des fois faut pas se prendre la tête
Ma Cissou préférée a rapporté à André deux bouteilles de bière made in Cardiff, avec des capsules tellement stylées que c'était esthétiquement indéfendable de les balancer au recyclage. Je les ai donc le plus soigneusement possible dessolidarisées de leurs bouteilles, dans l'idée d'en faire une paire de boucles d'oreilles. Pour ne pas gaspiller, bien sûr, on a commencé par torcher la bière - rafraichissante mais sans plus, je dois avouer. Ensuite vient la minute de réflexion devant mes capsules : certes, des boucles, mais comment faire tenir l'accroche ? Je commence par laminer le revêtement intérieur en espèce de plastique bizarre, ça m'occupe. Ensuite, je me tâte : fais-je un crochet en laiton que je plaque entre deux épaisseurs de carton-plume collé à la glu à l'intérieur de la capsule ? Mmmh, prise de tête. Fais-je un trou, plus simplement, dans la bordure de la capsule, pour y passer le même fil de laiton ? Moui, c'est mieux, plus élégant, à condition de réussir à percer le métal...
Après avoir testé sans succès l'épingle à nourrice et la lime, et renoncé au classique mais casse-gueule marteau + clou, j'opte pour balancer quelques grammes de brutalité dans ce monde de finesse, et sors la perceuse. Avec un minimum de précaution, ça devrait marcher. Les forets à métal ayant l'avantage de descendre à 1.5 mm de diamètre, il me reste à trouver comment protéger la capsule et la stabiliser le temps de l'opération - un foret, ça rippe. Un carré de polystyrène, une cale en bois et un serre-joint plus tard, j'attaque. Le plus délicat n'est pas de régler la vitesse de rotation de la mèche, ou de maintenir le foret en place, non. Le plus délicat est d'empêcher mes cheveux de venir s'enrouler autour du foret - toutes les filles qui se sont un jour penchées d'un peu trop près sur leurs jambes pendant une séance d'épilateur verront très bien de quoi je parle ! Le résultat est à la hauteur de mes espérances, je trouve...
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