argh...

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Nous sommes en 2014, l'injonction principale est "Partage ma vie et ses détails peu râgoutants", tant pis pour vous :)
 
Adonc hier soir, ayant terminé avec brio la publication de quelques photos, j'allai me coucher, mes neurones et mes nerfs ayant bien mérité un peu de répit après cette journée de prise de tête informatique. Je m'installe donc sur le lit, et constate avec curiosité la présence d'une intéressante et nouvelle tâche sur ma cuisse gauche - nouvelle, parce que manifestement pas là la veille, et intéressante, parce que si sur l'autre cuisse, il y a une zone sinistrée comportant un bleu, une croûte, deux égratignures et un genre de brûlure, sur l'autre, à part un grain de beauté, calme plat. Curiosité, parce que la tâche en question est composée d'un rond rouge et d'un tout petit point noir au centre, et que contrairement à cette description, ça n'est pas un bubon, ni une séquelle de planté de griffe, Lumi ayant été du genre collante mais câline ces derniers jours, ni même une écharde enflammée, je n'ai plus touché de bois depuis deux jours (des fois faut un peu se sevrer pour garder le plaisir intact). Je m'approche donc de ma table de chevet (oui, comme les vieilles, d'ailleurs je prends de l'âge, il y a des signes qui ne trompent pas, j'ai collé des patins sous les pieds de mes meubles...), pour profiter de la lumière de la lampe. Et là, ARGH, donc. Une grosse araignée fait le pied de grue sur le rebord de la table, à deux centimètres de là où je viens de poser mon bouquin.
 
Alors, c'est pas que j'aime pas ça, hein, j'ai rien contre en général, ce sont des bestioles plutôt inoffensives et totalement fascinantes, j'ai souvenir d'un excellent reportage que la mère des frangins m'avait laissé regarder intégralement (avant de droper le suivant, sur les méduses). Nan, c'est juste que dormir avec, c'est l'étape que je ne suis pas encore prête à franchir, sans doute qu'à minuit moins vingt mes aptitudes à l'entomologie amateur sont un peu émoussées. Et puis ça n'est pas un sympathique faucheux, qu'on rencontre plus souvent dans les angles de plafond, non, c'est un gros machin trapu manifestement à l'affût de chair fraiche.
 
Mon premier réflexe a donc été bien évidemment de la prendre en photo, d'où l'en-tête de ce billet. Après, plus classiquement, je l'ai balancée par terre d'un coup de feuille, où elle m'a fait une interprétation de "La Morte" digne d'une diva milanaise (en plus silencieux), ce qui ne m'a pas empêchée de la caler sous un verre, puis d'embarquer le tout jusqu'à la fenêtre - elle a bien écarté les pattes en sentant un courant d'air mais je ne lui ai point épargné le vol sans filet du haut du deuxième étage.
 
Encore après, j'ai passé trois quart d'heure à psychoter sous la couette façon Stephen King, et si en vrai elle avait posé un fil sur la feuille juste avant de tomber et que du coup elle serait remontée en douce avant que je ferme la fenêtre et que là en fait elle était revenue à la même place pour attendre que je m'endorme avant de venir assouvir sa vengeance... Et si en fait la tâche suspecte sur ma cuisse était un nid de ponte et que des bébés arachnides allaient en sortir dans les prochains jours ?? Et j'en ai rêvé cette nuit, sauf que comme j'ai re-regardé les photos de l'aquarium de Lyon il y a quelques jours, dans mon rêve c'était plutôt un gros poulpe qui était coincé sous le verre - fascinant et inoffensif aussi, quoiqu'un tout petit plus impressionnant - encore que, ça se discute, en voyant la photo j'ai le frisson qui revient...
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argh...

Publié dans petites histoires

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