pfiou...
Et voilà passé le premier des deux gros mois d'été, avec un nouveau record puisque je dépasse les 210 heures - j'ai cru un instant que je ne faisais que 37 heures cette semaine, mais c'est parce que les 7 heures d'aujourd'hui étaient sur le planning d'août, forcément, ah ah. En même temps, le boulot en soi n'est pas trop pénible, peu de transferts à part les deux frangins de Mimet le samedi soir, peu de ménage soit par manque de temps soit que les collègues de nuit s'en chargent, et puis y a des chatons à Gignac, des challenges au scrabble le jeudi, des glaces dans les centres commerciaux le samedi aprèm, on peut pas dire que ça soit éreintant physiquement. Pourtant je rentre épuisée un soir sur deux, parce que mine de rien treize heures consécutives d'attention et de concentration sur l'état des patients, et ma patiente principale qui va de plus en plus mal, c'est chaud à tenir. Et puis ça va pas s'arranger, parce que les responsables, bien que nous ayant prévenues que vu l'importance du dossier Allauch, c'était pas garanti qu'on ait les congés aux dates demandées, ben elles ont réussi ce prodige de mettre quatre filles en vacances en même temps sur une équipe de sept, ce qui signifie que je suis la seule restante pour intervenir en journée entre le 10 et le 30 août, et qu'il n'y en a que deux pour se partager les nuits... Sachant que même si je n'avais pas six patients par semaine en plus des deux d'Allauch, ça serait juste impossible de faire du 8h-21h sept jours d'affilée pendant trois semaines, ou alors on me décuple la paye et on m'offre un mois de vacances en Nouvelle Zélande après (donc non, ça n'est pas possible).
Le pénible aussi, c'est la route, mais ça occasionne des anecdotes intéressantes. Mardi soir, on rentre d'une visite à la maman d'André. Arrivés en haut de Libé, deux voitures s'arrêtent pour tourner à gauche vers Sébastopol, donc je dépasse précautionneusement par la droite, c'est prévu pour, et là, un cycliste sorti de nulle part tente de se faufiler et cogne mon rétro. Je m'arrête après avoir vérifié que la voiture derrière moi ne va pas me rentrer dans le cul (un quart de seconde), je remets le rétro en place pour voir si j'aperçois le cycliste dedans en même temps que je demande tout fort "Ca va ?!" (une demi-seconde), et là le gars me dépasse et me fait d'un air blasé "Mais c'est ça, vous arrêtez pas, en plus". ??? Mais ??? Je SUIS arrêtée, connard !!! Alors, sous prétexte que les trois-quarts des automobilistes marseillais sont des hors-la-loi irrespectueux, c'est moi qui me fais insulter ?! Nan mais c'est comme si je décrétais que tous les cyclistes marseillais sont des trous du cul, juste parce que la dernière fois que j'en ai doublé un et que j'ai serré à gauche pour qu'il puisse remonter la file par la droite jusqu'au feu, cet enfoiré m'a doublé par la gauche en me disant qu'il faudrait voir à me serrer un peu pour lui laisser la place de passer - eh ducon, t'as qu'à passer du bon côté, au lieu d'aller te coller au milieu d'une voie à double sens !! Putain, ils sont presque pire que les kékés en scooter, à rouler sans lumière ni réflecteurs, à dépasser n'importe comment et à zigzaguer au démarrage, et en plus on se fait jeter quand on prend de leurs nouvelles. Et merde, moi les deux-roues y en a un sur trente-six qui me dit merci, et ça m'empêche pas de me déporter à chaque fois que j'en vois un arriver, merde ! Oui, double merde, et re-merde, d'abord ! A un moment, ça serait bien d'être un peu moins dans le constamment revendicatif, et un peu plus dans le respect du code de la route, merde !
Mercredi matin, plus fun, chasse aux chatons sous la voiture, j'enlève le rouquin, je le monte à sa mère, je redescends chercher la grisette, mais y a le noir fauve qui a pris la place du premier, le temps que je chope ces deux-là, le rouquin était revenu se planquer, un peu plus sous le moteur histoire que je galère à plat ventre, bref, dix minutes de fou rire avant de les ramasser, et une pétoche de tous les diables en démarrant à l'idée qu'il y en ait eu un pour me faire un coup de gambi et revenir s'atapiner furtivement derrière une roue le temps que je m'installe au volant.
Jeudi matin, départ pour Ensuès, je prends l'autoroute histoire de changer un peu - nan parce que la semaine précédente, la route de l'Estaque coincée derrière une auto-école qui cale au feu et ne dépasse pas le trente à l'heure, ça m'a gonflé. Bref, autoroute, pouf pouf ah ben mince je tombe sur la réserve, en même temps t'as une jauge c'est pas juste pour faire joli, donc par mesure de précaution je m'arrête sur l'aire juste avant la sortie, et là, gloups, 1e270 le litre de gasoil, je pense que c'est la palme annuelle de la pompe la plus chère du département. Bon, va pour 20 euros, j'aurais de quoi tenir un peu, et là le gars à la caisse qui me fait "Quoi, vous venez chez moi pour mettre que ça ?" - euh, vu le prix de ton essence, mon ami, estime-toi heureux qu'il y ait des gens nécessiteux qui n'ont pas le temps d'aller ailleurs...
Jeudi aprèm, je sors de mes quatre heures de scrabble, le patient s'est calmé depuis jeudi dernier, ouf, et ma voiture est, mais oui, encore plus sale qu'à mon arrivée, les minots de la cité ayant subrepticement organisé un concours de lancer de boue sur mon capot - et un gabian m'ayant lâché une énorme fiente au-dessus de l'essuie-glace, sans doute un genre de médaille attribuée au pare-brise le plus sale de la ville.
Vendredi matin, départ pour la campagne roquevairoise, mauvais souvenir vu que mappy m'avait fait traverser la forêt la seule fois où je suis allée bosser dans le coin, et de fait, c'est encore dans la cambrousse, la mémé me dit "Il y a un mur de pierre de cinq ou six mètres de long sur deux de haut et c'est en face", ben comment te dire, madame, le mur en question en fait il longe la route sur deux kilomètres, il me faudrait un peu plus de précision, là...
Vendredi aprèm, méga ralentissement à la fin de la rocade de la Rose, mais que se passe-t-il donc-t-il, rien, il y a un camion de pompiers sur la voie d'en face, c'est tout, mais l'humain est con, l'humain a besoin de ralentir pour voir s'il y a du sang, l'humain est un charognard déguisé en limace. J'en profite pour prendre enfin en photo ce panneau, superbe exemple du provisoire qui dure - au moins depuis 1991, puisque je l'ai toujours connu :
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