mais pourquoi donc ma chance n'est-elle pas contagieuse ?

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Le mois de mars avait pourtant bien commencé. J'avais réussi à m'inscrire in extremis à deux concours infirmiers, Sido reprenait du poil de la bête après quelques consultations nocturnes d'urgence, et ma bronchite "I'll be back" de février avait épargné mes patients à défaut de mes poumons. Même les affres du déménagement m'étaient épargnées, Jérôme et Hélène ayant in fine pu signer pour leur maison, mes patients m'ayant généreusement fournie en cartons, et ceux-ci s'amoncelant sans trop empiéter sur mon espace vital.
 
Bien sûr, j'avais eu quelques heures douloureuses à cause d'un sujet tabou (en cinq lettres, comme dans "merde", ou dans "5/20", l'équivalent de ma moyenne scolaire pendant quinze ans) que je croyais sorti de ma vie depuis bien longtemps mais qui resurgit avec une puissance dévastatrice ; ou bien à cause de la femme d'un patient qui éprouve quelques difficultés à établir un ordre clairement défini de ses priorités (le ménage, ou le mari ?), mais l'un dans l'autre, et la perspective des vacances approchant à grands pas, ça pouvait aller.
 
Las, las, trois fois hélas... Oh, pour moi, ça va toujours, mais pour mon entourage, point, et par ricochet empathique, j'ai comme un sentiment de saturation... D'abord, et alors que, prévoyant une grasse mat' à tout casser, André et moi nous étions suavement endormis vers deux heures du matin mardi dernier (ou lundi soir, au choix), sa mère l'appelle en panique à peine trois heures après : il y a le feu au rez-de-chaussée de son immeuble. Pendant qu'André tente de la joindre, j'appelle les pompiers, qui me répondent, un brin cynique, qu'ils y sont depuis quarante minutes. On y fonce, personne n'est blessé, elle a juste inhalé une bonne dose de CO2, et part à l'hôpital pour une longue mise sous oxygène. De retour de l'hosto, on s'écroule, quatre heures de sommeil pour moi, autant de gigue dans le lit pour André, le stress n'aidant pas, puis appel au médecin pour savoir si sa maman rentre ou pas - c'est pas, ils la gardent en observation pour la nuit, ce qui laisse à André le temps de désuifer son appartement.
 
Puis, vendredi, c'est l'annonce que sa toux, irréductible depuis lundi, est due "au mieux à une bronchite", et qu'il doit passer une radio. Sa ***merveilleuse*** doctoresse l'a prévenu que c'est viral, mais le colle quand même sous antibio, avec un peu de doliprane pour faire tomber la fièvre, mais rien pour calmer la toux, mmh. Le bilan de la radio, tombé aujourd'hui ? C'est bien une bronchite, assortie d'une tâche suspecte et non identifiée sur les poumons, d'où ordonnance pour un scanner, qu'il espère pouvoir passer dans moins d'un mois et demi, si les délais d'attente ont un peu raccourci. En attendant, sa toubib ne lui a toujours pas filé d'antitussif, et il est d'une humeur de dogue, bien compréhensible au demeurant (car posons la question, franchement, qui aime être malade, et apprendre qu'il risque l'être un peu plus...).
 
Enfin, aujourd'hui, et alors que je m'apprêtais à passer enfin, peut-être, une vraie journée de repos, du moins jusqu'à mon rendez-vous de fin de mois au boulot, mon frère, descendu faire des travaux chez ma mère pendant qu'elle bulle au soleil de la Réunion avec son chéri, m'apprend que la maison a été cambriolée pendant qu'il était en week-end chez un de ses potes. Bien sûr, les malfrats ont embarqué l'ordi portable de maman, dont la valeur n'est plus que sentimentale puisqu'on le lui a offert il y a bien cinq ans, et l'ordi portable de Romain, dont la valeur, en revanche, est inestimable, puisqu'il contenait plus de six mois de créations littéraires non sauvegardées. Question chats de garde, Tirou, Mélanos et Tiboulen ne valent pas un clou...
 
Heureusement, et outre les vacances, avril annonce le Savim, quatre anniversaires, et la fin des cartons - tâchons donc d'y voir moult occasions de réjouissances, plutôt qu'un gouffre financier :)
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Publié dans petites histoires

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