to the happy few, de moins en moins few, de plus en plus happy
Car voici qu'a enfin rejoint la troupe un petit nouveau qui, s'il pêche par manque d'originalité nominative, a déjà fourni deux brèves à ce modeste blog, et y mérite donc une (petite) ode introductive. Question manque de créativité, il présente en effet la particularité de porter à la fois le même prénom qu'un de mes ex, et le même nom de famille qu'un de ceux de Fanny, mais ceci permet de supposer que le grand ordre cosmique qui transcende nos existences avait de longue date prévu qu'elles se croiseraient. Raphaël, dit "un des" en brève, faute de mieux à l'heure actuelle, a le rire spontané et tonitruant, s'obstine à porter des pantalons trop larges pour lui, et se trouve nanti d'une famille digne, d'après les échos, d'un film d'art et d'essai suédois. Bien que noir de poil, il en compte peu, mais on l'appelle Sensei pour le consoler, le samouraï dégarni étant un genre de parangon du chic intemporel.
Raphaël est par ailleurs le héros moderne d'une tragédie professionnelle, au sein de laquelle, en vaillant soldat, il lutte bravement contre les attaques quotidiennes et sournoises du monstre femelle à qui il loue son bureau d'avocat (toujours intégrer un avocat dans son réseau, on sait jamais). La monstresse, que nous appellerons B. pour plus de commodité, s'avère, sous prétexte qu'elle est sa propriétaire et occupe les lieux tout autant que lui, d'une pinailleuse mesquinerie, qui pousse le sens du détail jusqu'à lui facturer mensuellement les feuilles de pq, la constance dans l'acharnement jusqu'à systématiquement fermer la fenêtre de son bureau (à lui, pour lequel il paye, et dans lequel il a conséquemment le droit de péter autant qu'il lui chante), et la mauvaise foi jusqu'à le rendre responsable des odeurs nauséabondes que laissent dans les chiottes sus-évoqués les clients qu'elle-même invite à manger l'aïoli sous couvert de repas d'affaire. Ah, autant pour moi, il me revient que c'est le parfum du papier d'Arménie à la rose qu'elle désapprouve dans le bureau de Raphaël - voilà qui relève un peu le niveau pipi-caca des enfantillages de la "dame", mais c'est pas pour autant qu'on arrêtera, par solidarité, de la surnommer Morue.
Pour terminer sur une note plus légère, précisons que Raphaël, s'il travaille en chemise de chez Jules (non, tous les avocats ne sont pas riches, même s'ils rêvent tous de s'habiller chez Hugo Boss), porte avec une charmante désinvolture les tee-shirts jaune canard ou homer simpson d'André, et ne sort jamais sans son petit sac en papier kraft - ce qui révèle un sens totalement inexistant de l'importance de l'accessoire. Mais ce pour quoi je le kiffe vraiment, c'est qu'il me tient tête au Cardhu, et guette mes rots à la fin du repas :)
Publicité