na zdrowie !
La Pologne, donc :) Après une courte halte à Paris pour refaire provision d'encens et repeindre le nom du bateau, nous voilà partis pour Zawoja, via Cracovie et Stryszawa. Je suis bien moins stressée à l'idée de prendre l'avion que le train, question d'habitude, mais comme je connais l'étirement des temps de trajet à Paris, j'anticipe un peu trop, et on se frappe une bonne heure d'attente avant d'embarquer à bord de l'Embraer 170 de la Lot. Faut bien avouer que la compagnie nationale polonaise investit plus dans le confort de ses appareils (sièges en cuir agréablement fatigué, place pour les jambes, hublot pas trop rayé) que dans les repas à bord - la collation de midi, où j'espérais un vrai repas chaud, s'est avérée être un sandwich du genre que même la SNCF a renoncé à servir depuis la fin des années 80, mais on a bien rigolé, du coup, quand en lieu et place du "special meal" végétarien réservé pour André, il a eu droit à un burger cornichon-tomate. Quant à savoir s'il a apprécié son premier vol, la réponse est explicite :)
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On a atterri à l'aéroport Jean-Paul II (évidemment) avec vingt-cinq minutes d'avance, un truc hautement improbable, et après avoir changé quelques sous, on a pris un pot à la buvette avec Maja, la deuxième témoin d'Aurore (une grande brune pleine d'humour avec un délicieux accent serbe et environ un mètre trente de jambes), son mari Jean-Baptiste (juste un peu plus grand qu'elle, donc tout aussi précautionneux quand il s'est levé sous les compartiments à bagages au moment de descendre de l'avion), Jordan, le témoin de Greg au mariage civil, et sa copine Gwen. J'ai voulu faire ma maligne et commander en polonais, d'où un léger coup de stress quand la vendeuse m'a répondu dans la même langue, mais gros coup de bol (et petite pointe de fierté) quand j'ai compris qu'elle me disait qu'il n'y avait plus de sandwich au thon mais qu'il lui restait poulet-curry ou oeuf. En même temps, c'était facile, j'avais la liste des sandwichs sous le nez, j'ai capté "curry", et elle était revenue les mains vides du frigo à sandwich. Bref, après quelques péripéties, on a fini par arriver à Stryszawa, chez les parents de Greg, et après une tasse de thé et quelques biscuits, arrivée à l'hôtel à Zawoja, où on a retrouvé toute la famille (la mienne). Le temps est resté pourri pendant tout le week-end, des trombes de flotte et une température à un chiffre, totalement indécente pour un mois d'août, mais l'hôtel était très chouette, grande chambre, moquette super épaisse, baignoire, et lits doubles accolés, un peu acrobatique :) Et comme on était dans les montagnes, la vue était plutôt sympa...
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Après quelques préparatifs de dernière minute dans la salle où aurait lieu le repas du samedi, on est allés diner au Styrnol, une impressionnante auberge tout en bois, des rondins aux bibelots, où on a fait connaissance avec la bière polonaise - très bonne, heureusement parce qu'elle est servie par pinte, et la cuisine locale - très grasse. A la question "La Pologne est-elle un pays gatronomique ?", le Guide du Routard répond "Non, pas au sens français du terme". Je confirme : viande et poisson sont pannés, frits, farcis, en croquettes, accompagnés de patates, de gnocchis (plus plats et plus gluants que les nôtres, mais pas mauvais), ou de pierogis, des raviolis (aux légumes, à la viande, ou aux fruits !) dont la pâte et la taille ressemblent à celles des raviolis chinois plutôt qu'italiens. En légumes, épinard, carotte, chou et betterave - avec une mention spéciale au barszcz, la soupe de betterave, succulente. Bref.
On est rentrés dormir à l'hôtel, et le lendemain, branle-bas de combat, pour le rendez-vous chez les parents de Greg, où les mariés recevaient la bénédiction parentale et subissaient un bombardement photographique avec tous les membres de la famille de Greg. Ma robe, ça allait, les bijoux, les chaussures et le rouge à lèvres aussi, par contre, j'avais complètement zappé de prendre un sac assorti, et les faux cils achetés exprès pour l'occasion n'ont jamais voulu coller. En même temps, c'était pas plus mal, parce que bien qu'ayant vu ma frangine à l'essayage de sa robe de mariée, et en grande tenue dans la chambre chez ses beaux-parents, quand elle a descendu l'escalier pour rejoindre l'assemblée, j'ai basculé en mode madeleine. Comme le reste de la foule restait stoïque (y compris mes parents et mon frère), je me suis sentie un peu con, mais pas moyen, à chaque fois que je regardais Aurore, tellement belle, tellement radieuse, et sérieuse en même temps, blam, larmiches dévalantes :) Une consolation quand même, c'est que Greg était aussi ému que moi, et que sa soeur, qui a lu juste après moi l'extrait du Cantique des Cantiques en version polonaise, a commencé à pleurer dès le début de sa lecture, et ne s'est plus arrêtée... La messe bilingue était chouette, mais on a du paraitre un peu rustres aux Polonais, vu que les Français ne s'agenouillent plus pour l'eucharistie depuis un bail, et qu'on s'est un peu tâtés pour aller communier, là où eux ont fait mouvement comme un seul homme (et comme ils étaient trois fois plus nombreux c'était assez impressionnant).
Ensuite ce fut retour à l'hôtel et début des hostilités, avec un menu étalé sur deux pages et de la vodka à profusion, et aussi des animations sympas comme tout - j'aurais jamais pensé rigoler autant sur la danse des canards, mais entre les mariés au milieu qui battaient des coudes en grande tenue, et la ronde de cinquante personnes se tenant un coup par les hanches, un coup par les genoux, et un coup par les chevilles, c'était fendard. Bref, on a guinché, on a mangé, on a bu, et vers trois heures et demi j'ai déclaré forfait, le gros des troupes ayant en revanche tenu jusque vers cinq heures. Un beau mariage, mais j'ose pas imaginer la version polonaise authentique, qui dure normalement une semaine complète (bonus final : + 5 kgs et une méchante facture de taxi, j'imagine - le taux d'alcool au volant n'est juste pas toléré en Pologne).
Le dimanche, départ vers onze heures en car pour Cracovie, histoire de faire un peu de tourisme. Première étape, acheter un plan ! Puis dépose des bagages à l'hôtel, et balade dans le vieux centre, dépaysant à souhait, super-propre, même les façades, et surtout, super-peuplé ! Le temps était toujours merdique, mais on a eu du bol, à la première grosse averse, on s'est posé au Bunkier Café, une grande estrade plaquée contre un mur de grosses pierrailles, avec toiture en métal, chauffage, et zone fumeurs :) A la deuxième averse, alors qu'on rebaguenaudait vers la place du marché, on est entrés dans une petite boutique qui avait eu l'heureuse idée d'exposer des parapluies en vitrine. J'ai regretté très très très fort de pas être riche, parce qu'il y avait aussi une capeline en cuir noir retourné, astrakan et broderies rouges, absolument superbe. On a juste pris le parapluie, et des cartes postales - pour constater que seule la Poste vend des timbres, et bien sûr, pas le dimanche. Mais ça nous a permis de découvrir le travail magnifique de Stanislaw Wyspianski, un peintre du XIXième siècle, dont il y avait ce tableau dans notre chambre :
Après, chacun ses goûts, mais ses portraits d'enfants et ses motifs floraux ou religieux sont époustouflants. On a fait un saut sur la colline de Wawel, aussi, où se trouvent le chateau historique des rois de Pologne, une cathédrale et une chapelle, le tout formant un mélange architectural dense et varié, là encore inhabituel pour nous. C'est au pied de cette colline qu'il y a l'antre du dragon, dont la figure légendaire est intimement liée à la ville, voir une version amateur ici. Pour finir la journée, un resto juif-polonais où on s'est cassé le ventre pour une somme ridicule, suivi d'une courte nuit, et du retour à Paris, qu'André a autant apprécié que l'aller :)
Vous aurez pu constater que je n'ai pas trop l'inspi pour écrire, pas plus que je n'en ai eu pour prendre des photos (mais je mettrais une sélection de celles d'André). Je ne sais pas si c'est lié à toute l'émotion générée par ce court mais intense week-end, ou à la fatigue d'avoir trimballé des valises chargées de souvenirs :)
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Quoiqu'il en soit, ce fut un superbe mariage, et la découverte d'une culture à l'exotisme suffisament accessible pour qu'on ait envie d'y retourner l'été prochain !



