Tarare

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Je n'ai point rendu justice à Tarare et ses chaleureux habitants, et il me semble avoir l'inspi, donc allons-y.
Tarare est situé sur la célébrissime Nationale 7, chantée par Trenet, honorée par Jean-Pierre Sinapi dans un excellent petit film, et sujet d'un blog au look délicieusement rétro, bref, notre Road 66 bien d'cheu nous.
A Tarare, la Nationale 7 passe devant l'église Sainte Madeleine, donc sous les fenêtres de Jean-Marc et Cécile, qui peuvent ainsi occuper les après-midi pluvieux à jouer à qui verra le plus gros camion. Cette église massive de style greco-dix-neuvième, très bien restaurée et ornée sur la façade arrière d'un trompe-l'oeil en hommage à Henri Grouès, plus connu sous le nom de l'Abbé Pierre (paske sa maman était née ici), est à mon sens une des raisons pouvant expliquer le périclitement de la foi catholique ces dernières décennies - mais ça fait une belle vue depuis la fenêtre de la chambre.
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Tarare
Tarare aime les grands monuments. La deuxième église, encore plus énorme puisque composée de deux constructions distantes d'un siècle ou deux, accollées tel l'équivalent architectural d'un hybride suspect entre le chameau et la vache, s'appelle hélas Saint-André :) Elle est d'autant plus gigantesque que sise sur une hauteur, et sa fréquentation dominicale a du coller des cauchemars à plusieurs générations de petits écoliers (non, je ne suis pas d'un anticléricalisme primaire, c'est même pas vrai !).
Tarare est également nantie, en plus d'un cinéma à la façade très arty, d'une halle aux fruits et légumes couverte d'une superbe charpente en bois et tôle.
Tarare
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Elle comporte en somme un charmant mélange d'architectures diverses et variées, que je n'ai malheureusement pas pu immortaliser, ayant découvert à l'occasion de ce voyage qu'une batterie d'appareil photo, grossière escroquerie, se vide même si on ne s'en sert pas - et qu'on compte sur elle pour seconder la première, qui fut fortement rentabilisée. 
Last but certainly not least, Tarare héberge enfin et surtout, perles des perles, Jean-Marc et Cécile, vous l'aurez compris, mais ils méritent mieux qu'une citation anecdotique.
 
Jean-Marc, initialement compagnon tapissier en meubles, s'est reconverti avec le plus grand succès dans l'informatique, et tient à l'heure actuelle une boutique en ligne (la boutique zen et déco), pleine d'objets allant du pendantif tête de mort à la bougie façon corail, à des prix défiant toute concurrence, et avec un enthousiasme des plus extravagants. Celui-ci, couplé à une générosité savament dissimulée sous l'argument choc que "Ca vide les stocks d'invendus", permet qu'on lui pardonne de porter des chaussures italiennes à bout pointu et surpiqûres :) Par ailleurs, il équeute remarquablement bien les radis - ça n'a l'air de rien, mais quand un spécimen canin apparenté au fox à poil ras fait des bonds sur la table pour avoir sa part, ça devient sportif. Car oui, Humba déborde de marques d'affection pour les radis, les concombres, le pain de mie grillé (il hurle à la mort dès que le grille-pain fait clonk, le matin au réveil ça déstabilise un peu), et aussi, quand même, bien sûr, les invités de ses maitres. En chien bien élevé, il ne sent pas le cul (celui des gens, hein, le sien, c'est son affaire), et pourquoi donc d'ailleurs, quand trois jours de linge sale sont à portée de truffe au milieu de notre paquetage, ça m'apprendra à m'étaler :)
 
Cécile, souriante prof de danse moderne, mérite quant à elle très largement une mention honoraire en tant que représentante extra-départementale du club des couineuses, vu l'accueil typiquement wouhou dont elle nous a gratifiés à notre arrivée au centre d'activité où elle exerce - iiiiiiiiiiii c'est-mon-beau-frère-et-ma-belle-soeur-de-marseille iiiiiiiiiii !!! (personnellement, j'adore, et ça m'a beaucoup touchée, même si les mamans venues chercher leurs filles m'ont paru un peu plus dubitatives...). Elle a comme deuxième talent (en plus de porter exclusivement des tee-shirts Tooka pour donner ses cours) de parler avec humour des choses difficiles de l'existence, telles l'absence d'humanité des diététiciennes anorexiques, l'incrédulité de se retrouver adulte et heureuse dans le bled qu'on s'était juré de fuir étant enfant, ou l'amère déception de constater que non, même à quatre, même après un apéro végétarien, on ne finira jamais les deux kilos cinq de tourte aux fruits de mer et béchamel maison. Et puis, j'ai bien senti la fille capable de croire elle aussi au coup des coquelicots dans les champs de blés, un genre de naïveté non point stupide, mais rétive à toute idée de sophistication blasée, celle qui empêche d'apprécier le vol d'un papillon, la magie de la première neige, ou la réussite gustative du flanc de courgettes de l'excellent restaurant traditionnel où on a déjeuné le jeudi.
[pour la petite note, Cécile, cette petite présentation est une tentative à rapprocher des articles To the happy few, donc un peu raccourcie, mais pleine entre les lignes d'une indéniable envie de faire plus ample connaissance :) ].
 
Voilà, maintenant vous aurez quelques bonnes raisons de savoir situer Tarare sur une carte de France, et dans le prochain article, nous étudierons une fois de plus la géographie du Verdon.

Publié dans balades_Tarare

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C
<br /> <br /> que dire de cet article... suis touchée et émue...<br /> <br /> <br /> J'ai moi aussi très envie de te connaître mieux et la 1/2 heure passée ensemble au téléphone m'a paru 5 minutes !<br /> <br /> <br /> A très vite !<br /> <br /> <br /> Cilou<br /> <br /> <br /> <br />
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