Bricol Girl prend du level
Rencontrant mon proprio pour l'état des lieux, et devant la propreté nickel de l'appart, je lui demande inopinément ce qu'il pense des trous dans les murs - après tout, il a été cool sur le chat et la clope (interdits en clauses particulières du bail mais acceptées après que je lui ai dit que dans ce cas-là je ne voyais pas trop comment je pourrais louer son appart). Il me répond que soit je les rebouche, soit je laisse les étagères si "le résultat est joli".
Forte des nombreuses planches que mes co-déménageurs ont gentiment trimballées, et de ma mezzanine invendue dans laquelle je ne veux plus dormir (dommage, à la réflexion, car si Lumi va avoir du mal à y grimper un jour, ça aurait peut-être déjà été le cas pour les araignées ?), et après avoir intensément cogité pour optimiser l'utilisation des pièces, pas tout à fait ce que j'avais espéré, je décide de m'attaquer à la fabrication d'un dressing, un vrai, un beau, et surtout un pratique, dans lequel je puisse rassembler toutes mes fringues, pour être à pied d'oeuvre à la rentrée.
Le point de départ est comme ça :
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Le secret d'un bricolage sans prise de tête réside dans une planification soignée du matériel et du plan de travail, je joue donc du mètre et du stylo avant d'empoigner mon vibro préféré, celui avec un foret de 8 (le fameux), et je m'installe un petit établi sans prétention.
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Et puis ma foi, quand faut y aller faut y aller, j'attaque la découpe, les planches à la sauteuse, les tasseaux à la scie manuelle, je cogite les bonnes vis, les bonnes longueurs, le bon ordre de perçage, vissage, repérage, et c'est parti.
Premier trou dans le mur, première surprise, mon foret rentre comme dans du beurre mou, et ressort chevelu. ??? Ah, mais parce que ça n'est pas la bonne vieille brique marseillaise, ni même un pénible béton des familles, mais du placo, autrement dit, cinq millimètres de plâtre et dix centimètres de laine de verre. Donc quand tu mets une cheville dans le trou, ben elle tombe dans le mur. Qu'à cela ne tienne, Bricol Girl avait acheté des chevilles spéciales pour ce genre d'artefact, c'est le moment de les rentabiliser. Moui, en théorie c'est toujours magique...
Je peste contre la vis que quand tu tires dessus avec la pince elle vient mais sans replier la cheville parce qu'elle a été trop dévissée, que quand tu veux la revisser à travers le tasseau faut reforer un trou dedans avec du 4 parce que la vis est plus épaisse que les normales donc que le 2 suffit pas, et que quand tu réussis à enquiller cette put*** de vis à travers le tasseau et la cheville, tu galères pour retrouver le bout fileté de cette dernière, ça part en biais, la perceuse en mode visseuse ripe et défonce le pas de vis parce que le bois du tasseau est trop dur, même reforé, bref, quand ça marche c'est bien, mais j'ai plus confiance dans mes montants latéraux que dans ces "Molly" un peu chiantes pour ce qui est de supporter le poids de mon barda.
Je peste aussi parce que prendre des mesures au millimètre c'est bien, couper les planches avec méticulosité en faisant assaut d'ingéniosité pour éviter de perdre un doigt quand on a qu'un seul serre-joint et une toute petite planchette à couper, c'est bien aussi, capter que la sauteuse est prévue pour les droitiers et que si tu coupes de la main gauche ça part en vagues, toujours bien, reprendre les mesures au millimètre avant de visser, ça gère, et au final, putain de bordel de merde, pourquoi ça rentre pas ?!?!?
Eh bien tout est de traviole, parce que mes planches sont voilées et que ni les murs, ni le sol, ni les angles ne sont droits - le charme de l'ancien...
J'attaque ensuite le montage de la mezzanine, dont on voit un pan déjà monté. Évidemment, c'est le mauvais côté que j'ai assemblé et positionné en premier, autrement dit celui où si je fixe la barre de maintien latérale, je ne peux plus passer dessous. Mais bon, ça glisse facilement sur le carrelage, suffit de penser à bien tenir le haut, si on oublie que c'est là qu'il y a le poids, on risque une bonne commotion cérébrale quand le truc décide de faire sa vie.
Pour la petite anecdote, Harold et André se sont tous les deux coltiné ce montage en solo, et ils ont bien galéré. Je ne sais pas comment ils se sont débrouillés au moment fatidique de l'assemblage des deux côtés par la barre de maintien latérale et les deux madriers du sommier, qui font bien vingt kilos pièces. Sur le plan de montage, Ikéa recommande d'être trois pour la manip, un par côté et un autre pour les poutres. Moi j'ai grugé, avec le mur, et surtout, eh eh, avec les innombrables cartons à ma disposition - ça fait des cales très efficaces, d'où l'intérêt d'avoir plein de bouquins à emballer :)
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Au final, ça m'a pris deux jours, j'ai tellement forcé pour visser tout ce bordel que je peux ouvrir les huitres à main nue, j'ai craché de la sciure pendant trois jours de plus, et je doute que le propriétaire trouve le résultat "joli", mais j'ai un dressing de compétition !!






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