angine, japan et petits désagréments
Samedi dernier, grasse mat' en amoureux, André est tout lovelilove, on émerge vers neuf heures mais mes yeux restent collés et mon tonus musculaire aux abonnés absents, bizarre. Je descends de la mezzanine en tanguant, le roulis continue à terre, ma tête pèse une demi-tonne, ça pue le virus... Vers onze heures et demi, la mort dans l'âme, force est de constater que si j'arrive enfin, après un petit-dèj et une douche, à tenir assise à peu près toute seule, je marche toujours comme un héron bourré - et bénis à chaque pas la surabondance de meubles qui m'entourent, et accessoirement m'empêchent de scruter la moquette en mode macro tous les trois pas.
Ce qui signifie que je dois annuler la Japan Expo prévue avec Gilles. En temps normal, ça serait un peu gênant, mais là, c'est carrément la loose : comme Mobimétropole a décidé de renouveler son parc de camions aménagés, et que la direction a choisi juste les modèles les plus énormes, ils n'assurent plus les sorties de Gilles (et de deux cents autres bénéficiaires), les camions ne passant pas dans les traverses pleines de virages qui sont légions dans la région. Du coup j'avais négocié de garder le véhicule handi jusqu'à lundi, et recruté André pour tenir la tête de Gilles à ma place pendant le trajet, et ben en fait, non, c'est ballot :(
Au passage, je demande à être remplacée chez les frangins de Mimet le soir, vu que d'une je ne suis pas en état de porter mon propre poids, alors le leur, tintin, de deux, vu la chute abyssale de mon contrôle moteur, la conduite on oublie, et de trois, tout de même, ce genre de symptôme signifie chez moi soit grosse fatigue, soit grippe carabinée, or là, nonobstant, je pète le feu, donc je me sens moyen de contaminer des myopathes.
Le lendemain, coup de bol, mes jambes vont mieux. On retrouve Jess à la Japan Expo, je l'attendais en Sonic, sa soeur en a décidé autrement, elle est quand même en bleu, mais plus, disons, ésotérique... On se frappe une heure et demi de cosplay, et on fait bien, puisque sortent du lot quatre nénettes dans un show steampunk ultra-maitrisé, et surtout, un numéro final absolument génial : un couple qui rejoue Là-Haut, avec façade de maison en carton derrière laquelle ils ne font pas moins de trois changements de costumes, et nous offrent le mariage, les travaux de la maison, et le pique-nique fatal, qui me tire des larmes, oui oui, la dame elle meurt et le monsieur va derrière la maison et fait jaillir un nuage de ballons multicolores, pas de gamin rondouillard ni d'oiselle exotique, juste un pur moment de poésie. Après on fait un tour des stands, un papa demande à Jess où elle s'est fait maquillée - ben, à la maison, mais sinon pour vos gamines y a un stand de maquillage zombie, là-bas..., on croise des Bisounours à qui elle me conseille de rendre leurs couilles, et plein de gamins qui lui font des free hugs à tour de bras - et son body painting est de qualité, y en a pas un qui repart bleu :)
Après je la raccompagne (véhicule handi power), on papote pendant qu'elle se démaquille - Ah, je me sens redevenue humaine, ça fait du bien - Oui, pense quand même à enlever la deuxième lentille, là ça fait un peu peur... Je rentre, pas de place, évidemment, les vacances sont finies, tant pis, ça sera file des taxis, pas la première fois, ni la seule à le faire, et on verra demain.
Lundi matin, donc, j'appelle le toubib, comme d'hab ça sonne occupé, j'attends neuf heures que l'heure de pointe se tasse et je me décide à y aller directement, quite à faire le pied de grue toute la matinée, faut vraiment que je sache ce que j'ai, la dernière fois il m'avait arrêtée quinze jours donc si c'est la grippe faut pas rigoler. Et là, c'est le drame : y a bien les taxis, mais y a plus ma voiture... Le problème avec les flics marseillais, c'est qu'ils ont des sursauts d'activité, mais alors, très occasionels. Je veux dire, s'ils enlevaient systématiquement les bagnoles mal garées, on le saurait et on éviterait de jouer au con. Mais ici, non, c'est quand ça leur pète. A tel point d'ailleurs, que petite anecdote au passage : mercredi soir, je passe à la librairie d'André entre deux missions courses, et j'entre en jubilant "Eh, les flics sont en train d'aligner un gars arrêté en double-file sur la voie de bus, ça fait plaisir !" Je ressors un quart d'heure après, les flics sont toujours là, et deux autres gars se sont arrêtés sur la voie de bus, sous leur nez... Et j'entends un des flics qui dit au dernier arrivé : "Non mais c'est pas possible, là, on va où ?!!" Ben, comment dire... On n'a tellement pas l'habitude de votre efficacité qu'on la met en doute même quand vous êtes là, quoi.
Bref, lundi matin, je pars pour la fourrière, direction Bougainville, un bus et deux métros plus tard j'y arrive enfin, je paye (gasp... les tarifs annoncés sur leur site n'ont pas suivi l'inflation), et je demande où est garée la voiture. Ah ben comme on est en travaux, elle est aux Arnavaux. A titre de grossière comparaison, c'est comme si on vous faisait venir à Belleville, et que la voiture était Porte de Clichy - à cette différence près que contrairement à Paris, ici, y a pas trop moyen d'y aller en transports en commun. Mais vous pouvez attendre la navette, sauf qu'on sait pas quand est-ce qu'elle repasse. Et pour cause, la navette en question c'est un brave agent d'assurance, réquisitionné pour faire le trajet. Il arrive un quart d'heure après, très gentil, me dépose à Tataouine (putain, faut que je réussisse à rentrer, moi, après...), je récupère la voiture et là, sur une intuition, je fais le tour, et constate que le phare arrière droit est cassé, et l'aile à côté, défoncée - rayures, enfoncement, traces de peinture bien jaune, la totale. Ah ben faut retourner à Bougainville, demander le constat d'enlèvement, et si c'est pas marqué dessus ben faut faire un courrier pour demander qu'on vous paye les réparations. Oui, parce que je veux bien reconnaitre que j'étais mal garée, mais c'est pas une raison pour démolir la bagnole. Ah ben oui, mais vu l'état général du véhicule, ils accepteront de payer pour le phare, mais pas pour l'aile. Ben tiens... Et si je mettais une grosse claque dans ta tête de con, tu la verrais pas la différence ? Bon, en vrai j'ai rien dit (trois flics au mètre carré plus mon légendaire courage en situation d'affrontement, faut pas pousser), j'ai pris les papiers, et je suis allée rendre le véhicule au bureau avec, avouons-le, la trouille au ventre - mais comme j'ai bien joué la fille malade, mes responsables m'ont plutôt plainte, et puis elles s'en foutent un peu, faut bien le dire.
Après quand même j'ai réussi à gratter un rendez-vous chez le toubib, vous aurez compris que c'est pas la grippe mais une bête angine, j'ai pas bossé mardi pour autant, et ce matin, je suis allée au commissariat parce que figurez-vous qu'il faut que je porte plainte contre la fourrière, ordre de la grande chef. Sauf que pour enregistrer ma plainte, ben il faut qu'ils voient le véhicule...
Bref, après tout ça, j'avais bien mérité de lâcher la pression, et c'est Bricol Girl qui a pris le relais, donc vous avez deux billets pour le prix d'un ce soir. Par contre, pour les photos de la Japan, j'en ai pas des masses et elles sont pas top, donc je m'abstiendrais, à part, voilà, deux foldingues en goguette - brut de décoffrage, j'ai pas eu la foi de la photoshoper :
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