Rock'N'Roll 2010
Le concert de Massive Attack à Montpellier mardi soir ayant été annulé, Alex, Coralie, Cécile et moi avons opté pour celui du surlendemain, à Barcelone, excusez du peu. Ca parraissait un peu fou avant de commencer le trip. Alex n'en a pas dormi de la nuit, Coralie a balisé de ne pas pouvoir acheter de place, Cécile et moi nous sommes traquées pour trouver la gare la plus pratique à choper en sortant de l'autoroute pour qu'elles nous rejoignent depuis Toulouse, mais finalement, ça s'est fait tout en douceur, et avec un timing digne d'un diner d'ambassade dans un comité olympique.
Départ treize heures, je laisse la voiture chez mon patient d'Ensuès, on prend la route dans la, oh trop bien, Xsara d'Alex - ici petite aparté pour préciser que c'est le seul modèle de voiture que je connais à part la Clio (et la deuch, mais c'est pas pareil), et que si je la remercie de son indéfectible fidélité tout au long de ces kilomètres, je maudis à jamais les gars qui ont pondu le design des vitres, vu qu'à part à travers le pare-brise, on ne voit rien. Dans les rétros, on voit les portières, enfin, le gros cul surélevé de la voiture ; dans les angles morts, on voit les montants des portières, et une bonne moitié des portières elles-mêmes (la poignée pour la fenêtre, l'accoudoir, tout ça tout ça) ; et en guise de pare-brise arrière, un fenestron tellement ridicule qu'on peut tout juste espérer apercevoir le haut d'un camion en sus de la magnifique et également surélevée lunette arrière. Bref, merci titine, mais pour la sécurité on repassera (avec un fer thermostat lin et plein de vapeur bien vinaigrée, pour apprendre un peu le métier à ces designeurs de merde).
Départ donc, arrêt vers Martigues pour remplir le réservoir, je prends le volant, et roulez petit bolide, jusqu'à Narbonne. Là, par un coup de bol inouï, le train que Cécile et Coralie devaient prendre à onze heures a été annulé, donc au lieu de déambuler deux heures pour rien en attendant qu'on arrive, elles se pointent dix minutes après, juste le temps de prendre un café. Je re-roule jusqu'à la frontière, exaltation suprême, le paysage est splendide, un moutonnement d'arbres de sommets en sommets, je passe le volant à Alex, et vamos pour les deux cents derniers kilomètres. Ensuite, ça se corse.
Comme même si on est adultes, trop de prévoyance tue la spontanéité, ni Alex ni moi n'avons imprimé le plan de route et l'adresse de la salle. C'est vaguement à Badalona, au nord-est de Barcelonne, mais pour le reste... Heureusement, Cécile nous sauve la mise, elle a le plan presque détaillé du supposé Pabelleon Olimpiquo. Entre ça et la capture d'écran de l'Iphone d'Alex (merci ami geek), qu'il a fait d'une autre adresse un peu plus au nord, on se lance. Ici, il faut savoir que Barcelone fait environ quatorze fois l'étendue de Marseille, donc leurs routes, autoroutes, échangeurs, sorties et consorts sont plutôt à l'échelle américaine. Et il y a tellement d'infos sur les panneaux routiers, qu'il faut limite s'arrêter pour les lire (à 120 sur une autoroute, on prend le parti de risquer de se perdre). Un superbe rattrapage via les zébras et quelques sueurs froides plus tard, on tombe en plein rassemblement familial, des flics partout [ben, y a une hache et un marteau, c'est un gniste !! s'exclame Coralie devant un camion de la Guardia Civile], ça n'avance pas, il est dix-neuf heures, Cécile commence à stresser. On s'arrête devant le Palau San Jordi (??), l'adresse de Cécile. Aucune trace de concert, ça ressemble fortement à un match de foot. Coralie se dévoue pour m'accompagner tenter d'extorquer des infos au gars du portail, vu que c'est la seule qui parle un brin d'espagnol. Conversation en sabir d'où il ressort que nous sommes bien au Palau San Jordi, à Barcelona et que le concert est au Pabellon Olimpiquo, à Badalona, "vingt minutes vers le nord". Poin poin poin poin...
On repart donc, on caresse un moment l'idée de se garer et d'y aller plutôt en taxi, mais outre les frais, on n'est pas sûrs du tout d'être capables de retrouver la voiture. A... droite toute, allez, c'est parti. Petit arrêt feu rouge, apostrophe d'un chauffeur de taxi, "scusi, euh, Coralie, help...", ronds-points presque swindoniens, sortie ratée, sortie réussie, pas au bon endroit ?? consultation frénétique de l'Iphone, et finalement, un jeune à un arrêt de bus nous met sur la bonne voie, bravo, ami inconnu mais cultivé et efficace.
Finalement, on trouve une place juste à côté de ce qui s'appelle en vrai le Palau d'Esport, un truc dans le genre. Retrait des invites, bracelet sésame magique, queue pour les chiottes, queue pour les jetons, queue pour le bar, et installation à l'endroit habituel de Cécile, "devant, contre les barrières, à gauche, parce que c'est de ce côté que 3D se met le plus souvent", fayotte :) Le concert est très chouette, et juste avant, on s'immortalise pour la postérité...
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Après, c'est champagne dans les loges, bla bla bla, Coralie est stressée, je lui dis de faire comme si non, pioche dans le frigo, tape dans le buffet, souris aux gens, branche-les (on est au moins trente touristes). Martina Topley-Bird a une chouette robe de sirène, et est-ce que tu as chanté avec ces élégantes (*hahem*) pantoufles d'hôtel, nan mais c'est juste que trois semaines sans mettre de talons, elle a perdu l'habitude. Petite satisfaction, elle se souvient de m'avoir rencontrée au Dôme l'année dernière - les cheveux, les amis, les cheveux sont le secret (plus que le double menton comme sur la photo). Après, Johnny tente de me faire avaler une mixture à base de gin anglais d'un bleu qui réussit l'exploit d'être à la fois pâle et électrique, mélangé à du tonic - c'est dégueu, mais le lavabo n'a pas l'air de s'en plaindre.
Encore après, on récupère la voiture et Alex trace jusqu'à Narbonne, où on dépose les filles deux heures avant leur train, juste le temps de piquer un bon roupillon. Café, croissant, et je m'offre le retour dans le jour levant, pendant qu'Alex sommeille ardemment sur la banquette arrière, Candy Staton en fond sonore.
Le mot de la fin, c'est Coralie : "Entre l'habileté de conducteur d'Alex, le plan de Cécile, l'instinct de Garance, et mon espagnol dont ma grand-mère serait fière, on s'est bien démerdés !!"
