Et on attaque maintenant l'opération la plus salissante : le ponçage. Mon chéri pensait naïvement qu'en deux heures on aurait fini, le malheureux (enfin, pas trop, parce que quand je dis "on", c'est un peu exagéré - il m'a aidée, mais plus tard !). En fait, non. Tout apprenti ébéniste le sait : la ponce, c'est le plus long, le plus chiant, et le plus fatiguant. Histoire de faire pleurer dans les chaumières, j'y ai passé un dimanche complet, soit 7 heures de boulot... et encore, j'ai eu la chance de comprendre rapidement comment marche une cale à poncer (dans laquelle on peut coincer le papier de verre pour éviter les dérapages non contrôlés du bras sur le mur - et là, aïe-euh, ça râpe, merde). Faut dire que nous, on prenait juste un bout de bois relativement plat et carré, on enroulait le papier autour, et en avant l'huile de coude.
Comme pour une fois, Lise était occupée ailleurs, je n'ai pas de témoignage photographique extérieur de mon acharnement. Donc, vite fait, voilà la tenue de combat :
Avec, donc, un foulard sur les cheveux (vous noterez que ma coquetterie me pousse à garder ma frange en liberté), et un autre foulard pour éviter d'ingérer du plâtre. Autant reconnaitre tout de suite que le tissage indien à gros trous du bénarès est totalement contre-indiqué, puisqu'à chaque fois que j'ai tombé le masque pour fumer une clope, j'avais les poils du nez tout blancs... En même temps, c'est pas plus mal, j'devais déjà avoir une autoroute dans les poumons rapport au tabac, ben maintenant, y a les bandes blanches dessus :)
Le détail important, acquis d'une dure expérience : les lunettes, contre la poussière dans les yeux... Attention le look, image choquante, âmes sensibles s'abstenir :
En vrai, c'est des lunettes de plongée qu'il m'aurait fallu, bicoz travailler masquée sous un plafonnier allumé (même en soutif) = beaucoup beaucoup beaucoup de pertes sudatoires, = purée dans les yeux suite au mélange poussière de plâtre-transpiration...
Bref, après une dure journée de travail, j'ai failli boucher la douche en allant me rincer. J'avais des moulons de plâtre plein la gueule, j'étais intégralement couverte d'une (fine ?) couche de poussière blanche, façon talc mais en moins glamour, et j'étais totalement défoncée. Mais bon, j'étais contente.
La fois d'après, Raph s'est coltiné le nettoyage de la poussière de plâtre, et la pose de la sous-couche spécial carrelage. Comme il n'a vraiment pas l'habitude du bricolage, il s'est rendu fou avec le pinceau, qui perdait ses poils (parce qu'il ne mettait pas assez de produit, donc quand il étirait, ça accrochait). J'ai fini le boulot mais je l'ai quand même pris en photo, pour prouver qu'il a bel et bien participé aux opérations (même si en vrai, là il nettoie les bavures au sol...).
Enfin ce petit produit est fabuleux, tout de suite le carrelage a fait plus propre. D'ailleurs c'était marrant, ça donnait une impression de lumière poudreuse, comme si on rentrait dans une pièce de laboratoire pendant une expérience d'atomisation-désintégration de la matière (enfin j'imagine).
Après, ma foi, on a repeint le carrelage, puis le plafond, les murs, les tuyaux et la porte, deux couches à chaque fois, sauf le plafond parce que je commençais à en avoir plein le cul. Et puis j'ai raccroché le rideau de douche, les patères, le tableau - ah ouais mais non, en fait il rend mieux là où il était avant.
Et puis y a eu aussi ce dimanche midi où j'ai scié la planche que j'avais prévu comme étagère mais qui était trop grande, mais en fait c'était nickel parce que le grand bout est venu s'accrocher au-dessus du chiotte, et le petit bout a servi d'étagère entre le chiotte et le mur pour poser le pq, et j'ai pu ranger tous mes produits et mes boites sur l'étagère dans un joli assortiment de rouge.
Et puis après, j'ai gratté toutes les tâches de peinture, d'enduit et de plâtre qui menaçaient de s'incruster sur le lino, et après ça, j'ai copieusement insulté le pistolet à mastic qui marche pas et donc j'ai pas pu mastiquer le bord du lavabo (y a toujours le scotch pour protéger le mur, un jour peut-être...).
Et puis après d'après d'après, j'ai décidé que c'était fini. Et voilà !
P'têtre bien que je ferais une crémaillère de salle de bains, pour marquer le coup. En attendant, le bricolage, je fais un break !