où ça chie dans le potage
Ah, ça faisait un moment qu'il n'y avait pas eu d'anecdote estampillée "job de merde" sur ce blog, et c'est pas que ça commençait à manquer, mais l'occasion est trop énorme pour la rater, et ma plume vengeresse va se faire un plaisir de tailler un costard maison à mon cher employeur.
Aujourd'hui, je devais aller voir ma petite centenaire dans la maison de repos où elle se remet de son hospitalisation pour une infection pulmonaire début mai (comme si un bâtard de virus allait l'achever comme ça, non mais). Problème, la maison de retraite est à Allauch [nord-est de Marseille, Juliette, genre Villeurbanne mais beaucoup plus chic], et je n'ai pas l'adresse. Emmanuelle (qui remplace ma bien-aimée Sophie, en dépression prolongée) ne l'a pas non plus, et n'est pas spécialement pressée d'appeler l'infirmière de mme S pour avoir les coordonnées. Ok, j'ai l'habitude et le numéro de portable de l'infirmière, donc en sortant de chez mme V à deux heures moins le quart, je l'appelle. Elle ne connait que le nom de la maison de repos, et comme elle est à Metz, elle ne peut pas grand chose pour moi... Bizarre, ce plan foireux, on n'est pourtant pas lundi.
Je décide donc de passer au bureau pour qu'on me cherche l'adresse de cette put*** de maison, plutôt que de passer chez moi où je risque de m'attarder juste pour le plaisir. Bien. Vanessa, la nana de l'accueil, me sort l'adresse illico (mais pourquoi ne l'a-t-elle pas filé à Emmanuelle, et pourquoi cette dernière ne m'a-t-elle pas téléphoné, bordel de merde). Nantie de mon petit plan de Marseille et ses environs, je pars le coeur confiant vers la Rose, après, quand même, un petit arrêt à l'Authentique [un méchant burger à l'ancienne qui déchire d'la balle], histoire de ne pas tomber dans les vapes en baladant ma centenaire.
J'arrive très fière au rond-point qui marque l'entrée d'Allauch, en me disant que ma vraie mission commence ici (jusque là, trop facile, je connaissais la route...). Et là, coup de sifflet, garez-vous mademoiselle, contrôle des papiers du véhicule, veuillez couper le contact, merci. Arf. Je pensais que les flics n'arrêtent pas les voitures de fonction, eh ben si. En même temps, ma conduite est irréprochable (tant qu'on ne m'entend pas gueuler dans la voiture contre le pébron de devant qui a intérêt à bouger sa chiotte avant que je lui arrache le pare-chocs avec les dents), je suis attachée, le portable dans le sac, le sandwich fini depuis un bail, les lunettes sur le nez, le cligno sur les starting-blocs, bref, je ne risque pas grand chose. Et ben BINGO. Le contrôle technique de la voiture aurait du être fait depuis fin mars... Bilan, 90 euros d'amende à payer sous trois jours (sinon ça grimpe direct à 135), une semaine pour faire le contrôle technique et ramener le papier au commissariat d'Allauch, et bien sûr une mission annulée, parce que s'il m'arrive quoi que ce soit en voiture, l'assurance ne payera pas. Ah, l'était contente la responsable des véhicules, quand je me suis pointée au bureau vers quatre heures (le temps de faire le tour du rond-point où j'étais arrêtée, et de rentrer tout droit en ville). Parce que l'amende, c'est pas pour moi, faut pas déconner.
Après, je vais en face, au pôle gestion, pour signaler à Emmanuelle qu'il fallait noter sur mon planning une heure de déplacement pour mission annulée. Et là, le directeur arrive, lui fond en larmes sur l'épaule et lui demande à genoux si elle peut appeler son chéri, flic à Noailles, pour qu'il essaie de sucer un peu ses collègues banlieusards et de faire sauter l'amende... J'extrapole un peu, mais il était furax, la bagnole sortait de révision et c'est la seule qui a plus de quatre ans, le garagiste aurait pu faire gaffe, etc. Comme je sais que c'est moche de tirer sur l'ambulance, je me suis soigneusement abstenue de lui dire qu'avant de me faire des réflexions sur l'état de ma carrosserie, il ferait mieux de vérifier les papiers de ses véhicules.
Oui, parce que jeudi dernier, quand j'ai appelé le bureau pour prévenir que j'allais venir chercher ma voiture, on m'a répondu que oui mais non, parce que la mienne était en révision, que c'est la femme du directeur qui avait le dernier véhicule de libre, et que d'ailleurs ce dernier était fou furieux de l'état de ma carrosserie, c'est un scandale, le seul véhicule aussi abimé, si ça continue les réparations seront déduites de mon salaire, qui n'y suffira pas parce que les garages sont hors de prix, et je vais me retrouver virée, et je serais à la rue, donc j'ai salement intérêt à faire gaffe. Comme j'avais évoqué, lors d'une réunion entre accompagnatrices, la question d'avoir un badge pour garer mon véhicule sous le bureau plutôt que de le faire dormir dans les rues mal famées du centre-ville, et qu'il avait dit qu'il y réfléchirait et me tiendrait au courant, je l'emmerde profondément, mais ça m'a quand même fait un peu flipper.
Pour me permettre, tout de même, de bosser pour mon premier jour de reprise du boulot, on m'a filé un kangoo, mais pas le badge pour le sortir du parking souterrain où il était garé. Je sais pas si c'est les explications de la responsable qui n'étaient pas claires, ou moi qui entamais doucement ma digestion, mais je me suis perdue dans ce putain de garage de merde. J'ai passé vingt minutes à y tourner en rond, dont les dix dernières en larmes et au bord de la crise de nerfs, paumée au milieu des sous-sols tous identiques et très très mal identifiés, pour finalement trouver le kangoo complètement par hasard, et gratter un type qui entrait dans le parking pour qu'il veuille bien me faire sortir avant que je commence vraiment à partir en couilles. Tu parles d'une reprise après quinze jours pépouze à bidouiller des perles...
Après, histoire de profiter de la vie, je suis allée diner chez mon père à Aix le samedi, et j'ai récupéré ma mère et Arnaud, son chéri, qui dinaient eux aussi à Aix, pour qu'on rentre ensemble at home. Et là, l'hallu. L'orage a commencé quand ils sont montés dans la voiture, place du Palais de Justice, et s'est arrêté à l'entrée de Marseille, à hauteur de la sortie Cinq-Avenues. Entretemps, j'ai roulé à 30 km/h, j'ai puissamment regretté qu'il n'y ait pas une douzième vitesse d'essuies-glaces, je me suis arrêtée purement et simplement les deux fois où un connard m'a doublée au taquet, enfouissant mon pare-brise sous cinq bons centimètres de flotte, j'ai remercié le gars derrière d'avoir gardé ses distances de sécurité, j'ai fait joujou avec les warnings pendant la moitié du trajet, je me suis tué les yeux à essayer de distinguer les phares de la voiture de devant et les pointillés de chaque côté de la voiture, et j'ai pu admirer à plusieurs reprises un phénomène spectaculaire : deux voies d'autoroute transformées en piscines sur trente mètres, faute d'évacuation suffisante des eaux torrentielles. On a croisé au bas mot cinq bagnoles qui avaient noyé leur moteur en tentant la traversée de ces piscines (les fous). En arrivant à Marseille, tout s'est arrêté, et on a plaint les pauvres gus qui partaient vers Aix, inconscients du marasme dans lequel ils allaient s'enliser. J'étais bien contente d'aller retrouver un doudou et un lit tout chauds...
Je décide donc de passer au bureau pour qu'on me cherche l'adresse de cette put*** de maison, plutôt que de passer chez moi où je risque de m'attarder juste pour le plaisir. Bien. Vanessa, la nana de l'accueil, me sort l'adresse illico (mais pourquoi ne l'a-t-elle pas filé à Emmanuelle, et pourquoi cette dernière ne m'a-t-elle pas téléphoné, bordel de merde). Nantie de mon petit plan de Marseille et ses environs, je pars le coeur confiant vers la Rose, après, quand même, un petit arrêt à l'Authentique [un méchant burger à l'ancienne qui déchire d'la balle], histoire de ne pas tomber dans les vapes en baladant ma centenaire.
J'arrive très fière au rond-point qui marque l'entrée d'Allauch, en me disant que ma vraie mission commence ici (jusque là, trop facile, je connaissais la route...). Et là, coup de sifflet, garez-vous mademoiselle, contrôle des papiers du véhicule, veuillez couper le contact, merci. Arf. Je pensais que les flics n'arrêtent pas les voitures de fonction, eh ben si. En même temps, ma conduite est irréprochable (tant qu'on ne m'entend pas gueuler dans la voiture contre le pébron de devant qui a intérêt à bouger sa chiotte avant que je lui arrache le pare-chocs avec les dents), je suis attachée, le portable dans le sac, le sandwich fini depuis un bail, les lunettes sur le nez, le cligno sur les starting-blocs, bref, je ne risque pas grand chose. Et ben BINGO. Le contrôle technique de la voiture aurait du être fait depuis fin mars... Bilan, 90 euros d'amende à payer sous trois jours (sinon ça grimpe direct à 135), une semaine pour faire le contrôle technique et ramener le papier au commissariat d'Allauch, et bien sûr une mission annulée, parce que s'il m'arrive quoi que ce soit en voiture, l'assurance ne payera pas. Ah, l'était contente la responsable des véhicules, quand je me suis pointée au bureau vers quatre heures (le temps de faire le tour du rond-point où j'étais arrêtée, et de rentrer tout droit en ville). Parce que l'amende, c'est pas pour moi, faut pas déconner.
Après, je vais en face, au pôle gestion, pour signaler à Emmanuelle qu'il fallait noter sur mon planning une heure de déplacement pour mission annulée. Et là, le directeur arrive, lui fond en larmes sur l'épaule et lui demande à genoux si elle peut appeler son chéri, flic à Noailles, pour qu'il essaie de sucer un peu ses collègues banlieusards et de faire sauter l'amende... J'extrapole un peu, mais il était furax, la bagnole sortait de révision et c'est la seule qui a plus de quatre ans, le garagiste aurait pu faire gaffe, etc. Comme je sais que c'est moche de tirer sur l'ambulance, je me suis soigneusement abstenue de lui dire qu'avant de me faire des réflexions sur l'état de ma carrosserie, il ferait mieux de vérifier les papiers de ses véhicules.
Oui, parce que jeudi dernier, quand j'ai appelé le bureau pour prévenir que j'allais venir chercher ma voiture, on m'a répondu que oui mais non, parce que la mienne était en révision, que c'est la femme du directeur qui avait le dernier véhicule de libre, et que d'ailleurs ce dernier était fou furieux de l'état de ma carrosserie, c'est un scandale, le seul véhicule aussi abimé, si ça continue les réparations seront déduites de mon salaire, qui n'y suffira pas parce que les garages sont hors de prix, et je vais me retrouver virée, et je serais à la rue, donc j'ai salement intérêt à faire gaffe. Comme j'avais évoqué, lors d'une réunion entre accompagnatrices, la question d'avoir un badge pour garer mon véhicule sous le bureau plutôt que de le faire dormir dans les rues mal famées du centre-ville, et qu'il avait dit qu'il y réfléchirait et me tiendrait au courant, je l'emmerde profondément, mais ça m'a quand même fait un peu flipper.
Pour me permettre, tout de même, de bosser pour mon premier jour de reprise du boulot, on m'a filé un kangoo, mais pas le badge pour le sortir du parking souterrain où il était garé. Je sais pas si c'est les explications de la responsable qui n'étaient pas claires, ou moi qui entamais doucement ma digestion, mais je me suis perdue dans ce putain de garage de merde. J'ai passé vingt minutes à y tourner en rond, dont les dix dernières en larmes et au bord de la crise de nerfs, paumée au milieu des sous-sols tous identiques et très très mal identifiés, pour finalement trouver le kangoo complètement par hasard, et gratter un type qui entrait dans le parking pour qu'il veuille bien me faire sortir avant que je commence vraiment à partir en couilles. Tu parles d'une reprise après quinze jours pépouze à bidouiller des perles...
Après, histoire de profiter de la vie, je suis allée diner chez mon père à Aix le samedi, et j'ai récupéré ma mère et Arnaud, son chéri, qui dinaient eux aussi à Aix, pour qu'on rentre ensemble at home. Et là, l'hallu. L'orage a commencé quand ils sont montés dans la voiture, place du Palais de Justice, et s'est arrêté à l'entrée de Marseille, à hauteur de la sortie Cinq-Avenues. Entretemps, j'ai roulé à 30 km/h, j'ai puissamment regretté qu'il n'y ait pas une douzième vitesse d'essuies-glaces, je me suis arrêtée purement et simplement les deux fois où un connard m'a doublée au taquet, enfouissant mon pare-brise sous cinq bons centimètres de flotte, j'ai remercié le gars derrière d'avoir gardé ses distances de sécurité, j'ai fait joujou avec les warnings pendant la moitié du trajet, je me suis tué les yeux à essayer de distinguer les phares de la voiture de devant et les pointillés de chaque côté de la voiture, et j'ai pu admirer à plusieurs reprises un phénomène spectaculaire : deux voies d'autoroute transformées en piscines sur trente mètres, faute d'évacuation suffisante des eaux torrentielles. On a croisé au bas mot cinq bagnoles qui avaient noyé leur moteur en tentant la traversée de ces piscines (les fous). En arrivant à Marseille, tout s'est arrêté, et on a plaint les pauvres gus qui partaient vers Aix, inconscients du marasme dans lequel ils allaient s'enliser. J'étais bien contente d'aller retrouver un doudou et un lit tout chauds...
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