comme une malédiction

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Alex et Chloé, pourtant tous deux du mois de juin, voient leur barbeniversaire (ou leur anniverbecue) (?? il est tard, excusez-moi) systématiquement arrosé par la pluie. Voilà le troisième auquel je participe, et ça ne rate pas. Ce soir c'était particulièrement sympa.
 
Ca a commencé qu'Alex m'avait prévenue de ne pas sonner, rapport au dodo chèrement acquis de son fils et de sa nièce (la fille de la soeur de sa copine, c'est une nièce, non ?) (chui pas bien sûre, mais en même temps, est-ce qu'il y a un nom ?). Je me pointe guillerette en sortant du boulot, trouve une presque vraie place en face de chez lui, et l'appelle délicatement. Nada. J'appelle Chloé, rien non plus. Je texto un dring ? timide à Alex, rien. Ok donc comme ils ont commencé à 18h et que leurs amis sont exceptionnellement sobres (mais alors c'est pas ceux que je connais), tout le monde est parti, ils sont tranquilement en train de batifoler avec entrain, et ils emmerdent leurs portables.
 
Je m'installe sur les marches pour finir mon bouquin en attendant une éventuelle réaction, et puis je rentre, tant pis. A mi-chemin de la rue Thiers, portable, Alex, évidemment. Preuve s'il en faut de la solidité de notre amitié, je contreviens à tous mes principes de conduite automobile, et décroche tout en continuant de grimper vers la Plaine. Alex est tout confus, et me demande où je suis vu que je l'ai appelé y a une minute. Non, trente, mon ami, et je suis presque rentrée, mais j'arrive :)
 
Plein de monde à l'arrivée, des que je connais et des que non - Fanny, tu seras contente d'apprendre que Pee-Wee sort maintenant avec une Isabelle, instite de CLIS, intelligente, drôle, sympa, et, même de loin, dotée d'une personnalité bien plus vivace que l'espèce de plante en pot qu'il avait au cou à la Méjane cet hiver. Il y a un Rémi que je connais, le kinésiologue, et un que je connais pas, le géomètre (en fait, si, il semblerait qu'on se soit vus à la soirée d'Aude chez Fanny). Il y a Karim, déjà bien attaqué, avec des pompes noires et blanches à surpiqûres à trou-trou façon années 30 extraordinaires, et sa femme Valérie que j'ai toujours envie d'appeler Isabelle - eux étaient à la soirée conte sur le toit du Corbusier. Il y a Sam, en mode EraserHead, et Olivier, le deuxième guitariste. On est une grosse vingtaine autour des tables sous les néfliers, avec les cubis, le barbecue, et comble du chic la guirlande de bal de village, à grosses ampoules multicolores.
 
La soirée avance, les saucisses grillent, les éclairs arrivent. On discute avec Manu et Isabelle des hypothèses possibles : une grue, l'héliport de la Timone, un signal alien ? Isabelle entend l'orage, elle pétoche, et un quart d'heure après les gouttes arrivent. Là, ça sent son organisation (et l'habitude des barbecues sous la pluie) : on sort les bâches, la ficelle, et hop, déployées entre les arbres au-dessus des tables, l'enrouleur électrique sous un sac plastique, c'est reparti.
 
A mesure que l'orage empire, on se sert autour des tables, les bâches se transforment en vicieux réservoirs, on remplit des bouteilles de coca avec ce qui en dégouline, on soutient avec un rateau, une échelle, ça vire circassien me dit Olivier, il allait dire circulaire mais non, c'est un cirque, on rit, le barbec où flambaient des bûches depuis la fin des saucisses s'éteint, on fait péter le champagne et on chante, et Alex a cette maxime définitive : C'est kusturicien.
 
PS pour Cissou : tu pourras dire à Johnny qu'Alex est très content de sa carte (même si au début il pensait que la dédicace était une originalité de l'oblitération de la poste anglaise).
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Publié dans petites histoires

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