some new happy few
Après deux ans de recul, je pense pouvoir pondre un petit topo qui vous donnera un aperçu de l'élite de mes nouvelles fréquentations [ndlr : les anciennes sont désormais au milieu de la rubrique Brèves], que je vous présente ici dans l'ordre chronologique de nos rencontres (même si en vrai on s'est toutes vues pour la première fois le jour de la pré-rentrée, mais ça compte pas vraiment).
- Anaïs, blondinette bretonne qui a fêté ses vingt ans deux jours (et quelques années) après moi ; travailleuse acharnée qui aime bien mettre plein de petits mots dans ses dossiers (du genre puis alors et donc ensuite car enfin de par là) ; amatrice d'expériences culinaires parfois hasardeuses (bien que le fondant chocolat-micro-ondes ait plutôt été une réussite) ; m'a branchée direct en bas de notre immeuble en m'identifiant comme une des trente-deux brunes croisées la veille à l'IFSI, ce qui a ouvert la voie à deux heureuses années de cohabitation entre le rez-de-chaussée droite et le deuxième étage ; m'a co-voiturée quand la combo pluie-vélo était non négociable ; a réussi à trouver son bonheur au troc de fringues malgré un refus catégorique de porter quoi que ce soit d'excentrique (mais se balade avec un sweat sur lequel un ours est affalé à plat ventre, légende : "Je le ferais demain") ; sort avec un charmant ingénieur en mécanique automobile dont elle vanne hardiment tous les potes ; boit rarement, mais sans faire mentir le cliché régional ; a symbolisé sa capacité à s'affirmer en stage et en cours en se faisant une frange ; bref, ressemble à une petite chose fragile, mais c'est très trompeur !
- Corinne, très vite dite Coco, a préféré avoir un petiot que sa première année, du coup a recommencé avec persévérance l'année d'après, pour mon plus grand plaisir puisque ça m'a permis de lui mettre le grapin dessus histoire de travailler deux-trois notions de "comment devenir une indécrottable optimiste qui suinte la confiance en soi" (elle est sur la bonne voie) ; ex-basketteuse et fan de Beyoncé (ça, ça me change grave !) ; travailleuse acharnée qui fait des fiches de fiches de listes de tableaux de fiches, emprunte des tuyaux de révision à droite à gauche, râle qu'elle est trop lente, pense qu'elle restera aide-soignante, et au final valide sa deuxième année et quitte son dernier stage sur un "Ca nous fera plaisir de t'avoir comme collègue quand tu auras ton diplôme" ; a arrêté de se préoccuper de son poids pour se rabattre sur les fringues, devenue la seule fille que je connais qui assortit sa gourde Tupperware à sa tenue (maximum respect) ; a appris à ouvrir sa gueule mais culpabilise de faire pleurer les connasses qui se mêlent de ce qui ne les regardent pas (l'ai rassurée en lui disant que c'est une habitude à prendre) ; a une peau super douce même quand elle prend des coups de soleil (chez une Black, c'est cliché mais ça surprend), dont j'ai bien profité quand elle m'a consolée de mon manque affectif à grands renforts de câlins ; bref, l'image qui me vient c'est un galet de rivière : la vie la chamboule, les autres lui roulent dessus, tout ça l'érode un peu, mais son noyau tenace et volontaire lui permettra, lentement mais sûrement, d'atteindre la mer :)
- Rose enfin, un genre de Heidi si cette dernière était une Belge d'un mètre quatre-vingt ; aime tresser des rubans dans les poils de ses chevaux, la bonne bouffe, la bit-lit et les mecs un peu mûrs ; aime moins l'hypocrisie, les langues de pute, les jupes en hiver et ; pose trois questions par semestre, qui déstabilisent l'intervenant à chaque fois ; conductrice hors pair de n'importe quoi avec quatre roues (vous saviez, vous, qu'en cas d'urgence on freine vachement plus fort en appuyant avec le pied gauche sur la pédale ?) ; a fait du droit, fait de la photo, fera infimière, malgré des préjugés tenaces et abscons de la part de l'équipe pédagogique (qui lui reproche entre autres de prendre les gens de haut, surtout quand elle met des talons...) ; m'a fait rencontrer sa mère (un sacré caractère), son frère (un sacré canon), sa soeur (une sacrée bosseuse), pas son père (il vit en Suisse), ni son autre frère (je sais plus pourquoi) ; me touche parce qu'elle me rappelle un peu moi plus jeune, quand je cachais mon manque de confiance sous des avis affirmés, mais me laissais régulièrement marcher sur la gueule ; bref, Rose est un peu l'anti-Anaïs : de loin on dirait un bazooka (et pas seulement parce que c'est une bombe), de près, c'est plutôt un chamallow...
Bon, il y aurait aussi encore Marion, discrète, naïve, courageuse ; l'autre Anaïs, princesse petit poney boxeuse ; Justine, toujours en retard mais souvent tellement drôle ; Laurent, toujours très décontracté sauf quand un joli cul passe pas loin ; Baptiste, petite boule d'énergie très très emberlificotée (mais il apprend à démêler ses idées : maintenant quand il pose une question, on la comprend) ; le binôme aristo-trash Kim&Tressy (quand l'une fait des concours de pets avec son mec, l'autre a décrété que son plaid avait un côté "pieds" à ne pas confondre avec le côté "tête") ; bref, toute une faune plus ou moins en construction, dont la fréquentation est rafraichissante au quotidien, mais heureusement qu'il y a les stages pour souffler un peu... et les trois ci-dessus pour souffler pendant les stages :)
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