pour Juliette

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Eh oui, je suis en verve ce soir donc on n'hésite pas mesdames et messieurs c'est cadeau c'est extraordinaire c'est exceptionnel et c'est pour vous maintenant : deux articles offerts pour une visite payée (ah non en fait, ce blog est gratuit - la classe !).
Si je reprends ainsi la plume c'est qu'à la base et avant cette triste déconvenue voir billet précédent, je voulais avant tout m'adresser à ma belle Lyonnaise, pour lui parler de... vélos. Faut savoir qu'à Lyon, j'avais testé avec elle le véloV, la nouvelle marrotte de JCDecaux pour se faire encore plus de thunes en escroquant vilement les municipalités mégapolitaines sous couvert de pseudo-écologie (le récit de l'attribution des concessions vélo à Paris est assez représentatif de la mentalité de ce grand patron qui ne déparerait pas dans le système clientéliste marseillais).
Bref, le véloV à Lyon, c'est des stations dans toute la ville,  y compris dans les quartiers excentrés et devant les bâtiments publics, des tarifs attractifs à la semaine, une absence notoire de l'augmentation des accidents de la circulation voiture-vélo, bref, c'est pas mal, même si des fois ça grimpe dur (y a aussi des colines à Lyon, entre autres les célèbres pentes de la Croix-Rousse, et Fourvière, dont la basilique est accessible en funiculaire, pour les feignasses).

 
 A Marseille, bien sûr, c'est comme tout le reste : un effet d'annonce et de belles envolées lyriques avant tout. Qu'on juge un peu... D'abord, le contexte.
Malgré la piste cyclable clairement identifiée sur la contre-allée du Prado-ville, les cyclistes se baladent au milieu des deux voies réservées aux voitures, qui ont déjà du mal à éviter de se cogner les rétros quand elles se croisent, sans compter les motards qui remontent à contre-sens, parce que merde, et impliquent une savante gestion du coup-d'oeil-rétro-passager-coup-de-volant-hop-je-t'esquive-et-je-reviens-à-ma-place.
Ensuite, les nouvelles pistes cyclables, par exemple cours Longchamp, là où on a décidé de mettre un tram pour desservir les hôtels particuliers, ça fait joli en balade, plutôt que de le faire passer bd de la Libération où parait-il les trois mille huit cent petits commerçants des deux côtés ont refusé que leurs clients puissent abandonner leur bagnole pour venir faire leurs emplettes, c'est tellement mieux la double file à un mètre du trottoir et sans warning c'est tellement plus local, eh bien ces pistes cyclables sont fort esthétiquement délimitées par une largeur de pavé, mais comme faut bien économiser quelque part parce que tous ces travaux c'est cher, on a préféré mettre un symbole vélo par terre qu'une fois tous les kilomètres - comme ça le piéton se fait dring-dringuer parce qu'il empiète sur le trajet du cycliste, c'est bien, ça contribue à faire du lien social, eh connard regarde où tu marche - j't'emmerde pauv' con le vélo c'est pour les pédés...
Mais le plus drôle, c'est l'immense générosité sans limite du programme, qui prévoit pour commencer 750 vélos, et à terme... mille. C'est vrai que si on enlève 200 000 vieux de plus de 65 ans qui de toute façon prendront le tramway (ah tiens, ils n'ont pas de barre où s'accrocher en cas de freinage, ben tant pis, y tomberont sur les genoux des voisins, c'est bien, ça fait du lien social, eh pépé si t'es grabataire r'tourne chez ta vieille, et t'excuse pas tu pue du bec), si on enlève 200 000 marmots qui sont mieux le cul dans leur poussette et le nez sous les pots d'échappement, plus un ou deux milliers d'handicapés qui restent chez eux pour éviter d'empiler les merdes de chien sur leur canne blanche et pis qui de toute façon n'ont pas des fauteuils gordini qui montent les marches tous seuls, ça fait jamais que 400 000 habitants, à la louche. Amis matheux faites le calcul, ça fait quoi, un quart de rayon par personne ? un maillon de chaine graisseuse pour deux ?
Nan franchement, c'est à mourrir de rire, cette idée de foutre un tram et des vélos dans une ville où quand il y a deux voies sur une artère c'est qu'il en a une pour se garer, où on dort au feu vert et où on se fait doubler au feu rouge, où le cligno est en option sur les grosses cylindrées, où la fourrière est réservée aux chiens errants, où c'est pas du jeu de regarder avant de déboîter. Enfin c'est vivant, ça fait du lien social, eh connard t'arrête de bronzer ou j'te pousse - vas donc enculé viens on se file j'crains dégun.

Enfin bref, vous aurez compris que sous ses aspects de billet-copinage c'est en fait un violent défoulement parce que j'adore cette ville, mais y aurait moins de cons dedans elle serait bien déserte...
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A
Raaahhhh comme ca me manque de plus conduire à marseille et de plus insulter / me faire insulter par les pietons, les chauffeurs de bus, les chauffards, les motars, les cyclistes, les yorkshires.... Et Julien qui comprends pas pourquoi je persiste à klaxoner au feu vert.. Y a pas a dire,  à Paris, y a moins de lien social, mais j'ai trouvé un nouveau passe temps en voiture : je me perds con-sta-ment! ca occupe!!
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