récup, résine et rho comme c'est beau

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Ce billet est une spéciale dédicace à Juliette, qui m'avait parlé d'un bouquin intitulé Créations de meubles en bois de récupération, que je n'ai pas acheté mais qui m'est resté en tête :)
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L'inconvénient d'un grand appartement, c'est qu'il faut des vrais meubles pour aller dedans. Mes pauvres petites tables et les quelques placards intégrés étaient bien insuffisants pour la vaisselle, les livres et les vêtements dont le volume a été approximativement multiplié par trois par la magie de la vie commune. Il a donc fallu bâtir bibliothèques, dressings, vaisselier et autres fantaisies nécessaires. Et comme la Bricol'Girl est adepte du pas-un-rond et que son Rouquin l'Intrépide est tout aussi désargenté, ils ont misé sur l'option récup. Ont donc été mis à contribution à peu près toutes les planches qu'on avait en stock, notamment feues mes étagères à livres du couloir, feu mon dressing encastré, et deux énormes madriers qu'André avait trouvé sur un chantier marseillais, ainsi que le bois flotté laissé sur les quais suite à l'inondation printanière de la Loire, un lot d'étagères de chez Emmaus, des cannisses récupérées dans les abris de jardin de l'ancien appart et d'autres taillées dans les bambous du jardin actuel, et surtout, des palettes.
Ci-dessous, un aperçu de la petite bibliothèque d'appoint au-dessus de la cheminée du salon, avec son savant décalage, et la bibliothèque spéciale bédés du bureau d'André, renforcée au bois flotté.
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On a ensuite attaqué le gros morceau, à savoir la réalisation d'un fantasme que je trimballe depuis l'adolescence : une estrade pour le lit. La première mission palettes s'est soldée par un échec : on en a bien trouvé une, magnifique, mais elle n'a jamais voulu rentrer dans le Kangoo :( On a poursuivi nos investigations chez Intermarché (ah non, on ne donne plus de palettes), à la déchetterie (ah non, on n'en a pas), à Leclerc (oui, bien sûr, dépêchez-vous le gars termine à midi, tenez voilà trois palettes qui fleurent bon le jus d'orange), à l'angle de l'Entrepôt du Bricolage (où le gars responsable du déchargement des matériaux en met régulièrement à disposition), et on commençait à désespérer de rassembler le nombre nécessaire quand je suis tombée sur un filon à la déchetterie (que j'ai beaucoup fréquentée pour nous débarrasser de l'envahissement des cartons vides) : un gars qui en jetait cinq, toutes identiques. Fort aimable, il m'a aidée à les charger dans le coffre, et m'aurait manifestement bien aidée à les décharger plus tard...
 
Bref, nous voilà une aprèm dans le jardin, à étaler toutes nos palettes pour déterminer lesquelles vont avoir l'honneur d'être élues (ben, quatre du lot d'identiques, tant qu'à faire). L'idée, c'était d'avoir quatre palettes comme base, et de prendre sur les autres le bois nécessaire pour renforcer le centre façon sommier digne de ce nom, et pour recouvrir le tour du matelas, histoire de pouvoir poser des choses sur l'estrade. Et là, problème de taille : impossible de désassembler les palettes. Je ne sais pas si certains d'entre vous se sont déjà penché sur la question, mais ces machins sont tenus par des clous de compétition, et bien sûr notre petit outillage de bricoleurs du dimanche n'inclue pas de pied de biche. Après avoir fendu trois planches en tentant la combo maillet + burin, on a lâché l'affaire et empoigné la scie sauteuse, pour débiter des tronçons de planches - qui se sont avérés tout à fait satisfaisants pour l'usage qu'on en voulait. Ensuite nous avons pré-posé, repéré, retaillé, percé, vissé, poncé, assemblé, fixé, moquetté, aspiré et ciré, et le résultat est... parfait !
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Les différentes variétés de bois ressortent bien après le cirage, la partie sommier est tout à fait confortable, et à terme (= quand on aura récupéré deux trois palettes de plus), on fera un coffrage pour masquer la structure et empêcher les chats de se faufiler dessous (trop de vis qui dépassent, et accessoirement c'est un gigantesque nid à poussière).
 
En tout, sans compter le temps passé à chercher des palettes, on a mis une heure pour sélectionner les palettes support et les palettes à débiter, cinq heures pour couper les planches et les visser sur le contour, trois heures pour poncer, et deux heures pour l'assemblage final (solidarisation des palettes et pose de la moquette dessous pour protéger le plancher). Le tout pour le prix d'une boite de 500 vis et d'une nouvelle ponceuse pour André, soit moins de quinze euros :D. En petit bonus, Rose nous a filé un coup de main et a donc vécu avec émotion son premier maniement de perceuse, à peine un peu intriguée par le bruit que fait le tournevis en ripant dans le pas de vis quand on arrive en bout de fixation.
 
Enfin, on a monté une treille en canisses et ficelle pour pouvoir soutenir la monstera déliciosa, qui porte bien son nom. Elle s'épanouit aussi bien sous le soleil de Saumur que sous le ciel marseillais et nous sort une feuille par semaine. Par contre, elle a beau faire des kilomètres de racines, elle n'est pas fichue de tenir debout toute seule...
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