bricol girl épisode douze (?)

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On est mardi, et comme promis, voici en exclusivité pour vous amis lecteurs une nouvelle aventure de votre super-héroïne préférée, tada dada dada, Bricol Girl.
Pas de grasse mat' pour les braves, réveil à huit heures, douche rapide, double café et direction Gadec, fournisseur officiel en artefacts bricolistiques. Bricol Girl a mis une tenue camouflage, genre chuis une vraie fille, avec une jupe et tout et tout, mais un oeil attentif révèle quand même une paire de tatanes défraichies, genre la coquetterie ça va aller. A la main, les codes secrets de la mission :

    



 
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bricol girl épisode douze (?)
Pour le vénilia, pas de problème (sauf si vous ne savez pas ce que c'est, à savoir de l'adhésif autocollant en rouleaux), j'ai juste du faire quatre rayons pour le trouver - ah ah, vous avez beau brouiller les pistes, Bricol Girl ne renonce pas !!
Pour la prise, ce qui est bien chez Gadec, c'est qu'il n'y a qu'un seul modèle de chaque truc. Et le langage crypté ne me fait pas peur, c'est pas la peine de planquer vos fiches mâles 2 P + T dans une boite de fiches femelles, cf deux lignes plus haut. Vérification du diamètre du capot à l'aide d'un rouleau de câble du même rayon - Bricol Girl sait trouver les indices nécessaires à l'accomplissement de sa mission ! Enfin, je me trouve quand même bien conne avec mes petits chiffres, parce que la mention principale de la fiche c'est "16 A" - je me doute bien que ça parle d'ampérage, mais par rapport à mes données ça veut dire quoi ??? Argh, je vais devoir intercepter un civil pour lui extorquer l'information.
Pendant que je plante devant le conseiller électricité, très occupé à bidouiller une alarme pour deux quinqa à bedaine, j'entends que "Frédéric est demandé en caisse, Frédéric, merci". Frédéric, voyons, Frédéric - mais c'est le charmant jeune homme qui s'occupe du rayon menuiserie, bien sûr ! Brun, les cheveux longs, les yeux clairs, une taille décente, un rien d'elfique dans les traits du visage, et hélas, un des rayons que je fréquente le moins (avec le jardinage et les abats-jour). Et voila-t-y pas qu'en revenant de la caisse, Frédéric (qui m'a vue mardi dernier examiner en détail les mastics de vitrier, en pestant contre l'illogique de les caser au rayon bois) me dit un bonjour tout en sourire - Bricol Girl est en loose, ses mains fuient et lâchent la fiche mâle, mais quel est ce super-pouvoir inconnu qui lui fait perdre ses moyens ?! Peut-être que je vais aller chez Gadec tous les mardis, finalement :)
Bref, 16 A ça correspond à un maximum de 3680 W (approximativement), donc c'est bon pour moi. Je paye, je rentre, hop hop hop, je tire la cuisinière, et je m'attelle à la rude tâche du nettoyage des côtés, tout craspec de dégoulinures alimentaires. Eh oui, même les super-héros doivent se taper le ménage, des fois.
Ensuite, préparation du matériel : cutter, mini-tournevis, pince à dénuder, lampe frontale, manuel d'électricité, Bricol Girl est parée à attaquer. Première surprise, y a pas besoin de penser à enfiler le capot sur le fil avant de monter la fiche, parce qu'icelle s'ouvre tel un coquillage (le pragmatisme n'empêche pas la poésie). Deuxième surprise, j'apprends par le manuel que le fil bleu c'est la phase et l'autre le neutre (Bricol Girl peut être quiche, elle croyait qu'il y avait un plus et un moins). Bricol Girl sait fabriquer une rallonge, donc monter le neutre et la phase, easy. Et monter la terre, a priori c'est simple : "Brancher le fil de terre dans la broche centrale". Oui mais là y a juste une plaque et une vis, pas de truc dans lequel rentrer les fils de cuivre de la terre - tadadadada super-observation, super-réflexion, super-déduction, Bricol Girl finit par comprendre l'astuce, branche la fiche dans la prise, et là c'est le but !!!!!!!!!!!!!! Le voyant du four s'allume sans que la maison explose, hourra pour Bricol Girl !!!
J'ai gagné un déj avec ma mère dans un petit fast-food de la rue Glandevès (entre le Vieux Port et l'Opéra), dont l'originalité est d'être entièrement bio et créé par un jeunot de 25 piges très accueillant. On s'est régalées d'une salade de quinoa à la coriandre, du fast food chicos, donc, quand même, et je lui ai pris des prospectus pour poser à la librairie (mais comme on y était passées avant le repas j'ai eu la flemme d'y retourner donc ils sont toujours dans mon sac). Pour la petite note, ça s'appelle GreenBear Coffee, et y a une mini-terrasse.

De retour à la maison, j'ai remis mon costume de Bricol Girl (vous m'dites, si c'est lourd...), mon fut spécial travaux qui tâchent, et une barette parce que les cheveux des fois c'est relou, et j'ai attaqué la réfection du placard de la cuisine - c'est bien joli d'acheter six rouleaux de vénilia rouge mais après faut s'en servir.
Il a bien évidemment fallu vider ledit placard avant toute chose, donc voici un aperçu de l'appart entre quinze heures et maintenant :
bricol girl épisode douze (?)
bricol girl épisode douze (?)bricol girl épisode douze (?)
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J'ai pas pensé à prendre le contenu de l'étagère de bouffe, transvasé dans la chambre...
Ensuite, j'ai alterné entre décapage des étagères, ponçage des étagères, découpe du vénilia, pose du vénilia, et un peu des clopes, aussi.
Le décapage, c'est fun mais c'est long, et ça pue. En plus le produit a déjà deux ans, ce qui n'atténue en rien l'odeur mais ralentit un peu l'efficacité. Du coup, après trois passages successifs du pinceau, puis de la raclette, puis de nouveau du pinceau, etc, j'ai vidé la moitié du pot sur la planche, et tartiné généreusement. C'est pas allé plus vite, mais ça m'a bien fait rire. Ci-dessous, le plan de travail :
bricol girl épisode douze (?)
Et la teck anti-anéantissement pulmonaire pendant que le produit fait effet - entre ça et les demi-heures de ponceuse sur chaque côté de chaque planche, les voisins ont généreusement profité de mon aprèm (ah, le bruit et l'odeur chez les travailleurs manuels...).
 
bricol girl épisode douze (?)
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Le truc chelou c'était qu'après chaque session de ponçage, j'avais l'impression d'avoir un piano dans la main - un coup sur les doigts les faisait vraiment vibrer comme des cordes, mais à l'intérieur, trop bizarre.
A mon grand dam la super-intuition de Bricol Girl n'a pas trahi : j'ai bien miséré ma race pour poser le vénilia. Accessoire pour la préparation du support : une balayette, vu que le placard est tellement humide qu'un pschut dessus fait tomber les morceaux - comme chez Fanny, c'était multi-strates : vénilia moche et vieux, peinture grise, peinture bleue, enduit, plâtre, béton.... Surtout qu'il y a un tuyau de cuivre sur le mur de droite, une gaine en plastique annelé sur le mur du fond, et un fil électrique dans chaque angle, donc autant de découpes à faire, et de ratafias à poser ensuite pour planquer les jours - d'autant que, parce que sinon tout ça ça serait pas drôle, ni les murs ni les angles ne sont droits...
Mais voilà, Bricol Girl triomphe toujours de l'adversité, et termine sa journée avec la plante des pieds tapissée de conglomérats de peinture octogénaire mélangée à du décapant, et les poumons saturés de poussière de bois, mais tel est le prix à payer pour avoir le magnifique placard refait à neuf que voici :
bricol girl épisode douze (?)
Il manque l'étagère du haut, mais honnêtement, quand j'ai entendu par la fenêtre que les voisins s'installaient devant le JT de la Une, une flemme subite m'a prise de finir le boulot. A la place, j'ai pris une bière, rallumé l'ordi, et mis une heure à rédiger ce billet (on dirait pas comme ça mais ça prend plus de temps à écrire qu'à lire !).
Dans le prochain épisode, Bricol Girl s'attaque au remplacement du lampion moche du plafonnier de la cuisine par un lustre en verre orange seventies équipé d'un monte-et-descend (et à la fin de la saison, elle fait une OPA sur l'appartement).

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