une tartine, une vraie

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Bien, nous sommes aujourd'hui samedi soir (enfin, dimanche matin depuis une minute, pour être précis), et la semaine fut, comment dire, dense. J'allais partir de lundi mais je réalise que j'ai parlé de mardi et de l'anniversaire de Roland, ce qui nous mène direct à mercredi - donc en fait c'est même pas la semaine qui a été chargée, juste les trois derniers jours.
Ah non, y a eu mardi soir, eh eh, et le concert de Djam Deblues que j'ai évoqué, super super super, ma mère et son chéri ont adoré, moi aussi, très blues au début, très critique sur Marseille, et les parodies de Brel sont complètement ultimes (Quand on n'a que l'OM, Dans le port autonome, Ne me nique pas...). Et puis y avait Etienne, qui m'a bel et bien offert le bouquin de son frère Guillaume (les initiés apprécieront le comique de la chose), avec une dédicace svp, bouquin que j'ai torché en rentrant tellement que quand on le commence on a juste envie de savoir comment ça finit, c'est pas le Goncourt mais c'est percutant, rythmé, et pas si glauque que ça si on s'appelle pas Candy. Je parle à Etienne d'une séance de signatures à la librairie, mais Guillaume est parti en Afrique pour trois mois, c'est un peu un genre de famille de baroudeurs. Et Etienne n'est pas venu au Paradox en vélo pour cause de pas de bonnet, à part en poil de yack et ça gratte, donc je lui dis en rigolant que je lui en offre un en rattrapage de son aniv de septembre (vu que j'ai appris la date que très récemment). Bla bla bla on papote, tranquille, je rentre, je torpille le bouquin, dodo.
Mercredi, grasse mat, faut pas déconner, aprèm à Allauch, papote bouffe avec mon patient à qui je propose qu'on se fasse une fondue fromage-pain un de ces soirs en détournant le mini-bol à mini-fondue au chocolat que ma frangine m'avait offert (sa femme ne peut plus manger), histoire qu'il continue à profiter de la bouffe, qu'il a tendance à zapper pour ne pas blesser sa femme - sauf qu'elle elle continue à lui demander de faire des courses et le tanne pour savoir s'il a bien mangé. Bref. Je repars en fin de journée, il fait moins trois, pull + veste + écharpe + chauffage à fond, qui commence à être efficace au bout de trois kilomètres et me lâche lamentablement au bout de cinq. Argh. C'est pas tant le problème que je doive maintenant conduire la fenêtre ouverte pour limiter la condensation due à mon dégagement naturel de chaleur animale, et que du coup il fait juste un degré de plus dans l'habitacle (l'absence de vent, concrètement), et que je suis un peu trop crispée sur le volant et que je répugne à passer les vitesses parce que le levier est glacé et que fatalement ça nuit à mes performances en cas d'urgence, ni même que depuis il fait moins six quand je rentre de Mimet. Non, c'est surtout que je ne peux plus dégivrer les pare-brises, et ça risque d'être un peu tendu si je ne fais pas réparer ça vite fait (genre mardi).
J'arrive à la maison vers 21h30, un peu frigorifiée mais ça va encore, je me cale devant l'ordi en attendant que mes topinambours cuisent, et je suis en train de répondre à Coralie à propos de l'immondissime clip de l'UMP dont elle m'a envoyé le lien sur youtube, quand boum, plus de courant. A bas l'UMP. A priori ça vient pas de chez moi, vérification faite dans le couloir de l'immeuble + bruits de voisins inquiets, c'est bien une panne générale. Je mange mes topinambours à la bougie, so romantic, je bouquine un peu Harry Potter à la lampe frontale, so elegant, et je vais me pieuter en priant pour avoir un peu d'eau chaude le lendemain (commence à en avoir plein le cul de l'eau froide...).
Jeudi matin, après une nuit tellement énervée que même en rêve j'envoie chier tout le monde, toujours pas de courant. Ca me gonfle tellement sévère que je pars quand même faire mes courses bimensuelles, à neuf heures du matin et tant pis si le frigo ne marche plus, je me défoule verbalement sur les (très nombreux) automobilistes qui me tiennent compagnie, rapport au fait que c'est l'heure de pointe matinale. En faisant la queue à Ed, je tombe sur des bonnets tout sobres doublés en polaire, le prix est dérisoire et j'en prends un pour Etienne, juste pour le clin d'oeil, et petit texto smiley pour l'en informer.
Je reviens à la maison, toujours pas de courant, mais un message de dix minutes du sieur susnommé qui me sort que pour le bonnet oui mais bon, c'est gentil mais il l'a mis sur sa liste au père noël et il sait pas si je l'ai acheté exprès ou si je l'ai ressorti de mes affaires et s'il doit l'accepter ou pas rapport au fait que son aniv est passé depuis trois mois, et bref ça me gonfle, mais je lui réponds gentiment par texto que je l'ai trouvé au débotté et que s'il n'en veut pas c'est pas la fin du monde vu qu'il me va pas mal (bien qu'il soit vert bouteille et pas rouge). Et message de Sido qui me prévient qu'elle sera là vers 14h et est-ce que je peux lui dire si la place devant le garage à côté de l'appart sera libre pour son camion vu qu'elle descend pour le marché des créateurs du Cours Ju qui commence le lendemain - euh, la place est libre, oui, mais la rue est barrée, EDF bidouille, parce qu'entretemps y a trois pâtés de maisons qui sont déconnectés, et j'ai complètement zappé de poser mon week-end pour l'aider, et j'ai découvert inopinément qu'on m'a rajouté une mission pour vendredi matin. Oui parce que lundi midi, une de mes chefs m'appelle pour me demander si je peux faire la matinée du lundi suivant à Fuveau plutôt qu'à Mimet, oui mais j'y fais déjà l'aprèm et pourquoi la fille prévue le matin ne l'est plus, ben elle a moins de trois ans de permis alors ça va pas, je vous passe les détails, mais je demande quand même à ce qu'elle m'envoie par mail mon planning rectifié, et le soir même, les acquis de l'expérience aidant, je vérifie ce nouveau planning, constate pour la mission de vendredi et renvoie un mail dans la foulée à mes 3 responsables pour demander la feuille de mission correspondante. Inspirez.
Je pars faire un tour en ville en rentrant des courses parce que c'est insupportable de tourner en rond sans chauffage sans ordi sans téléphone sans lumière, le pharmacien m'apprend qu'il y en a au moins pour la journée, je crie. En rentrant de la balade, je passe au boulot pour savoir qui je dois sucer pour avoir cette putain de feuille de mission, ma chef tombe des nues et me l'imprime (elle a juste reçu mon mail mardi matin et ne s'est pas posé de questions sur cette mission dont elle n'était pas informée, génial, je sens qu'elle ira loin), dans la foulée je passe au pôle administratif pour récupérer les papiers pour le renouvellement de la vignette de stationnement gratuit de ma voiture, périmée depuis fin juillet, et j'apprends que le pv de 11 euros pour défaut de paiement du stationnement est tout pour ma gueule et que j'ai qu'à m'arranger avec la fille qui conduisait la voiture avant moi et qui aurait du s'occuper elle-même de la vignette, merci, j'ai encore perdu une heure d'une de mes précieuses journées de repos à passer au boulot et pour une conne, j'adore mon job.
Je reviens à la maison, toujours aussi énervée, on se demande pourquoi, Sido n'est pas encore là elle s'est fourvoyée du côté de Vitrolles et m'appelle au secours une fois aux Milles pour savoir comment rattraper la nationale à Septèmes, et quand elle arrive forcément c'est le drame, pas de courant = pas de machine à coudre pour finir ses petites pochettes, et pas de machine à laver pour le linge qu'elle a descendu vu qu'elle avait plus une thune pour le laver chez elle et plus rien de propre. Et comme son étoile noire est décidemment surpuissante, la petite Anouk qui s'était proposée pour lui filer un coup de main sur le stand a choppé la grippe A. Bien... On papote un peu histoire de lui remonter le moral, je prépare un velouté de champignons en prévision du diner, puis direction le Pathé Madeleine pour aller voir Avatar avec André, on s'en prend plein les yeux, et coup de bol on n'est pas obligées de se trimballer la cocotte avec la soupe pour aller diner chez lui (cinq étages sans ascenceur) parce que finalement, enfin, glorialleluia, le courant est revenu. Vive le nucléaire, bordel.
Nuit un peu courte, départ tôtif pour Sido qui part un peu stressée en se demandant comment elle va gérer d'aller garer le camion une fois déballé son matos (Tooka lui filera un coup de main, merci), départ tout aussi tôtif pour moi qui vais chercher une dame du côté du bd de Strasbourg pour l'amener bd de la Libération, je la pose, je remonte au Cours Ju, petit coup de main à Sido, petit coup de fil d'une responsable "Bonjour est-ce que vous pourriez aller à onze heures faire manger un monsieur paraplégique à Allauch à la place d'aller chercher la dame bd de la Libération ?". Euh, c'est-à-dire que tu voudrais qu'au lieu de partir là-bas faire mon aprèm pépouze à treize heures et d'en profiter entretemps pour aider ma cop's avec juste un petit trajet d'une demi-heure au milieu, je dois partir là maintenant à dix heures ? Dans tes rêves... Je repars chercher la dame bd de la Libération, je la ramène chez elle, je reviens re-filer un petit coup de main et un petit sandwich à Sido, il commence à neiger, coup de speed pour protéger les vêtements, ça se calme, je repars pour Allauch. Là, coup de bol inouï, la collègue du matin accepte de faire mon aprèm de dimanche, ce qui me laisse la journée complète avec Sido, et ça c'est bonnard. Au retour crochet par chez Harold pour récupérer un coffre appartenant à Sido (toujours aussi peu envie de discuter avec lui, je me contente de lui taxer des clopes histoire de lui montrer que moi aussi je sais le faire, regrettable erreur parce que du coup je pue en rentrant), j'arrive à la maison Sido s'endort achevée par sa journée dans le froid et le speed, j'installe le pilote de son imprimante couleur sur mon ordi, je lui imprime les affichettes de prix qui lui manquaient, je jette un oeil à mes mails, Etienne m'a mis un mot à propos du bonnet, décidemment ce garçon a l'art de se prendre la tête sur des trucs d'une insignifiance intersidérale. Je lui réponds très factuellement et sans trop d'humour que j'ai pas non plus traversé la ville pour lui faire un cadeau à tout prix, que j'attends rien en échange de ce putain de bonnet à quatre euros,  et que s'il ne comprend pas qu'on puisse avoir juste envie d'offrir des bricoles aux gens qu'on aime bien quand on tombe dessus en faisant ses courses, ben autant qu'il oublie, alors (en gros). Je me couche il est une heure moins le quart, je m'endors une bonne heure après (mais avec Lumi contre le ventre, un pur plaisir), réveil six heures, et on réattaque.
Aujourd'hui (courage, vous êtes presque à la fin), départ pour Fuveau, ô joie sur l'autoroute la voiture m'envoie mécaniquement l'air chaud du moteur, je décongèle doucement, ma patiente est dans le gaz, réveil, toilette, petit déj, aide-soignante, mise au standing (un appareil qui permet de maintenir debout une personne paralysée), à onze heures et quart je commence à lui donner son verre d'huile au thé glacé (le mélange est atrocement sucré mais ça facilite le transit intestinal), à onze heures vingt elle dégueule tout sur le standing et m'annonce que l'effort lui a fait remplir son pantalon, sa mère débarque, se la joue outrée que je ne l'ai pas encore mise sur la chaise-pot (les toilettes), ben disons que c'était prévu pour onze heures trente mais que j'ai pas eu le temps de le faire vu qu'elle m'a gerbé dessus et qu'elle s'est chié dans les bottes, donc concrètement ma priorité là c'est que vous dégagiez du passage pour que je puisse la nettoyer, la rhabiller, la rassurer, laver le sol de la salle de bain, nettoyer le standing, rincer les cinq serviettes de toilette qui m'ont servi à éponger le vomi, mettre un mot au collègue de l'aprèm pour qu'il lance une lessive en arrivant, et faire tout ça le plus rapidement possible pour éviter de partir avec une heure de retard (pari réussi, j'ai débordé que d'une demi-heure).
J'arrive à la Plaine pour tomber sur la fin du marché classique, vingt minutes pour faire cent mètres, j'insulte tout le monde, je me gare à la maison, je change de pantalon pour cause d'éclaboussures, je file au Cours Ju prendre des nouvelles de Sido, elle a réussi à arrimer ses portants de fringues (pas de neige aujourd'hui mais des rafale de mistral glacé à 85 km/h), je repars pour mon patient de la Valentine, j'ai droit à des étrennes mirobolantes et à une boite de Ferrero Rocher (les pubs sont mortellement kitsch mais j'adore ça), je reviens au Cours Ju juste à temps pour aider Sido à finir de démonter son stand (la nuit tombe, la température aussi, pas le vent), on revient à la maison, chocolat chaud en vitesse et je repars faire de l'essence (doigts 0, mistral 1) avant de foncer à Mimet coucher les deux frangins, hop hop hop, je m'endors même pas sur l'autoroute, touch down à la maison.
Voilà, ce billet m'a pris une heure et demi à rédiger, vous en mettrez j'espère un peu moins à le lire, ça m'a bien vidangée, et sur ce je vais me coucher, demain on est debout à sept heures pour le dernier jour du marché. Chui encore un peu vénèr de toutes ces péripéties et c'est pas fini, alors le hammam c'est plutôt pour l'année prochaine, mais putain je vais l'apprécier, je crois...
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Publié dans petites histoires

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F
<br /> et ben pour une belle tartine c'est une belle tartine!<br /> j ai du la relire pour tout assimiler, mais ce qui m'inquiete le plus c 'st tes histoires de neige, vent glacés, temperatures polaires...<br /> si non dis juste a ce etienne que c'est une grosse boulette de se masturbe le cerveau a ce point pour un cadeau, il dit merci il fait un bisou a la dame et on en parle plus!<br /> <br /> bise de fanny, en sandalle et petite robe skfk sous le soleil de Bs As et qui va morflé séverre a l'arret au prt dans deux jours!!<br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> hebin dis donc, je me demande comment tu as reussi a tenir!! je suppose que tu avais du café?<br /> <br /> <br /> <br />
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