C'eut été malheureux que disposant d'autant de jours de repos, je n'en profitasse que pour accrocher une bête paire de rideaux. Ca faisait un petit moment que l'ordonnancement des boites sur la console de la cheminée ne me satisfaisait plus, trop de boites, trop d'incohérence, trop de poussière, trop de bordel quand Lumi se baladait au milieu, bref, il me fallait une idée pour, cf Modes et Travaux, mettre en scène ma collection. Et hier soir, entre deux pages de serial killer arachnophile, j'ai eu l'eurêka. Ces bouts de chutes de planches d'étagères qui trainent au pied de mon placard à bricolage, là, c'est pas qu'elles m'encombrent, mais est-ce qu'elles ne seraient pas vachement mieux accrochées à un mur, avec des jolies boites clouées dessus ? Eh bien si. Et comme il n'est pas très physique de planter quelques clous dans du bois qui a plus la texture du pain de mie que du teck vénérable et tricentenaire, je ne me suis pas trop foulée - sur environ soixante-dix clous, je n'ai à déplorer qu'un seul coup de marteau sur le pouce, à cause d'un fourbe noeud pas du tout mie-de-pain-esque. Après, il a fallu mobiliser toutes les ressources des reliquats de batterie de la perceuse, en alternant dix minutes de charge et cinq minutes de jurons (putain de mur en brique de merde, allez vas-y titine on va tôss les nêquer !!), pas trop physique non plus, j'ai juste raté une marche en descendant de l'escabeau (mais c'est à ça qu'on reconnait le véritable amateur, les pro travaillent rarement en chaussettes).
Le résultat est à la mesure de mon imagination, exception faite de la frustration d'avoir manqué d'une planche pour une deuxième série de boites rouges - mais mon chéri en a de rab, c'est bien les points communs, des fois. L'idée annexe, c'était d'habiller un peu le mur du salon entre la fenêtre et la porte, un peu vide à mon goût, mais sans mettre de tableaux, rapport à l'effet de saturation possible - ou alors il aurait fallu continuer le délire d'entre les deux fenêtres, mais là ça dépasse mon stock d'images en réserve. Alors d'abord, les petits tableaux de boites, avec une spéciale dédicace pour Yann, puisque j'ai pu constater à cette occasion que les célèbres pastilles Pulmoll étaient fabriquées à Chateauroux, comme quoi, même dans la "diagonale du vide", le terroir favorise l'industrie (l'histoire ne précise pas si c'est que ledit terroir est particulièrement miasmatique...).
Quant à la cheminée, elle est maintenant tout à fait typique d'un intérieur bourgeois du siècle dernier, jugez plutôt : sous un immense miroir à la dorure délicatement patinée, nous trouvons donc à présent un bouquet de plumes d'autruche de chez Emmaüs, quelques boites chinées ça et là, le truc rond au milieu qu'on voit pas bien c'est une montre ronde en cuivre et verre grossissant, à côté, une photo de mes grand-parents dans les années trente (elle en tenue d'infirmière et lui en marin, la classe), puis un squelette de mammouth en authentique balsa véritable, et enfin ma mappemonde éducative avec trajets des grands navigateurs apparaissant quand on l'allume, cinq euros au vide-grenier de Sainte-Marguerite.
Après, comme il me restait des boites, forcément, j'ai récupéré un tasseau qui glandait dans un coin, et profitant de sa longueur parfaite et des deux crochets inutiles au-dessus de la porte de la cuisine, j'ai bidouillé un support pour quelques-unes des boites un peu grandes, et voilà :
L'équilibre des boites a l'air précaire, mais j'ai fait le test, même en me mangeant le chambranle, ça bouge pas :)
Au final, ça m'a bien occupé la matinée, et au moins je suis pas allée chez l'osthéo pour rien. Il m'a manipulée dans tous les sens, a confirmé que tout était bel et bien coincé, tendu, noué et contracté, que même mes reins n'étaient plus en état de produire la cortisone anti-inflammatoire qui aurait pourtant été la bienvenue, que mes psoas étaient spasmés, c'est pour ça que je me traine une démarche de bossue, que mon bassin était élastique à droite et pas du tout volontaire pour pivoter quand on lui demande, bref, je suis fracassée - mais ô combien fière de mon salon :)