raindrops keep falling...

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Ainsi que tout observateur un tantinet éveillé aura pu le constater, il pleut sans discontinuer depuis maintenant plus d'une semaine, ce qui permet de tirer les conclusions suivantes, entre un coup de gueule contre ce temps pourri et un coup de blues à cause de ce ciel gris (ne riez pas, j'en connais que ça déprime).
 
I - Les filles (et le garçon que je connais) dont la penderie est bien garnie peuvent se féliciter de leur fièvre acheteuse prévoyance, attendu que faire des lessives en ce moment est une douce plaisanterie. J'ai tenté aujourd'hui, MétéoFrance (.fr) ayant prétendu qu'il ne pleuvrait pas, et j'ai du tout rentrer en hâte, et caler à l'arrache mon lave-sèche-linge, dont le tambour manifestait humblement son désaccord avec la conception de l'horizontalité que présente le sol de ma cuisine. Comme l'engin était en marche et que j'étais un peu à la bourre, j'ai renoncé à mettre une cale à l'arrière, me contentant d'en mettre une à l'avant, et de poser ma trousse à outils principale sur la machine, histoire de faire contrepoids (oui paske la cale était trop haute, en fait, mais j'avais pas non plus le temps de la poncer à la bonne mesure).
 
II - La conduite par temps humide, c'est bien parce que ça change, mais en fait non. D'abord y a de la buée partout, donc on met le chauffage, donc on crève de chaud, donc on ouvre la fenêtre, donc on est mouillé, donc c'est merdique. Ensuite, on flippe un peu quand on croise l'inévitable accident à l'entrée du viaduc de l'Estaque, et que le gars ne s'est pas satisfait d'un tête-à-queue, comme souvent, mais a vigoureusement posé sa grosse voiture sur le pare-brise avant. Y avait plus le corps quand je suis passée, mais après une tonne et demi de ferraille sur les cervicales, je pense qu'il est parti dans une housse. Pour sa part, Bricol "Arcade" Girl était très contente d'avoir fait changer les pneus avant de partir dans l'Aveyron samedi dernier, et s'en est sagement tenue à un sobre quatre-vingt à l'heure pour ramener ses trois passagers mardi, sous l'orage de Montpellier à l'entrée de Marseille (très jolis éclairs, ceci dit). Mais elle a quand même risqué l'aquaplanning en rentrant de Mimet samedi soir, parce que la flaque en bord d'autoroute était vraiment trop tentante...
 
III -  Les fenêtres en bois, ça donne du cachet à l'appart de Bricol Girl et elle en est assez fière, d'autant que le double vitrage sur cadre en PVC serait non seulement moche, mais aussi un peu surfait côté cour, où les seuls bruits qu'on entend quand les voisins ne hurlent pas pour cause de match ou d'engueulade amoureuse sont le piaillement des étournaux, le flap-flap des chauve-souris et l'hystérie de la cour de récré, mais ça ne dure pas. Les fenêtres en bois, donc, vous ont un petit côté roots, manuel, décati ; ça sent le vécu, le passage des saisons et les glissements de terrain. En bref, ça ferme mal, ce qui permet d'aérer la maison à peu de frais, et accessoirement, en l'occurence, de bénéficier d'un lessivage cadeau de la tapisserie et d'un lavage gratuit de la moquette. Or, si Bricol Girl s'en contrecarre de l'état de la tapisserie depuis que le chat a fait ses griffes dessus, elle préfère réserver l'arrosage à l'eau de pluie à ses plantes carnivores qui vivent dehors plutôt qu'à son ficus qui dort dedans, et elle apprécie très moyennement que le sol soit trempé de chaque côté de la porte-fenêtre de la chambre. Adonc, aujourd'hui était le jour de la mission "Rabotage des fenêtres afin de restaurer leur étanchéité". Au menu, quatre fenêtres à traiter, celle de la salle de bains faisant correctement son boulot sans rien demander à personne. Munie de son petit rabot et de son grand escabeau, Bricol Girl attaque la fenêtre du salon côté ordi, celle qui se croit permis de pallier mon oubli chronique de comment marche un arrosoir. André m'ayant filé la technique de "Tu mets de la craie sur la tranche de la fenêtre, tu fermes, et là où y a plus la craie c'est que ça coince contre le chambranle", je racle une demi-craie de couturière sur le haut de la fenêtre, ferme docilement autant que possible, rouvre, et constate que la craie est restée en place partout : c'est en bas, que ça accroche... Rabote, rabote, rabote, referme, et constate que le bois étant voilé verticalement, ça sert à rien, ça fermera pas. Bricol Girl ne se décourage pas, passe un bon coup d'aspi pour virer les copeaux, et attaque la deuxième fenêtre. Cette fois-ci, c'est bien en haut que ça accroche, et ça accroche tellement que Bricol Girl échange le rabot, un peu trop fastidieux, contre la ponceuse, un peu plus efficace. Ouvre la fenêtre, ponce, referme, vérifie, ouvre, ponce, referme, vérifie, ouvre, ponce, referme, vérif-boum. Les voisins du dessous se sont plaints du bruit hier midi, mais là j'ai pas fait exprès, c'est pas de ma faute si l'escabeau a pris des vacances alors que j'étais encore dessus, et c'est sûr que 5** kgs qui tombent d'un mètre cinquante, ça fait aouch. Mais comme Bricol Girl est une fille chanceuse, pas de jambe cassée, pas de coccyx fêlé, même pas un bleu au cul, elle s'est juste râpé le jambier antérieur (oui, je viens de chercher sur google, parce que c'est pas le tibia, mais ça fait un peu mal quand même), et l'escabeau est gracieusement tombé juste devant le meuble avec la lampe et la réserve de bibine - j'l'aurais eu mauvaise de devoir laper le rhum au combava sur le sisal. Après ça, Bricol Girl a décidé qu'il était grand temps d'aller plutôt bricoler chez sa mère, d'où le
 
IV - Quand il pleuviote et qu'on a trois valises d'outils à trimballer, mieux vaut le faire à pied. Car si ma mère habite toujours à vingt minutes de bagnole de chez moi, avant il fallait une bonne heure et demi à pied, maintenant il faut à peine cinq minutes. Cherchez pas le bug, c'est juste que dans le quartier, toutes les rues qui partent de chez moi et vont chez elle sont en sens interdit, et la moitié se termine en impasses, non signalées bien sûr, parce qu'à Marseille on est des rebelles du nom de rue, et qu'une "impasse Sauveur Tobelem" dans le prolongement de la rue Sauveur Tobelem, ça contrarierait la digestion du pastis. Donc j'arrive chez ma mère, chargée de faire des trous dans les murs pour poser une tringle à ustensiles à la cuisine, un bras support pour la télé, et une tringle à rideaux. Aïe aïe aïe... Mon père avait prévenu que les murs seraient probablement en plâtre, donc que fixer le bras pour la télé ne devrait pas être trop compliqué. Il n'a pas pensé, le malheureux, que sans un sonar la tâche serait tout simplement impossible. Les repères au crayon étaient bien alignés, le top moumoutte niveau à bulle à laser et à aimant de Bricol Girl le confirma, hélas ils étaient pile au niveau des tiges de fer à béton qui servent d'armature au plâtre. Après avoir creusé deux cratères au foret de dix (l'équivalent en largeur du petit doigt d'une fille normalement constituée), Bricol Girl décida d'arrêter les frais, et de revenir un jour prochain munie d'une solide dose d'enduit pour réparer l'outrage fait au mur remis à neuf il y a deux mois. Elle s'attela ensuite à la tringle de la cuisine, pour laquelle manquait une vis, mais rien d'insurmontable, une demi-heure de fouille dans la collection de la mother suffit à dénicher un équivalent acceptable, et là, oui, le mur était en bel et bon plâtre, perçable à l'allumette. La tringle à rideaux, enfin, fut prétexte à une violente diatribe contre ces abrutis de fabriquants de tringles, qui fournissent gentiment les vis et les chevilles, certes, mais poussent le sens de la décoration jusqu'à peindre le filetage des petites vis sur les embouts et les supports de tringle, ce qui ne facilite guère l'ajustement de ces bitoniaux pour assurer le maintien de ladite tringle. En plus le rideau est trop court, ça fait tout chelou, et contrairement à ce qu'affirmait le super-niveau à bulles, elle est pas droite - mais ma mère vient de m'affirmer qu'en tant qu'astigmate, elle s'en fout, elle le voit pas vraiment :)
 
Pour conclure, je dirais que quand il fait trop chaud, le bricolage, il vaut mieux oublier au profit d'une bonne sieste, et que quand il pleut, le bricolage, il vaut mieux oublier au profit d'un courrier à l'assurance pour signaler un dégât des eaux sur tapisserie, avec copie à l'agence pour signaler au proprio qu'il faut faire refaire les fenêtres...
 
PS pour Cilou : j'ai bien tenté un auto-portrait pendant la crémaillère, mais devant le résultat, j'ai préféré oublier...
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