bristol, bientot la fin :(

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Hier aprem, dimanche donc, apres une grosse grasse matinée de glande a lire les aventures de Sookie et Bill en v.o., on se décide a sortir faire un tour, moins exhaustif que jeudi mais plus expansif (ah ah, c'est-y pas beau ce faux-ami). Un petit tour a BS8, une boutique pleine de chouettes fringues hors de prix, de bijoux girlyssimes et de faux cils a faire enrager Caro, et de gadgets aussi bien techno que vintage - le nom de la boutique est un clin d'oeil a la fois au code postal du quartier et a ces boules de divination, vous savez, on leur pose une question et elles vous sortent une réponse aléatoire mais des fois pertinente. Un petit tour dans une espece d'Eurodif local - car oui, pour compenser le fait que la plupart des commerces ferment a 16h, quel scandale, ils sont ouverts le dimanche - ou on achete une douille et une ampoule pour le plafonnier de Cécile (moi qui me réjouissais de constater que mes ongles ont atteint une longueur indécente en quinze jours dénués de ménage, transferts, bricolage etc, ben j'ai perdu un pouce dans l'histoire) (enfin un ongle de pouce, hein, rassurez-vous). Et la cerise sur le gateau, une pause dans un so cute cup cake cafe, ou je déguste un "Dirty Martini", soit un cup cake au chocolat avec coulis de caramel et cristaux de gros sel facon sucre candy, accompagné d'un succulentissime milk-shake a la lavande. Le patron accepte gentiment que je fasse ma touriste japonaise dans sa boutique, et c'est comme ca qu'au milieu de la limonade a la rose, des sables a l'Earl Grey et des bocaux de bonbons, je mitraille des sucettes au scorpion et des bouchées fourmi-chocolat... 
 
Bien entendu, entre deux boutiques, quand meme, Cécile me fait passer par des tas de petits coins sympas, dont elle me sort l'historique - c'est assez bluffant, je ne connais pas sur Marseille le quart de ce qu'elle sait de sa ville d'adoption. Le soir, on sort retrouver le fameux Johnny-de-Massive-Attack au White Lyon, un pub dont la terrasse fait face au pont suspendu (mais le tenancier est en train de la fermer quand on se decide a y aller), et on tombe sur un match de charité qui oppose une équipe d'Anglais célebres, anciens footballeurs, boxeurs, animateurs télé, et Robbie Williams, graou !!!, a une équipe de célébrités pas anglaises, dont Zidane - et apres un score égal partout, moult penalties et une demi-douzaine de tirs au but, les estrangers remportent la partie. En bonne marseillaise (qui n'aime pas le foot mais subit la contamination), je couine a chaque but - quelle que soit l'équipe qui le met, et surtout quand c'est Robbie (Cécile fait mine de gerber). Johnny est vraiment adorable, me demande comment ca va depuis la derniere fois, me dit de piocher franchement dans son sandwich veggie, paye deux tournées, bref, un vrai gentleman !
 
Quand le Lyon ferme, on décide d'aller au Grapes, le pub ou Cécile travaillait avant de bosser pour le charity shop de St Peter's Hospice. On s'y retrouve juste nous trois et le barman, Shawn, vieux pote de Johnny et donc ex-collegue de Cécile, qui s'est déja bien attaqué au vin rouge pour supporter l'absence criante de clients - comme c'est dimanche soir, les Anglais sont raisonnables et dorment sagement en prévision de la reprise du boulot. La soirée dégénere doucement, Johnny tient tres tres bien son vin blanc, Shawn titube derriere le comptoir, Cécile se fait une overdose de cocaféine, et je réussis l'exploit de me bourrer la gueule au cidre. La conversation va de nos expériences de jeunesse a la pertinence de la résistance pendant la seconde guerre mondiale, en passant par les couilles de Robert Plant, le chanteur de Led Zeppelin et l'idole de Shawn, pour qui personne d'autre ne compte musicalement parlant depuis la mort d'Elvis. Je suis flattée et assez étonnée que Shawn trouve mon anglais "amazing", mais Shawn met tellement de fucking dans ses phrases qu'on n'entendrait qu'un seul long bip s'il passait a la radio. Cécile confirme que je m'en sors tres bien. Je ne comprends certes pas tout et je préfererais avoir fumé que bu rapport aux illuminations linguistiques que provoque le THC, mais entre le contexte et les mimiques, je ne me sens pas trop larguée - juste ce qu'il faut pour apprécier le surréalisme de la situation : je paye des coups a boire a un membre d'un des meilleurs groupes de musique actuelle, a qui j'ai demandé de signer la carte postale pour Alex histoire de me faire pardonner de ne pas l'avoir prévenu du concert au Dome en novembre. 
 
Vers trois heures et demi, on décide qu'il est temps de rentrer. Les rues sont désertes, a part un renard qui trace le long du parc, la queue a l'horizontale. Johnny désespere de trouver un taxi, le ciel s'éclaire quand on s'écroule enfin dans le lit. What a fucking good evening...
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Publié dans balades_Bristol

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