Hier soir, diner avec mon patient Roland, première exception à ma règle du "pas mélanger travail et vie privée", mais bon, c'était sympa, et puis il est en train de me graver tous les cds de trance dont j'ai besoin pour la voiture, ça mérite une petite concession de temps en temps (j'ai pas dit gâterie !!). Du coup, rentrée tard, crevée, Raph me propose la soirée célibataires du Black Unicorn, je l'appelle en arrivant, il me dit "Je passe te chercher", et là, le drame, il arrive, j'étais en train de comater dans le fauteuil, le coup de barre absolu. Double dose de honte quand il m'apprend qu'il n'a pas diné parce qu'il pensait le faire avec moi. Bon, c'est des bugs qui arrivent même entre potes, il repart pour finir sa soirée et je m'écroule dans mon lit fraichement dépoussiéré.
Oui, parce que en fait, en rentrant du boulot lundi soir j'ai fait le ménage en grand partout sauf dans la chambre, qui était un bordel sans nom depuis pas mal de semaines. Donc hier matin, après une nuit salvatrice, j'ai rangé, trié, jeté (tous les cartons de tous les appareils achetés un jour et gardés dans l'optique d'un déménagement hypothétiquement proche mais en vrai pas tant que ça donc plus encombrants qu'autre chose), et si j'ai pas eu le courage de m'attaquer à l'établi (enfin, le bureau, l'atelier, là où je bricole mes bijoux, quoi), j'ai poussé le perfectionnisme jusqu'à grimper l'aspirateur dans le lit pour anéantir les deux ans de poussières, cheveux longs, cheveux courts, poils félins, extraits de plumes de couette et autres particules volatiles mais qu'i faut bien qu'e's'redéposent que'q'part un jour, qui s'étaient accumulées sur mes guirlandes lumineuses ou juste esthétiques, et aussi sous-le-matelas-sur-le-sommier, et puis après sur la treille à colliers, entre les boites à chaussures, sur l'applique de la lampe, etc, bref, absolument partout - Etienne, reviens, j'te jure que tu feras plus de crise asmathico-allergique ! :)
Après quatre heures de ce régime, Fanny vient déjeuner, au top, elle arrive, elle sort les poubelles en allant faire les courses, elle nous prépare une merveille de petit repas italien, elle fait tout le service, la classe, la preuve en image :
(après on a eu droit à des tagliatelles fraiches sauce trois fromages et parmesan râpé...).
Pendant ce temps je m'escrime à dévisser sa cafetière italienne, huile trois-en-un, marteau, tournevis, et grosse bordée d'insultes à la "copine" responsable de ce carnage : cette abrutie avait voulu changer le joint, sauf qu'elle l'a mis entre la partie supérieure de la cafetière, et la grille de cette partie supérieure, au lieu de le mettre entre cette grille, et la partie inférieure de la cafetière. Bilan, le métal a chauffé, s'est coincé, et huit mois après on a découvert du café fossilisé dans le filtre et pas mal d'habitants au milieu des concrétions calcaires dans l'eau du réservoir.
Enfin bon. Après, encore, car mes jours de repos se doivent d'être bien remplis quand ils ne sont pas complètement vides, je me suis attaquée à ma lampe en cannettes de boissons exotiques, et là, le drame : au lieu d'acheter interrupteur et douille séparemment, j'ai voulu la faire petit joueur et j'ai pris un truc tout monté sur fil, sauf que pas du tout adapté à mon idée, et impossible à récupérer et à rebidouiller. Fanny m'a convaincu de l'accompagner chercher sa nouvelle carte bleue spécial Argentine et comme ça on achèterait le nécessaire en route, sauf que la droguerie était fermée pour congés (au mois d'août, quelle idée saugrenue). J'ai quand même tout rempli mes canettes de plâtre, et putain qu'est-ce que ça chauffe quand ça prend, une hallu.
Donc voilà, forcément, le ménage plus la balade en ville - où on a aperçu deux perroquets complètement psychotropes, que j'ai failli demander au proprio de me mettre les plumes de côté le jour où ils meurent, la preuve, re, en image
plus, donc, le bricolage à quatre pattes au milieu du salon, plus le diner à quarante bornes de la maison, plus le coucher de Roland (complètement pompette, trop drôle), j'étais cannée quand Raph a débarqué, et fort marrie de l'avoir fait déplacer pour rien. Bref, ça c'était hier.
Aujourd'hui, grasse mat', je consulte mes mails, et en voilà un de Fanny levée à l'aube (07h34...), qui me propose d'aller se caler dans une pinède pour admirer la pluie d'étoiles filantes prévue ce soir. Ca me va, mais alors tu t'occupes du pique-nique parce que là je fais 13-21 à Allauch, j'aurais juste pas le temps. J'arrive chez elle, il y a Raph et Caro (la maman de la petite qui trouve que les schtroumpfs au gin ont pas trop de pantalon), l'idée est de partir avec la voiture de Caro parce que j'ai pas beaucoup d'essence, mais comme elle doit récupérer deux autres personnes, on part à deux voitures, finalement, et je propose la Moldavie inférieure, du côté de chez mon père, spot idéal, dégagé, pas trop de réflexion lumineuse, aucun bruit à part les grillons, bref, le top.
En fait on récupère qu'une seule personne, Yohann, donc on repart garer la voiture de Caro dans un quartier moins pourri que celui du monsieur, et on part tous dans ma bagnole, parce que je préfère conduire et qu'à cinq on tiendra sans trop de problème (ah, sauf Raph, en fait, parce qu'à l'arrière il touche le plafond mais qu'à l'avant il y a Fanny - vous vous rappelez, sinon elle dégueule). Et puis comme Fanny a maintenant une carte Visa Gold, faut bien se la péter un peu et elle mettra 20 euros d'essence dans ma titine - à qui je demande instamment de ne pas me crever un pneu sur l'autoroute, même si elle est plus chargée que d'habitude. Le trajet se passe nickel, on plafonne à 90 km/h mais on va faire comme si c'était normal (et oui, du monde + fin de réservoir, forcément...), on fait l'essence, on se cale au milieu des espigaous en mode mimétisme "imitation clous" (je me suis retrouvée avec des tongs à crampons, je vous raconte pas la partie de plaisir), tous à plat dos sur les duvets, la nappe, les rabannes, et on attend.
Je dois avouer qu'on n'a pas été déçus par les météorites, on en a vu une palanquée, certaines grosses comme des feux d'artifice et presque aussi colorées, avec la trace de fumée derrière comme les avions, et puis le lever de la demi-lune rousse, énorme, au-dessus de la coline en face. On a aussi bien rigolé, surtout quand Yohan a trouvé la technique pour les faire apparaitre (en nous proposant du jambon fumé, ça marchait à tous les coups, sauf pour lui qui s'escrimait à enlever le plastique des tranches donc qui levait la tête avec un peu trop de retard). Fanny est partie pisser dans la cambrousse au moment d'un blanc dans la conversation donc on n'a perdu aucun détail de l'opération, Yohan a calé la bouteille de pinard haut entre ses jambes et j'ai un peu halluciné quand je me suis relevée et que j'ai aperçu ce symbole érectile de forme inusitée, Raph a reconnu que je ferais un bon pilote d'hélicoptère au pifomètre quand j'ai décrété à l'arrache que nord-nord-est c'était à deux heures (oui parce que Yohan avait décidé qu'il voyait les comètes "au nord"), Caro nous a sorti la dernière brève de sa petiote ("Regarde, maman, y a une mouette qui coure après l'avion"), bref, on a eu du running gag avec le coup du jambon et du nord, du comique visuel avec les sursauts de Yohan à retardement après chaque "Là !!! Vous l'avez vue ?!", des coups de fil impromptus (on a même cru que Caro s'était perdue, à un moment), l'inévitable sieston de Raph, le rire vocalisé de Fanny, et deux ou trois rots de ma part suite à l'ingestion d'un petit Cahors pas piqué des hannetons.
Vers une heure et demi il a commencé à faire froid et sommeil, donc on plie bagage, on se recoince dans la voiture, et là, salope de putain de bagnole de merde qui me dit "Eh eh, j'ti nique, t'as plus d'huile"... Euh... Comment on ouvre le capot, déjà ? Ah oui, y a une manette, non, pas celle-là, ah, là, et après faut bidouiller une poignée sous le capot, je la lève, je la pousse au fond, à droite, à gauche, j'appuie dessus, ah en fait faut juste la tirer vers soi, et, de fait, constat imparable, on est en-dessous du minimum sécurisé d'huile. Yohan assure confiant qu'on peut rentrer, mais moi j'ai pas confiance dans cette voiture, à juste titre. Heureusement que mon papa a une maison vraiment pas loin, avec un garage dans lequel, certainement, obligatoirement, miraculeusement, il DOIT avoir de l'huile... Ce fut le cas et l'aventure s'est donc pour une fois bien terminée, au prix d'une dose d'adrénaline qui m'aurait fait tenir jusqu'à Avignon si besoin. Tout le monde a pioncé sur le chemin du retour, sauf Yohan qui nous a parlé des danses traditionnelles et de l'incroyable beauté de Naples, où il partait tout à l'heure, là, vers 5 heures.
A l'heure qu'il est ils doivent tous dormir, mais moi j'ai pas pu résister au plaisir d'immortaliser cette soirée qu'on a passé couchés dans l'herbe, à admirer entre amis les étoiles filantes au clair de lune :)
Petit PS du jeudi matin : Fanny m'a envoyé les photos qu'elle a prises pendant qu'on s'attelait à mettre de l'huile dans le moteur, donc nous voici, Raph, Caro, Yohan et moi, en pleine consultation du manuel, puis en examen approfondi de la compatibilité entre l'huile "turbo-diesel diesel 15W40" avec mon moteur "dci 150"...