mais que voilà un bon bol d'émotions positives que ça fait bien plaisir

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Car ça y est, c'est officiel : ma petite soeur est devenue Madame Aurore Bonnet-Gruszka, samedi 12 en la mairie de Saint-Maur-des-Fossés. Son mari, précédemment fiancé, précédemment petit copain, Greg pour faire court, est un grand jeune homme charmant, plein d'humour, sportif, polyglotte, et bien sûr fou amoureux. Du coup ils étaient absolument magnifiques tous les deux, et tellement pro que maman s'est demandé combien de fois ils avaient répété la séquence (aucune, c'était purement spontané, mais tout pareil que dans les comédies romantiques au moment final du happy end où enfin tout se passe comme sur des roulettes). Les hommes étaient superbes en costume, même mon père, même mon frère - qui s'est rasé la barbe pour l'occasion, mais ni la glorieuse moustache ni les favoris, ouf :)
 
Après la cérémonie - et la larmiche dans l'oeil de votre rédactrice, parce que trop d'émotion, quand même, ce fut la sortie sur le parvis, avec nuée de bulles de savon et de confettis - partout, dans le bouquet de la mariée, dans les volants de sa robe (pourcentage de meringue inférieur à 5%), dans le décolleté, dans la bouche du marié, etc. Puis les mariés nous ont invités à un excellent repas gastronomique dans un resto pas loin du bateau, avec parmentier de biche pour moi et cochon de lait farci pour André (accompagné d'endives braisées qui ont su toucher son coeur), puis retour au bateau pour l'inévitable pièce montée, sans fautes d'orthographe contrairement aux appréhensions de ma frangine (la boulangère étant portugaise et manifestement pas très au fait des subtilités de la littérature française), avec un excellent, re, framboisier, un bon champagne, et une époustouflante vodka au miel et aux épices, que mon frère était très fier de faire découvrir aux Polonais (oui car la belle-famille est polonaise, pour ceux qui n'auraient pas suivi tous les épisodes du feuilleton).
 
La témoin d'Aurore, sa copine Fanny, a fait un discours improvisé émouvant, drôle et sans bavure, ce qui a eu pour effet de mettre un peu la pression au témoin du marié quand ce fut son tour, mais il s'en est pas mal sorti quand même. En coutumes exotiques amusantes, notons le "gorzko, gorzko, gorzko" scandé par l'entourage, qui invite les mariés à s'embrasser fougueusement pour compenser par un peu de tendresse l'amertume du shot d'alcool, et l'improbable "check saumon", qui consiste à se taper la main côté paume puis côté dos, puis l'avant-bras de manière répétée, "comme les saumons quand ils remontent le courant", m'a expliqué Greg mort de rire. Par contre, personne ne nous avait prévenu que les ballons sur le toit de la voiture, ça fait en gros le bruit d'un pneu crevé, en plus fort, donc c'est assez déstabilisant... Au bout de quelques heures de mitraillage photo, de shots de vodka, de coupes de champagne, et de contemplation béate des mariés qui étaient vraiment trop beaux, je persiste parce que tant que vous n'avez pas vu les photos vous ne pouvez pas comprendre :), je suis allée m'écrouler, lamentablement, à neuf heures du soir, en prévision du réveil à six heures, TGV pas cher oblige.
 
Ma soeur a complaisamment abrégé sa nuit de noces pour nous déposer à la gare du rer, et on n'a même pas été en retard - en fait, j'ai presque pas eu peur, entre les trois quarts d'heure d'avance qu'on a eu à l'aller et le top-timing au retour. Ceci dit, une des passagères du Paris-Marseille a du laisser sa valise dedans faute de s'être rendue compte à temps qu'elle n'était pas dans le bon train, mais André m'a confirmé que sachant lire, pareille mésaventure ne saurait m'arriver... Après, entre le stress, la clope vite fait, et le café sucré (ici petite aparté : bien que nous ayons eu récemment une discussion familiale au terme de laquelle il s'est avéré que PERSONNE dans la famille ne sucre son café, ma mère a cru bon de poser deux morceaux sur le thermos qu'elle m'avait gentiment préparé, sauf que le thermos a fui, que les sucres ont fondu, qu'ils se sont infiltrés en retour dans le thermos, et que le café était donc parfaitement imbuvable), bref, toutes ces émotions ont eu un effet fatal sous la forme d'un besoin urgent d'aller aux toilettes - une fois le train sorti de la gare, bien sûr, je suis une fille obéissante. Je fais donc ma petite affaire, j'appuie sur le bouton de la chasse d'eau, et là, c'est le drame, panne totale et persistante du chiotte. Oups. Une fois constaté que l'arrosage sporadique à l'eau chaude du lavabo n'a aucune espèce d'influence sur le mécanisme, deux solutions : sortir discrètement et faire comme si j'ignorais tout de la cause de l'odeur qui plane, et que je n'avais aucun lien de parenté avec le contenu de la cuvette, ou prendre frontalement mon courage à deux mains et aller humblement signaler le problème aux contrôleurs. Eh bien j'assume !! J'ai trouvé ces messieurs au bar et leur ai platement expliqué la situation - en commençant par "C'est un peu embarrassant, mais...". J'ai un peu tiqué quand le plus jeune m'a demandé si je voyageais seule, mais en fait c'était - soit que mon honnêteté leur ait plu, soit que ce soit plutôt mon décolleté (outrageant, merci le troc de ma frangine) - pour nous inviter cordialement à rejoindre la première classe, eh eh. Bilan, non seulement j'ai été la seule passagère à bénéficier des toilettes pendant le trajet (puisqu'après ils les ont condamnées dans l'ensemble du train), mais en plus on a pu ronfler dans des fauteuils extra-larges, le top :)
 
Après, ce fut le troc de fringues, avec tous les bons ingrédients habituels qui en font une recette appréciée des connaisseurs. Concours de nichons, échange de potins, panorama de soutifs, couinements hystériques, franches rigolades devant certaines pièces immondes qui continuent à sortir des placards, Lucile qui imite Charlot avec ses "nouvelles" ballerines rouges à poids blancs, Elise qui vend mon futal hippie "couleur serpent malade", Hélène qui envisage les capacités de distorsion de la tunique en laine, Sido qui essaye tout et n'importe quoi juste pour le feun, Anouk qui récupère des fringues roses "mais c'est pas pour moi" (elle déteste cette couleur, mais l'argument de "c'est Emily the Strange sur mon tee-shirt et d'abord il est prune" n'a pas convaincu grand monde...), moi qui glapis en apercevant une robe furieusement sixties "Mais c'est le papier peint dont je rêve pour ma cuisine !!!" (je l'ai prise, bien sûr), bref, un grand moment 100% girly, comme d'hab, avec en prime cette fois-ci Mathilde, descendue de son Muy d'adoption pour faire un break dans les changes de couches et les batailles de petits pots, et une mini-vente privée Tiwakan qui a fait quelques heureuses.
Parti comme ça, l'hiver promet !
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Publié dans petites histoires

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G
<br /> C'est surtout les super-copines, qui sont au rendez-vous :) Avant je troquais juste avec Emmaüs, c'était moins fun...<br />
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H
<br /> Yeah !!<br /> <br /> <br /> Y a qu'en l'attaquant comme ça que l'hiver est supportable ! Mais comment faisait-on avant ??!!<br /> <br /> <br /> Heureusement Super-Garance est là pour un rendez-vous fous rires garantis deux fois par an ;0)<br />
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