record battu, voire explosé

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Le traditionnel plan foireux du lundi matin a du souci à se faire pour maintenir la barre à la hauteur de celui d'aujourd'hui.

1- Planté de décor, d'abord.
Florence d'Arcade me demande en urgence de faire un remplacement de quinze jours aux Pennes-Mirabeau, chez un monsieur tétraplégique alité sourd et aphasique suite à un accident vasculo-cérébral en avril 2006. Je dis ok, sous réserve. En effet, d'après la feuille de poste, nombre de mes missions relèvent du travail d'un infirmier, ou du moins d'une personne diplômée pour la réalisation de gestes médicaux. Et on ne peut apparemment pas compter sur la femme de monsieur, étiquetée Alzheimer. Je précise à Florence que d'un strict point de vue légal, elle va devoir batailler pour pouvoir me confier ce dossier. Elle me rappelle pour me dire que c'est bon, une auxiliaire de vie sociale dûment diplômée m'accompagnera pour la première intervention et ça vaudra validation pour la suite. Un peu lèdj, mais y a urgence. Elle a gentiment pris le temps de me préparer un topo assez complet sur le patient, et de demander à Valeria, l'AVS, d'être à 8h devant les bureaux d'Arcade, pour que je la récupère avant d'aller aux Pennes.

2- La mission, qui n'a jamais aussi bien porté son nom.
Ce matin, j'appelle Valeria pour lui dire qu'en fait ça ne m'arrange pas du tout, comme rendez-vous, vu qu'elle habite au Palais-Longchamp, que c'est sur la route, et que je ne vais pas partir de chez moi une heure et quart à l'avance pour un trajet d'une demi-heure. Elle aquiesce, 8h30 à Longchamp, c'est mieux. Elle a l'air très sympa et remontée contre une pendule contre Arcade. Je sens qu'on va bien s'entendre :)
Pour faire la fille bien, et aguerrie par mes précédentes expériences de p.f.d.l.m., je décide d'inaugurer mon bitoniau gps. Je vous passe les détails du mode d'emploi (plus simple à comprendre s'il avait été traduit du nord-coréen par un Javanais), je l'installe sur son socle dans la voiture, j'appuie sur le bouton marche, et là... rien. Il ne s'allume tout simplement pas. Alors pour ce qui est de me donner des indications sur le trajet...
Bref. Comme j'avais repéré le trajet, a priori assez simple, sur mon bon vieux mappy, nous v'la parties gaiement dans la voiture enfumée. A neuf heures je comprends que le chemin des Pinchinnades, que je dois prendre, s'appelle en vrai le chemin du Pas de la mule, bon sang mais comment ai-je pu ne pas m'en douter. Après 25 minutes, quatre demi-tours, deux demandes à des passants charitables, trois tentatives d'appel à Arcade et un arrêt-vomi pour Valeria qui va pas bien, on finit par dénicher la maison. Mmh, ça commence bien tout comme j'aime...
Et là, c'est le drame, et surtout la consternation. On est censées le changer de couche, le toiletter, le raser et lui brosser les dents, puis le mettre dans son fauteuil pour un tour au jardin, et faire un peu d'entretien de la maison pendant la visite du kiné.
Déjà, le kiné arrive environ vingt secondes derrière nous, reste à peu près aussi longtemps et repart. J'aurais même pas eu le temps de pisser pendant son intervention, donc le ménage, on oublie, d'autant que madame ne veut pas (elle a pas l'air du tout alzheimerée, juste épuisée). Après avoir pris connaissance du "cahier" des infirmières, s'ensuit un long coup de fil à Florence pour lui expliquer qu'on est dans un cas un peu particulier (pour rester polies).
Ensuite, comme monsieur ne nous connait pas, il refuse catégoriquement lavage des dents et rasage. C'est pas plus mal, mais ça lui aurait fait du bien. Pour la toilette, pas de produits spécifiques, on se débrouille avec un des gants qui traînent à la salle de bains et du savon de Marseille. Bien sûr, le robinet est inversé, l'eau chaude est à droite, on n'a pas le temps de se prévenir qu'on s'est brûlées toutes les deux. On renonce à lui lever le tee-shirt, même à deux avec un lit électrique et un peu d'aide de sa part c'est ingérable.
Puis vient la grande épreuve du change. Une alèse jetable permettra d'éviter qu'il tartine le drap pendant l'opération. L'aide habituelle ne lui en met plus, "ça tient trop chaud". Oui, t'as raison, vaut mieux qu'il reste à macérer dans sa merde, au moins c'est sa propre chaleur. Les couches ne sont pas format culotte qu'on enfile, nan, ça serait tellement trop plus pratique. On lutte comme deux perdues pour réussir à lui lever le cul, en essayant de ne pas lui arracher la sonde urinaire et de lui nettoyer l'entrejambe du mieux possible. Comme il a refusé, toujours catégoriquement, qu'on ouvre la fenêtre, toute l'opération se déroule en apnée. Et là, force nous est de constater que primo, même à deux on n'arrivera jamais à le mettre dans le fauteuil (qu'il faut aller chercher dans le garage et faire passer par l'extérieur, les portes étant trop étroites), et secondo, qu'il est hors de question que je fasse le job toute seule. Mes p'tits bras sont musclés mais y a pas écrit robocop sur mon front non plus (dieu garde, comme dirait mémé Yvonne !).
Re-bref. Deuxième coup de fil à Florence, qui est tout aussi scandalisée que nous, et qui nous conseille de faire un courrier à Arcade Aix, dont dépend administrativement monsieur, pour leur notifier clairement notre refus de la prise en charge.

3- Bilan
Négatif !! J'ai bossé quatre heures ce matin trajets compris, pour 16 euros net. J'ai perdu les deux heures de ma mission courses de midi. J'ai constaté qu'une infirmière mandatée par un médecin et payée 150 euros le déplacement estime que c'est aux autres de faire le boulot qu'elle a choisi et pour lequel elle a été formée.
Positif, quand même, j'ai rencontré une collègue sympa, j'ai eu le temps de faire une vraie pause déjeuner chez moi, j'ai reçu une invitation à manger des muffins pralinoise ce soir et gagné un déjeuner avec Del mercredi.

4- P.S.
Désolée Yann, mais si je crachais pas mon venin j'allais exploser !!!
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G
C'est même pas elle la vipère, ça serait tellement plus facile. C'est plutôt l'infirmière maudite, ou l'auxiliaire qui intervient d'habitude, et puis aussi le mélange malsain entre Arcade Aix et Arcade Marseille. Sinon pour le poulpe, y a même pas débat !!! :D
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Y
Ok là j'avoue, t'avais le droit de te lâcher. Ca a du te faire un peu de bien, et plus tard quand tu reliras ce passage de ta vie tu le prendras avec philosophie :)Une sacrée vipère cette Florence ou bien ?
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