platane, la lecture de pavés sur la plage, le cerveau en mode veille et les barbec' au crépuscule. Petits veinards...
Pour moi, le boulot continue, évidemment. Dans mon immense mansuétude, je laisse à mes collègues mères de famille le bénéfice des congés estivaux, et je savoure la création permanente de nouvelles insultes adressées aux touristes paumés qui ont remplacé les marseillais sur la route. Et que ça sait pas où ça va - faut dire qu'à part le Camas, qu'on trouve indiqué à partir de Gardanne et Aubagne, la signalisation est plutôt aléatoire. Et que ça veut tourner à gauche au milieu du Prado, comme si la contre-allée était destinée aux promenades champêtres - faut dire que les panneaux marseillais vous indiquent où tourner à l'entrée du tournant, parce que bon, si on prévient les gens trop à l'avance que pour aller par là va falloir passer par ici, c'est moins fun, sans blague. Et que ça roule à deux à l'heure sur le bord de mer dans l'espoir de lâcher enfin la voiture pour aller vérifier si l'eau est bien à 28 degrés - parce que vous croyez sincèrement être les seuls à vouloir vous baigner en juillet à Marseille ???
Bref, un été fort semblable au précédent, sauf que maintenant j'ai découvert comment marche la clim dans ma voiture, donc je peux enfin avoir ma dose d'air en conserve qui pue le gaz d'aérosol et payer d'une bonne migraine le privilège d'avoir les pieds au frais - sans compter les tentatives récidivistes, heureusement avortées, d'installation d'un rhume permanent pour cause d'amplitude thermique délirante entre les deux côtés de mon pare-brise.
Tout ça pour dire que l'autre jour, je promenais gentiment ma mamie V, qui apprécie grandement ces balades, même véhiculées, après quatre ans de visites intempestives aux divers hôpitaux et maisons de convalescence de la région, suite aux attaques répétées de Parkinson le fourbe, et de plancher prompt à sauter au nez et à casser les os. Or donc, nous rentrions tranquillement d'un tour de la Corniche via Malmousque et le Prado, quand, à la sortie du rond-point de Bonneveine, ce que je redoutais depuis un moment m'est arrivé : une de mes roues a pris des vacances (ça doit être l'air du temps). Moi qui craignais de ne pas m'apercevoir si un de mes pneus crevait, j'ai tout de suite été rassurée : la voiture part indéniablement en boitillant là où l'air se désolidarise de sa chambre.
Après un arrêt d'urgence, je vide mon coffre (toujours plein de merdes à recycler et de cadeaux pour Emmaüs), je sors le manuel de la voiture, et je m'attaque aux écrous de la roue, après avoir fait sauter quelques morceaux supplémentaires de l'enjoliveur, qui décidemment me cherchait. Je refoule un jeune black qui me propose son aide intéressée - quoi, tu vois pas que ma technique de dévissage de l'écrou à grands coups de pieds rageurs est parfaitement rôdée et tout à fait efficace ?! Même que ma chaussure est baptisée au cambouis le lendemain de son achat, eh patate (oui, quand on veut frimer, faut éviter ce genre de bricolage, ça casse le mythe).
Un papy vient me prêter main-forte - il est dit qu'une fille ne doit pas être capable de changer une roue, sinon que reste-t-il de la virilité, merde. On réussit la manip et il repart plein de noir sur les mains, bien fait pour lui, la prochaine fois il s'occupera de ses fesses, non mais. Enfin, pas aussi sale que moi, qui regrette de plus en plus d'avoir voulu m'habiller joli juste le mauvais jour.
Le soir, après le boulot, je passe au garage faire remettre mon pneu et regonfler ma roue de secours - la voiture a tiré à droite de façon suspecte toute l'après-midi. Le gars enlève la roue de secours, la regonfle, répare le pneu, et au moment de le remonter, me dit, mort de rire "Vos plaquettes et vos disques sont complètement morts, ah ah ah". Aaaaaaaa, c'était donc ça, le bruit de ratatatata qu'elle faisait depuis quinze jours quand je freinais un peu brutalement... Y avait juste plus de freins, en fait. C'est bizarre, je croyais qu'elle avait été révisée y a deux mois. Ben j'ai bien fait de crever un pneu, alors, parce qu'un peu plus, et c'était moi qui risquais de crever tout court, un air furieusement stupéfait sur la gueule ("Ben, pourquoi qu'ça s'arrête pas quand j'appuie sur la pédale, euh...").
J'ai apprécié cette mésaventure à sa juste valeur quinze jours après, quand une tarée a balancé son vélo sous mes roues alors qu'elle m'aurait vu arriver lancée en pleine accélération, si son cerveau avait marché normalement. Et trois jours plus tard, quand un apprenti a pilé pour éviter le ballon d'un connard de zyva. Des fois, comme ça, on se dit que le destin vous aime bien...
Pour moi, le boulot continue, évidemment. Dans mon immense mansuétude, je laisse à mes collègues mères de famille le bénéfice des congés estivaux, et je savoure la création permanente de nouvelles insultes adressées aux touristes paumés qui ont remplacé les marseillais sur la route. Et que ça sait pas où ça va - faut dire qu'à part le Camas, qu'on trouve indiqué à partir de Gardanne et Aubagne, la signalisation est plutôt aléatoire. Et que ça veut tourner à gauche au milieu du Prado, comme si la contre-allée était destinée aux promenades champêtres - faut dire que les panneaux marseillais vous indiquent où tourner à l'entrée du tournant, parce que bon, si on prévient les gens trop à l'avance que pour aller par là va falloir passer par ici, c'est moins fun, sans blague. Et que ça roule à deux à l'heure sur le bord de mer dans l'espoir de lâcher enfin la voiture pour aller vérifier si l'eau est bien à 28 degrés - parce que vous croyez sincèrement être les seuls à vouloir vous baigner en juillet à Marseille ???
Bref, un été fort semblable au précédent, sauf que maintenant j'ai découvert comment marche la clim dans ma voiture, donc je peux enfin avoir ma dose d'air en conserve qui pue le gaz d'aérosol et payer d'une bonne migraine le privilège d'avoir les pieds au frais - sans compter les tentatives récidivistes, heureusement avortées, d'installation d'un rhume permanent pour cause d'amplitude thermique délirante entre les deux côtés de mon pare-brise.
Tout ça pour dire que l'autre jour, je promenais gentiment ma mamie V, qui apprécie grandement ces balades, même véhiculées, après quatre ans de visites intempestives aux divers hôpitaux et maisons de convalescence de la région, suite aux attaques répétées de Parkinson le fourbe, et de plancher prompt à sauter au nez et à casser les os. Or donc, nous rentrions tranquillement d'un tour de la Corniche via Malmousque et le Prado, quand, à la sortie du rond-point de Bonneveine, ce que je redoutais depuis un moment m'est arrivé : une de mes roues a pris des vacances (ça doit être l'air du temps). Moi qui craignais de ne pas m'apercevoir si un de mes pneus crevait, j'ai tout de suite été rassurée : la voiture part indéniablement en boitillant là où l'air se désolidarise de sa chambre.
Après un arrêt d'urgence, je vide mon coffre (toujours plein de merdes à recycler et de cadeaux pour Emmaüs), je sors le manuel de la voiture, et je m'attaque aux écrous de la roue, après avoir fait sauter quelques morceaux supplémentaires de l'enjoliveur, qui décidemment me cherchait. Je refoule un jeune black qui me propose son aide intéressée - quoi, tu vois pas que ma technique de dévissage de l'écrou à grands coups de pieds rageurs est parfaitement rôdée et tout à fait efficace ?! Même que ma chaussure est baptisée au cambouis le lendemain de son achat, eh patate (oui, quand on veut frimer, faut éviter ce genre de bricolage, ça casse le mythe).
Un papy vient me prêter main-forte - il est dit qu'une fille ne doit pas être capable de changer une roue, sinon que reste-t-il de la virilité, merde. On réussit la manip et il repart plein de noir sur les mains, bien fait pour lui, la prochaine fois il s'occupera de ses fesses, non mais. Enfin, pas aussi sale que moi, qui regrette de plus en plus d'avoir voulu m'habiller joli juste le mauvais jour.
Le soir, après le boulot, je passe au garage faire remettre mon pneu et regonfler ma roue de secours - la voiture a tiré à droite de façon suspecte toute l'après-midi. Le gars enlève la roue de secours, la regonfle, répare le pneu, et au moment de le remonter, me dit, mort de rire "Vos plaquettes et vos disques sont complètement morts, ah ah ah". Aaaaaaaa, c'était donc ça, le bruit de ratatatata qu'elle faisait depuis quinze jours quand je freinais un peu brutalement... Y avait juste plus de freins, en fait. C'est bizarre, je croyais qu'elle avait été révisée y a deux mois. Ben j'ai bien fait de crever un pneu, alors, parce qu'un peu plus, et c'était moi qui risquais de crever tout court, un air furieusement stupéfait sur la gueule ("Ben, pourquoi qu'ça s'arrête pas quand j'appuie sur la pédale, euh...").
J'ai apprécié cette mésaventure à sa juste valeur quinze jours après, quand une tarée a balancé son vélo sous mes roues alors qu'elle m'aurait vu arriver lancée en pleine accélération, si son cerveau avait marché normalement. Et trois jours plus tard, quand un apprenti a pilé pour éviter le ballon d'un connard de zyva. Des fois, comme ça, on se dit que le destin vous aime bien...
Publicité