la vie pas chère, c'est pas top

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Aujourd'hui, on a dit que c'était "retour à la vie normale", boulot, bagnole, speed et tout et tout. Sauf que ma mémé de cet après-m a zappé que je venais lundi au lieu de mercredi, et qu'elle siestait copieusement quand je suis arrivée. Sans le sonotone. Je me suis endormie une heure et demi sur sa sonnette avant de lâcher l'affaire.
Du coup, rentrée plus tôt, je décide de faire l'adulte en allant acheter quelques bricoles chez Ed, l'épicier discount de Castellane. Ca tombe bien, il est réputé pour la qualité de ses fruits zé légumes, et après les aberrations de mon régime alimentaire ces derniers jours ça me fera pas de mal de manger nature. Faut dire qu'entre les dosages à l'alcool, les restos du Cours Ju et les copains qui bricolent pour moi et portent mes courses, c'est pas le sport et la diététique qui m'ont épuisée, ces derniers temps.
Les fins conseils d'Harold en mémoire, je choisis un petit paquet de trois "coeurs de sucrine", vous savez, la salade qui ressemble à un sharpei tellement elle est plissée, et qui croque sous la dent comme un bonheur de nutritionniste. Je maudis au passage l'idée débile de faire mes courses à six heures du soir, en même temps que le reste du quartier, mais bon, comme dirait une chanteuse que je n'écoute pas, "soyons zen".
Une fois rentrée, toujours portée par ma dynamique "meuf responsable", je lave mes légumes avant de les mettre au frais. En réalité, je m'excite sur ces putains de salades, qui, pour s'occuper entre deux clients, s'attellent à moisir doucement dans leur putain de sachet.  J'avoue avoir hésité entre trois options : 1- je balance tout à la poubelle en hurlant, 2- je retourne chez ed, et je balance tout à la gueule de la caissière en hurlant, 3- j'épile ma salade sous l'eau froide en maugréant qu'on ne m'y reprendra pas.
Au final, j'ai acheté trois coeurs de sucrine, j'ai lavé (une fois les feuilles dépliées) l'équivalent de huit cent nappes de douze couverts, et j'ai rangé dans mon frigo trois lamentables trognons que j'ai même plus envie de manger :).
Moralité : les deux Y ont raison : la vie, c'est bien mais c'est rude, d'où l'intérêt de manger bien, manger beau, manger bio.
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Publié dans petites histoires

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