il m'en faut peu pour être heureux (se)
Avant toute chose, je veux me souvenir de ce jour comme étant celui où j'ai enquillé le bd Michelet par la rue Négresko et où j'ai filé jusqu'à Castellane SANS UN SEUL FEU ROUGE !!! Pas de clampins agglomérés au milieu du rond-point pour avoir voulu passer à l'orange trop mûr, pas de ralentissement à mi-chemin à cause de ceux qui tournent à Turkat-Méry, et surtout, surtout, un bug dans la matrice qui a annulé le train-train habituel de trois feux verts / un feu rouge sur le Prado-ville. Un kif surpuissant, les aminches, vous imaginez même pas.
Ca m'a consolé de mon accompagnement de ce matin, enfin, du trajet aller où j'ai voulu faire la maline et où j'ai vraiment joué de malchance. Je devais aller chercher un jeune homme à Velaux, donc pour ceux qui ont quelques notions de la géographie du Pays d'Aix, à deux pas de Ventabren, donc, pour ceux qui ont quelques notions de la géographie amoureuse de mes années passées, un genre de coin que je connais assez. Et pour me la jouer bucolique, j'ai décidé de dropper l'immonde autoroute de Vitrolles (caca la zone industrielle), et de dropper aussi celle d'Aix (caca les ronds-points du Jas de Bouffan), pour passer plutôt par Plan-de-Campagne, Calas, et la route de Roquefavour, histoire de savourer trois secondes la vue de l'aqueduc dans la lumière du petit matin.
Las, j'ai tout eu... Le petit encombrement habituel pour rejoindre l'autoroute, avec ceux qui dorment au feu (morning liiiiiiiiiiiive !), ceux qui hésitent à traverser les rails du tram (mais vas-y, ducon !!), ceux qui confondent voie d'accélération et aire de pique-nique (putain de merde, c'est 90, pas 60, mes couilles !!). Le gros camion au sortir du rond-point de P-d-C, et la circulation alternée pour cause de travaux. Le méga-embouteillage à Calas, à cause d'une priorité à droite à la con où personne, depuis cinquante ans, n'a eu l'idée de mettre un feu pour réguler le trafic (à ce stade, j'ai appelé le patient pour le prévenir de mon fort probable retard). Le petit bouchon au rond-point de Lagremeuse, et le nombre affolant de gens qui travaillent à l'Arbois, l'extension de la zone industrielle des Milles, avec sa belle gare TGV et ses immeubles de bureaux vides. Et le coup de grâce : la route de Roquefavour fermée :{ Une de ces blases...
Donc trace jusqu'à la route de Berre, traverse Ventabren, mmh, souvenirs souvenirs, tiens, ici Harold m'avait aspergé les lunettes alors que je conduisais la deuch avec ma p'tite soeur dedans, et je l'avais copieusement insulté. Oh, et ici il avait voulu traiter le stop comme un cédez-le-passage, il s'était mangé le poteau et je l'avais copieusement insulté. Ah, et là, c'est le garage qui attend son camion depuis cinq ans pour le contrôle technique... Bref, passons, j'arrive à Velaux, heureusement que j'avais fait un repérage mappy avant, parce que les infos de la chef étaient plutôt cryptiques : "Il y a un intermarché sur la gauche" (non, juste le panneau qui l'annonce à deux kilomètres), "Au rond-point suivre stade municipal" (ça aurait été sympa de préciser que c'était le troisième, de rond-point), "C'est la deuxième à gauche" (oui mais on voit le numéro qu'une fois qu'on a fait demi-tour...). Enfin bon, j'ai récupéré mon patient, un jeune gars débarqué de Lille en juin, avec un fauteuil tout petit mais très lourd, pneus montés en biais, joueur de basket, une peau atroce mais des yeux complètement magnifiques, menthe à l'eau avec un peu d'or autour, truc de fou. On a papoté, des grandes villes, des petits bleds, et des avantages pour l'égo de faire de la télévente plutôt que du recouvrement financier :)
Après je suis allée faire quelques courses, j'ai snobbé Ed pour le grand Leader Price de Ste Anne, et je me suis lâchée au point que c'était même pas grave qu'ils n'aient plus de crème fraiche, c'est dire. Et donc en rentrant, cette splendide traversée échevelée du Prado, j'vous jure, j'avais jamais vu ça.
Pour rebondir sur les amicaux commentaires au précédent billet, je tiens à préciser à Yann que je préfère largement être seule de nuit, vu que l'adrénaline suffit à me tenir éveillée, et que je suis trop stressée pour faire la conversation. Fanny peut témoigner qu'elle et Cécile ont reçu une autorisation explicite de s'endormir quand on est rentrées d'Avignon cet été vers 6 heures du mat' - ah, non, mea culpa, en fait je parle pas mal, mais je dis quand même aux gens qu'ils sont pas obligés d'écouter :) Et sinon, c'était quand même pas si extrême que ça, le coup de la neige, mais faut bien que j'enjolive un peu, sans effets spéciaux c'est moins fun. Non, disons très honnêtement que si ça avait duré plus longtemps, ça m'aurait effectivement vite gonflé, mais là, y avait juste ce qu'il fallait pour se sentir très fière d'être arrivée comme une grande à gérer ce dépucelage climato-routier.
A part ça, dans les petits plaisirs de la journée, il y avait Marc au feu rouge en bas de la rue St Savournin, et on s'est fait la bise - après le tutoiement et l'échange de prénoms, fallait faire évoluer la relation, là :) Ce mec est tout gentil et je m'inquiète un peu quand je le vois pas, et en plus il m'aime bien même si je lui lâche rarement la pièce (mais des fois des mini-esquimaux au chocolat, alors ça rattrape un peu). Y a eu aussi ce routier que j'ai laissé passer en sortant de la rocade de la Rose, et qui m'a lancé une bise en remerciement, c'est toujours agréable :)
Moins fun, mon patient du jeudi avait commandé Démineurs, mais j'ai pas bien compris pourquoi ce film a gagné un oscar. Ok, j'ai raté toute la première moitié, mais c'est filmé comme un shot'em up, ils ont pas du griller trop d'ampoules vu le nombre de scènes de nuit, le colonel crétin mais gentil se fait tuer, le black s'interroge sur ce métier de merde et prend conscience qu'en fait, si, il ferait bien un môme avant de crever, et le héros loyal et chtarbé reprend du service à la fin, quand il réalise que la vie de famille, le hochet du gosse et les feuilles mortes dans les goutières, ça vaut pas tripette face à une bonne montée d'adrénaline déguisé en cosmonaute dans les rues de Bagdad. Après on a joué au scrable et son ordi de merde nous a encore sorti des mots de l'hyper-espace ("rixdale", "qanun", "enema", j'en passe et des meilleures), donc il a fait 860 points, mais on était en mode multi-joueurs (virtuels) et on a mis la pâtée aux trois autres. L'honneur est sauf mais la prochaine fois, je prends mon dictionnaire... Ah, oui, avant que j'oublie, voilà comment le chien était habillé aujourd'hui (autant pour moi, il n'y a - heureusement - pas de strass) :
Ca m'a consolé de mon accompagnement de ce matin, enfin, du trajet aller où j'ai voulu faire la maline et où j'ai vraiment joué de malchance. Je devais aller chercher un jeune homme à Velaux, donc pour ceux qui ont quelques notions de la géographie du Pays d'Aix, à deux pas de Ventabren, donc, pour ceux qui ont quelques notions de la géographie amoureuse de mes années passées, un genre de coin que je connais assez. Et pour me la jouer bucolique, j'ai décidé de dropper l'immonde autoroute de Vitrolles (caca la zone industrielle), et de dropper aussi celle d'Aix (caca les ronds-points du Jas de Bouffan), pour passer plutôt par Plan-de-Campagne, Calas, et la route de Roquefavour, histoire de savourer trois secondes la vue de l'aqueduc dans la lumière du petit matin.
Las, j'ai tout eu... Le petit encombrement habituel pour rejoindre l'autoroute, avec ceux qui dorment au feu (morning liiiiiiiiiiiive !), ceux qui hésitent à traverser les rails du tram (mais vas-y, ducon !!), ceux qui confondent voie d'accélération et aire de pique-nique (putain de merde, c'est 90, pas 60, mes couilles !!). Le gros camion au sortir du rond-point de P-d-C, et la circulation alternée pour cause de travaux. Le méga-embouteillage à Calas, à cause d'une priorité à droite à la con où personne, depuis cinquante ans, n'a eu l'idée de mettre un feu pour réguler le trafic (à ce stade, j'ai appelé le patient pour le prévenir de mon fort probable retard). Le petit bouchon au rond-point de Lagremeuse, et le nombre affolant de gens qui travaillent à l'Arbois, l'extension de la zone industrielle des Milles, avec sa belle gare TGV et ses immeubles de bureaux vides. Et le coup de grâce : la route de Roquefavour fermée :{ Une de ces blases...
Donc trace jusqu'à la route de Berre, traverse Ventabren, mmh, souvenirs souvenirs, tiens, ici Harold m'avait aspergé les lunettes alors que je conduisais la deuch avec ma p'tite soeur dedans, et je l'avais copieusement insulté. Oh, et ici il avait voulu traiter le stop comme un cédez-le-passage, il s'était mangé le poteau et je l'avais copieusement insulté. Ah, et là, c'est le garage qui attend son camion depuis cinq ans pour le contrôle technique... Bref, passons, j'arrive à Velaux, heureusement que j'avais fait un repérage mappy avant, parce que les infos de la chef étaient plutôt cryptiques : "Il y a un intermarché sur la gauche" (non, juste le panneau qui l'annonce à deux kilomètres), "Au rond-point suivre stade municipal" (ça aurait été sympa de préciser que c'était le troisième, de rond-point), "C'est la deuxième à gauche" (oui mais on voit le numéro qu'une fois qu'on a fait demi-tour...). Enfin bon, j'ai récupéré mon patient, un jeune gars débarqué de Lille en juin, avec un fauteuil tout petit mais très lourd, pneus montés en biais, joueur de basket, une peau atroce mais des yeux complètement magnifiques, menthe à l'eau avec un peu d'or autour, truc de fou. On a papoté, des grandes villes, des petits bleds, et des avantages pour l'égo de faire de la télévente plutôt que du recouvrement financier :)
Après je suis allée faire quelques courses, j'ai snobbé Ed pour le grand Leader Price de Ste Anne, et je me suis lâchée au point que c'était même pas grave qu'ils n'aient plus de crème fraiche, c'est dire. Et donc en rentrant, cette splendide traversée échevelée du Prado, j'vous jure, j'avais jamais vu ça.
Pour rebondir sur les amicaux commentaires au précédent billet, je tiens à préciser à Yann que je préfère largement être seule de nuit, vu que l'adrénaline suffit à me tenir éveillée, et que je suis trop stressée pour faire la conversation. Fanny peut témoigner qu'elle et Cécile ont reçu une autorisation explicite de s'endormir quand on est rentrées d'Avignon cet été vers 6 heures du mat' - ah, non, mea culpa, en fait je parle pas mal, mais je dis quand même aux gens qu'ils sont pas obligés d'écouter :) Et sinon, c'était quand même pas si extrême que ça, le coup de la neige, mais faut bien que j'enjolive un peu, sans effets spéciaux c'est moins fun. Non, disons très honnêtement que si ça avait duré plus longtemps, ça m'aurait effectivement vite gonflé, mais là, y avait juste ce qu'il fallait pour se sentir très fière d'être arrivée comme une grande à gérer ce dépucelage climato-routier.
A part ça, dans les petits plaisirs de la journée, il y avait Marc au feu rouge en bas de la rue St Savournin, et on s'est fait la bise - après le tutoiement et l'échange de prénoms, fallait faire évoluer la relation, là :) Ce mec est tout gentil et je m'inquiète un peu quand je le vois pas, et en plus il m'aime bien même si je lui lâche rarement la pièce (mais des fois des mini-esquimaux au chocolat, alors ça rattrape un peu). Y a eu aussi ce routier que j'ai laissé passer en sortant de la rocade de la Rose, et qui m'a lancé une bise en remerciement, c'est toujours agréable :)
Moins fun, mon patient du jeudi avait commandé Démineurs, mais j'ai pas bien compris pourquoi ce film a gagné un oscar. Ok, j'ai raté toute la première moitié, mais c'est filmé comme un shot'em up, ils ont pas du griller trop d'ampoules vu le nombre de scènes de nuit, le colonel crétin mais gentil se fait tuer, le black s'interroge sur ce métier de merde et prend conscience qu'en fait, si, il ferait bien un môme avant de crever, et le héros loyal et chtarbé reprend du service à la fin, quand il réalise que la vie de famille, le hochet du gosse et les feuilles mortes dans les goutières, ça vaut pas tripette face à une bonne montée d'adrénaline déguisé en cosmonaute dans les rues de Bagdad. Après on a joué au scrable et son ordi de merde nous a encore sorti des mots de l'hyper-espace ("rixdale", "qanun", "enema", j'en passe et des meilleures), donc il a fait 860 points, mais on était en mode multi-joueurs (virtuels) et on a mis la pâtée aux trois autres. L'honneur est sauf mais la prochaine fois, je prends mon dictionnaire... Ah, oui, avant que j'oublie, voilà comment le chien était habillé aujourd'hui (autant pour moi, il n'y a - heureusement - pas de strass) :
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