Evidemment, à force de bosser comme une forçate avec un lumbago depuis deux mois, je suis arrivée en larmes à ma consultation du lundi et le toubib m'a arrêtée une semaine, après m'avoir copieusement acupuncturée et massée et consolée. Pourtant, ô joie, depuis samedi matin, j'ai plus mal en bas à gauche, le lumbago a fini par lâcher l'affaire. Il a juste passé le mot à tous ses collègues : muscles, vertèbres et nerfs, tout ce que mon dos compte de joyeux lurons potentiellement dolorogènes s'est allègrement crispé - à l'exception notoire des cervicales, merci les filles, j'apprécie vraiment l'attention... Donc ça fait quatre jours que j'en chie des ronds de chapeau. Samedi midi, après une demi-heure d'autoroute en larmes entre La Ciotat et La Valentine, j'ai gratté des décontractants et des antalgiques à la mère de mon patient, ce qui m'a permis de l'accompagner à Plan-de-Campagne, et de passer une aprèm sympa malgré le froid, dont on s'est préservés en visitant le X Center, Street Stock et Décathlon. Au retour, re-Lamaline et Myolastan (j'ai lâchement abandonné les frangins de Mimet, à un moment faut arrêter le masochisme), puis dodo, puis réveil, re-cachets, re-dodo, re-réveil, re-crise de larmes, et Topalgic 200mg, l'artillerie lourde mais fallait au moins ça, même si j'aime pas trop parce qu'après je vomis tout ce que je mange pendant deux jours. Las, cet artefact super pour le régime s'est avéré inefficace, à part que j'étais dans le cosmos toute la journée de dimanche - je soupçonne la plaquette d'être périmée, j'ai mangé le soir-même et rien recraché.
Depuis, le rituel est immuable : je me réveille, je m'étire précautionneusement, je descends très lentement de la mezzanine, je vais faire mon petit pipi matinal, je tousse un bon coup, je hurle, je remonte en rampant dans le lit, je pleure une demi-heure parce que la toux m'a tout contracté et que la douleur lance au petit bonheur la chance des piques de fer rouge un peu partout - vous voyez, les muscles du ventre qui font mal quand on rigole trop ? Eh ben même là, sauf que je rigole pas un brin. Après, j'arrive à me rendormir (en changeant d'oreiller, histoire d'éviter la flaque de larmes et de bave), et puis ben faut bien se lever, au final.
Ma mère, passée hier soir m'apporter les légumes de l'Amap, me dit "n'en profite pas pour faire ta cuisine à fond, hein, repose-toi !". Bah j'aimerais bien, mais la position allongée ça fait mal, la position assise aussi (là c'est vraiment parce que j'avais envie de me défouler sur le blog que je me coltine l'ordi), et se reposer debout, je sais pas vous mais moi j'ai un peu du mal avec le concept. Et comme des ramoneurs sont encore venus démarcher ce matin, j'ai dit allez, c'est bon, décrassez les tuyaux une bonne fois pour toute, c'est toujours ça de moins qui me saoûlera, et du coup, fatalement, après, ben j'ai fait le grand ménage :) En même temps, pouvez-vous imaginer la frustration d'avoir une semaine de vacances forcées, et d'être incapable de rester tranquille le cul vissé sur un siège ? Je ne peux pas regarder les derniers épisodes des Misfits et de Sherlock Holmes, ni faire des parties de trois heures de Mushroom Madness, ni me plonger dans la trilogie infernale de Maxime Chattam, ni bidouiller des bijoux à mon établi. Non, j'en suis réduite à faire de la purée de butternut, de la soupe de carottes et la poussière dans le salon pour éviter de me faire vraiment trop chier. Et ne me parlez pas de sortir, vous avez vu ce temps de merde ?! Chui bien contente d'avoir fait provision de tabac et de pain en allant à la Poste hier pour envoyer mes feuilles de mission au bureau. La bonne nouvelle, c'est que vous pouvez venir diner quand vous voulez, pour une fois que je rentre pas à des heures indécentes :)
