si au moins ça tournait dans le bon sens
Vendredi dernier, en partant de chez Marco (mon patient italien), je constate la présence d'un énorme mollard, glavioteux à souhait, en plein sur le pare-brise. Faut dire que depuis qu'il n'est plus à La Ciotat, il bénéficie d'un appart gigantesque, très bien isolé, et vachement plus confortable pour lui, sa mère, et nous autres intervenantes extérieures. L'immeuble est neuf, système digicode avec voix synthétique qui annonce que "Vous pouvez entrer" (ben oui connasse, sinon il me sert à quoi le code), porte en verre qui a tenu le délai record de deux mois avant d'être explosée, merde de chien dans l'escalier à éclairage par cellules photo-électriques, ascenseur assez grand pour y installer un petit salon, avec boutons en braille, en panne au bout de quinze jours, terrains vagues et friches industrielles, décharges sauvages, murs effondrés, caravanes pourries et Roumains à poussette. Bref, un jour peut-être tout ce coin de La Capelette sera réhabilité, en attendant, c'est la zone. Je nettoie donc le pare-brise, avec une pointe de jalousie (suis bien incapable de cracher un truc pareil, moi), et beaucoup les glandes - c'est pas que la voiture était propre, je l'ai récupérée pleine de poussière, mais quand même, on se sent un peu injustement agressé.
Lundi, je laisse la voiture au garage - ah oui, j'vous ai pas raconté cette blague. Jeudi matin, suite à moult changements de planning, a priori, je bossais pas. J'avais demandé confirmation à mes responsables, pas de réponse, je me lève un peu tôt histoire de profiter de ma journée, et à neuf heures, coup de fil, bonjour, la maman de Marco se demande où vous êtes. Ben présentement, je sors des chiottes. Bon, dites-lui que j'y suis à neuf heures et demi. Pensais-je, ignorant tout de la grève des taxis... Ces connards ont bloqué tout le carrefour par lequel je suis obligée de passer pour aller chez Marco, du coup au bout d'un moment j'ai chopé une place (les boules, c'était fait depuis une demi-heure), et j'ai fini le trajet à pied, arrivée, dix heures. Bref, je sors à midi et demi, rejoins Sido pour le déjeuner, et à quatorze heures j'appelle le garage :
- Bonjour, je dois venir pour la révision de la Modus, mais avec le bordel des autres enfoirés, j'aurais sans doute du retard.
- Ah, mais, euh, la révision ? Mais c'est pas sur mon planning, ça...
- Tiens, vous non plus ?... Bon, mettons lundi, ça nous arrange tous les deux, si je comprends bien.
Bref, lundi, donc, je récupère la voiture avec des essuie-glaces et un rétroviseur tout neufs, le freinage révisé en cadeau, ça fait plaisir, et le pneu ? L'autopsie a révélé un clou, on l'a réparé, pas changé. Bon, si vous le dites.
Mardi, je retourne chez Marco, et en sortant quatre heures après, tiens, bizarre, la portière était mal fermée ? Ah ben oui, c'est quelqu'un d'autre qui s'en est chargé, après avoir pété la petite vitre côté conducteur, celle devant le rétro. Mais il est con, il n'a rien volé ? Ni le poste, ni les cds en vrac sur le siège passager, ni le panier de légumes pour Sido, ni le badge pour le tunnel du Prado-Carénage. Juste, en fait, ce salopard de fils de baudroie a embarqué ma doudoune SkunkFunk, la longue, chaude et épaisse, celle que je sors une fois par an, par exemple le matin même parce que trois degrés c'est un peu frais.
Mercredi, après avoir fait contre mauvaise fortune bon coeur parce que la vitre en moins c'est pratique pour la clope au volant, et après, aussi, vingt minutes d'échange téléphonique mardi aprèm avec Carglass pour convenir qu'un technicien viendrait me réparer la vitre pendant que je serais (encore) chez Marco le mercredi matin, je récupère donc une voiture avec une isolation décente. Au passage, à cent euros la vitre de vingt centimètres carrés, j'ai apprécié que ma boite soit assurée contre le bris de glace, et aussi qu'on m'ait pas pété le pare-brise. Bref, je poursuis ma journée, et pars chez ma patiente d'après, qui habite de l'autre côté du carrefour - dégagé des taxis, y en a pour trois minutes. En bas de chez elle, je me tourne pour jeter ma clope et un coup d'oeil machinal à ma bagnole, et là, ô surprise, le pneu réparé deux jours avant, je vous le donne en mille, est à plat...
Si au moins d'avoir moins de chance que d'habitude pouvait profiter à Sido, vu qu'il faut bien que certains en aient, sinon ça sert à rien, mais même pas :(
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