trop de chantier tue le chantier
Hum, comment dire que là, je commence à accumuler les travaux-en-cours-pas-finis-mais-qui-vont-bientôt-l'être-mais-faut-la-motive-et-des-fois-c'est-pas-simple...
Bon, pour être honnête, il a fait bien trop chaud ces dernières semaines pour manier la scie sauteuse au milieu du salon, même en culotte, et en plus, pour retailler le bureau, faut enlever tout ce qu'il y a dessus, préparer de la colle à papier peint au pifomètre, prendre des mesures avec compas et rapporteur (ce que j'ai fait pour la dernière fois en 1988, genre), décoller le nez du chat de la bassine, avoir un cutter qui coupe, bref, c'est du lourd. Et puis comme j'ai décidé de fabriquer des caissons pour remplacer les trétaux, qui sont trop hauts et trop larges, et que je pourrais profiter de la colle pour les affiches bibliothèque de Cilou et Jam, je me dis que ça peut attendre, des fois qu'un jour j'ai le temps.
Après, y a la question des chaises. Parce que c'est bien sympa d'avoir un grand salon pour recevoir du monde à diner, mais jouer au pousse-pousse avec les meubles et manger dans des fauteuils trop larges pour qu'on tienne à quatre autour de la table, c'est pas glop. J'ai partiellement résolu le problème en mettant la table entre les deux fenêtres plutôt que devant la cheminée, et en achetant deux chaises à Emmaüs, en bois et paille. Et là, le bât blesse, puisque, après avoir décapé - un savant empilement de vernis imitation bois sur peinture beige sur peinture mauve pour une des chaises, un horrible vert anis pour l'autre - poncé, traité au xylophène et repeint (en rouge, évidemment, pour qu'elles soient assorties aux deux autres), il s'avère que je ne peux me résoudre à mettre au milieu de mon salon une chaise dont l'assise est rose barbie, même avec un coussin dessus. Car oui, celle qui était verte devait appartenir soit à une gamine de quatre ans, auquel cas ce virulent contraste de couleurs pétantes est partiellement excusable, soit à un amateur d'art particulièrement pervers. Dans tous les cas, faut que je la fasse rempailler, et puis aussi celle sur laquelle deux générations de chats ont fait leurs griffes, tant qu'à faire, donc ça traine, les rempailleurs courent pas les rues et quand j'en croise un j'ai rarement mes chaises sous le bras. Peut-être, pour faire plus simple, que je vais rapporter cet échec là d'où il vient, et en prendre une autre, avec une assise bêtement nature...
Ensuite, y a des fois où la simplicité et la facilité semblent tellement surfaites, qu'on s'attaque à un truc qui s'avère trompeusement monumental - au pif, une porte de placard de cuisine. A la base, je voulais juste lessiver l'intérieur de la porte, et le repeindre en jaune salle de bains (autant rentabiliser les deux litres et demi, remember ?). Mais comme à des endroits la peinture était vraiment très écaillée, je me suis laissée aller à jouer de la raclette toute une après-midi, expédiant copieusement des bouts de peinture dans la vaisselle, la bouffe du chat, mes yeux, j'en passe et des meilleures. Au bout d'un moment, je me suis décidée à dégonder la porte et à finir le boulot au décapant sur le balcon. Las, mon fidèle fond de Décapex a rendu l'âme à mi-parcours, et l'équivalent de chez Bricorama est moins efficace qu'un gel douche. J'ai donc fini de décaper les montants à la paille de fer et à l'huile de coude, et là je me tâte pour les panneaux internes : la ponceuse à bande de papa, qui si je ne prends pas assez de précautions risque de catapulter la porte en bas de la courette des voisins, voire dans l'école primaire à cinquante mètres, ou ma petite ponceuse à moi, avec du papier à bon gros grain qui ne s'en laisse pas conter, mais qu'il faudra quand même débarrasser de ses agglomérats de vieille peinture toutes les dix minutes ? La question se pose encore, vu que j'ai passé mon lundi, tout compte fait, à repeindre l'entrée. Ayant fait deux Weldom et le Bricorama en bas de chez moi, j'ai fini par me décider pour un "vert jungle" un tantinet trop foncé par rapport à ce que j'avais en tête, à savoir le "vert lutèce" dudit Bricorama, qui ne le fait manifestement plus, salaud, et toutes les autres teintes sont immondes, à croire qu'une coalition de décorateurs d'intérieur a décrété que le vert c'est surfait, et que les ignares qui insistent n'auront qu'à assumer leur choix jusqu'au bout et boire jusqu'à la lie une couleur rebuffante. La faute à cette connasse de Damidot, je suis sûre...
Bref, j'ai vigoureusement attaqué tous les chambranles de portes et les plinthes, en jonglant avec des rogatons de scotch à peinture - vous savez, ce truc qu'on colle pour pas peindre les murs, mais qu'en fait on les peint quand même parce que des fois ça traverse, et en plus, putain, c'est pire que le pire du scotch normal qu'on puisse trouver, quand vous avez le malheur de le décoller pour le mettre deux mètres plus loin et qu'il s'entortille, c'est fou-tu pour le rattraper, une vraie plaie. Enfin bon, j'ai réussi, ça fait très... vert, mais avec quelques tableaux assortis ça devrait passer. J'ai bien tenter de lessiver le plafond en même temps que les tuyaux, mais on se heurte là aux limites les plus extrêmes de la physique : non, un corps d'un mètre soixante, même monté sur une échelle, ne mesure pas un mètre quatre-vingt, et l'hyperlaxité est compatible avec un déboitage d'épaule, mais pas avec un travail de précision de grande envergure. Tant pis, j'ai quand même réussi à dépoussiérer le lampion :)
Bref, une fois que j'en aurais terminé avec la porte du placard, et subséquemment nettoyé le balcon, je pourrais envisager de vous inviter tous très sérieusement à venir pendre la crémaillère, wouhou ! Et promis, les absents auront droit à quelques photos :)
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