on espère un redoux dans les prochains jours...
Une erreur de manip m'a fait malencontreusement supprimer le dernier article en date, peu palpitant mais nanti de commentaires que je n'ai du coup pas eu l'occasion de lire - toutes mes excuses aux généreux contributeurs anonymes. Alors pour vous, petite élite qui me followez à l'ancienne (enfin, à l'ancienne version 2.0, quand même, ça ne vaut plus la grande époque de nos mailing-art enflammés qui voyaient des missives manuscrites de douze pages transiter par ce qui était encore un peu alors un vrai service public de distribution de courrier, te rappelles-tu ma Juliette...) (ni même la grande époque où ce blog pouvait encaisser trois articles d'affilée, elle est loin l'inspiration...), bref, pour vous, un petit bulletin de ma météo interne - je vous préviens, c'est morose.
Bien que marquée par la constatation joyeusement incrédule que ma voiture avait dormi sans conséquence la clé sur le contact, et fêtée par une authentique copie de gaufre liégeoise et un chocolat chaud de qualité supérieure, la séparation est encore en phase de digestion. Faut bien avouer que revoir André quasiment toutes les semaines, partage du panier de légumes bio oblige, fait très mal et n'aide pas vraiment à penser à autre chose. Ca n'a pas l'air évident non plus pour lui, d'ailleurs.
Le gars de l'Amap au regard pétillant est en couple et ravi de l'être, ça m'a coûté un peu d'amour-propre et deux whiskys mais au moins je suis fixée. Dommage, ça m'aurait changé les idées. Enfin, comme j'arrête l'Amap fin avril, ça ne me travaille pas plus que ça.
Mimi, la maman d'Harold, dont la personnalité solaire, l'écoute, la générosité et la force m'ont faite grandir quand j'étais plus jeune, est morte dans la nuit de mardi. J'ai enterré tellement loin les années de mon premier couple que j'éprouve à peine un serrement de coeur en repensant à elle, et juste un soupçon de tristesse bienséante en pensant à lui.
Matthew, mon patient de Montolivet atteint d'une SLA avancée, avec qui le mois de janvier a été extrêmement difficile (en partie à cause de mon marasme interne, en partie à cause de ses réflexions très désagréables), mais avec qui ça allait mieux depuis, se fait débrancher dimanche soir ou lundi. Il a pris sa décision fin janvier, je ne pensais pas que ça serait aussi rapide.
Je consacre mes week-ends à enchainer les parties de logimage, de manière complètement obsessionnelle, en me forçant ici ou là à un peu de création manuelle, une tentative d'éradication des puces de Lumi ou un ménage frénétique. Parfois je vais voir mon frère à l'Estaque, où il loue un petit voilier, ce qui nous permet de pique-niquer sur la digue en profitant du mistral. Parfois Sido descend et je constate avec un plaisir infini qu'elle va beaucoup mieux et qu'il semblerait que sa vie prenne enfin une tournure un peu positive. Parfois ma play-list en mode aléatoire me sort un morceau jovial qui me remonte les bretelles, parfois comme maintenant, c'est Différent Pulses, qui n'arrange en rien ma vague mélancolie.
Bref, ma vie est à peu près aussi palpitante qu'une conférence sur les mérites comparés des balayettes à chiottes, et j'ai l'énergie d'une taie d'oreiller défraichie. Mais bon, c'est la vie, ça passera...
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