y en a un qu'aurait mieux fait d'aller à la plage

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Ma vénérable et nonobstant fort utile voiture de fonction ayant atteint l'âge de cinq ans et dépassé les 130 000 km, il a été décidé qu'elle irait finir sa vie sous des cieux plus cléments que ceux de ma boite. C'est avec un profond regret que je l'ai donc déposée lundi matin au garage, le fameux, celui dont l'employé en chef est si mignon mais le patron si branquignole, afin qu'elle s'y fasse lifter la carrosserie, débarrassée quelques jours avant de ses autocollants si pimpants. J'avais l'impression d'être un peu à poil, sans, d'ailleurs. En échange, le garagiste m'a prêté une sombre merdasse à propos de laquelle je tiens vigoureusement à me défouler, faute de pouvoir le faire sur l'engin lui-même. J'aurais du me méfier en apercevant sur l'emballage de la carte grise "Twingo rouge" alors qu'elle est blanche, et de fait, faute d'avoir réagi sur le coup, j'y passerais demain pour remédier à ce potentiellement très désagréable schisme (aucune idée du prix de la contravention pour falsification de carte grise, et dors très bien sans).
 
Il faut savoir, mes amis, que bien que les infos nous bassinent régulièrement avec l'augmentation du litre du sans plomb, ce carburant (95 et 98 confondus) ne représente qu'un tiers du nombre de voitures circulant dans notre beau pays. CQFD, à part la deuch, j'ai toujours conduit des diesel, et j'utilise très très fréquement le jeu des pédales, c-à-d l'équilibre entre débrayage et accélérateur. Or ce jeu de pédales n'est pas DU TOUT le même sur une voiture à essence, j'en ai fait l'expérience sur la Twingo de ma grand-mère, et le résultat est sans appel : si tu te loupes, tu cales. Avec la mienne, au feu rouge, je redémarrais en seconde, sans problème. Avec cette bouse d'emprunt, au feu rouge, en première, je cale. Trois fois. J'ose même pas imaginer ce que je me dirais si j'étais derrière moi. Ce léger inconvénient m'oblige donc, en attendant de trouver le bon timing, à appuyer comme une tarée sur l'accélérateur avant de débrayer, donc à faire hurler le moteur comme le cake de base, ce que je trouve particulièrement déplaisant pour mon image de marque. Mais le pire, le pire, c'est en marche arrière. Là, pas de négociations possibles, d'abord tu accélères, ensuite tu débrayes, et pas moyen de faire autrement. Ce qui implique de très très bien gérer l'accélération, sinon c'est boum. Compatissez, même si vous n'y connaissez rien : faire un créneau un peu serré est rigoureusement ingérable dans ces conditions. Et c'est un peu le seul genre de créneau qu'on pratique par ici quand on veut se garer, à part à trois heures de l'après-midi. D'où la raison de mon exaspération ce soir, puisqu'après avoir tourné un quart d'heure pour chercher une place, j'ai calé NEUF fois dans l'impasse en face de chez moi, pour, je suppose, le plus grand bonheur des habitants. En plus cette salope ne fait quasiment pas de bruit, donc aucun préavis avant l'arrêt complet du moteur. Et pourquoi tenter à tout prix le créneau, me direz-vous, puisque mon avenue est nantie de places tout du long ? Parce que cette connasse de bagnole a un bas de caisse qui porte tellement bien son nom qu'elle est infoutue de monter sur un trottoir...
 
Ajoutez à cette malformation le fait qu'elle culmine à 80 km/h quand l'autoroute n'est plus en pente, et vous comprendrez ma honte d'avoir eu à doubler un camion qui en doublait un autre, et de me retrouver debout sur la pédale, pied au plancher, sur la voie de gauche, à un royal 76 km/h - même en redescendant en quatrième, pas moyen de faire avancer ce tas de merde. Alors je m'interroge : la quatrième, sur une diesel, à 50 ça marche impec, mais sur une essence, on la passe à combien ? 120 ? Un veau irait plus vite, là je doute qu'une carotte devant le capot ait un quelconque effet motivatoire. 
 
Pour parachever cette erreur de la culture, les mêmes défauts que la Xsara, à savoir une ceinture conducteur fixée au milieu de la portière arrière, et un dossier de siège qui coince le bras quand on passe les vitesses du bas du levier (soit la moitié), et puis en prime, un tableau de bord qui donne l'heure, la jauge d'essence et la vitesse, et brosse-toi pour le kilométrage et le compte-tour (ce dernier pouvant s'avérer utile pour savoir quand passer la vitesse supérieure, ah ah). Bref, j'espère que mon employeur va très vite me refiler un véhicule normal, genre qui roule et qui se gare, la base, quoi. Parce que si d'aventure il lui arrivait une bricole, à cet engin conçu par un cerveau malade qui n'a probablement jamais pris autre chose qu'un taxi pour se déplacer, faudra pas m'en vouloir. Bordel.
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