c'est moi, ou les gens sont bizarres ?
Hier soir, genre vers 20 heures, coup à la fenêtre (de la cuisine, puisque le salon est maintenant grillagé pour que Lumi puisse prendre le frais mais pas la fuite), j'ouvre (côté salon, puisque la fenêtre de la cuisine est plus ou moins condamnée par un grille-pain, un blender, une bouilloire électrique et un store en bambou), c'est un voisin qui me demande si le chat qui miaule à la porte d'à côté est à moi. Flip momentané, puisqu'ayant fait le grand ménage, donc lavé par terre un peu plus tôt dans la journée, j'ai inondé l'appart d'anti-cafards (merci, Fanny, pour la dépanne, même si ton Cobra est moins efficace que mon Kapo - il se contente d'agoniser les vilains un peu partout au lieu de leur barrer purement et simplement la route, mais bon, j'te jure, je me plains pas !), et donc j'ai aéré histoire de préserver un peu mes voies pulmonaires (et celles du chat), et donc j'ai entrouvert la fenêtre de la cuisine, et donc quand le type me dit ça, je checke vite fait pour vérifier que Lumi n'a pas joué les contorsionnistes pour s'échapper malgré tout, mais non, elle roupille sur le tabouret de bar, et me lance un mrou de reproche quant à mon accès illégitime de suspicion. Bref, c'est gentil de la part du monsieur mais le miauleur incriminé n'est pas à moi, il est à un des gens du n° 64. Je retourne à mon épisode de NCIS (bouh la vilaine, je télécharge les six saisons et je slacke comme une geek à tous mes moments libres).
Sauf que deux heures plus tard, le chat miaule toujours. Je l'ai déjà vu faire, quand il est dehors, il sait très bien où il habite, donc il squatte le perron, mais apparemment ce soir ça ne dérange personne. Moi, si, un peu, les nuits commencent à être fraiches et si mon chat n'était pas chez moi à 22h je pèterais un câble sévère (sauf évidemment si on était en train de faire notre petit tour de pâté de maison nocturne). Donc je vais voir le chat, je le câline, un bon gros matou des familles, gras de poil et large de pattes mais avec une voix de tarlouze. Lumi m'a suivie et commence à lui feuler dessus quand il vient faire copain - méfi, gars, tu la fais deux fois mais si elle veut elle te nique, et c'est pas ton miaou de pédé qui lui fera croire que t'es un chaton en détresse. Je sais pas trop quoi faire, il y a de la lumière et une fenêtre ouverte au premier étage mais personne pour répondre au coup de sonnette (au passage, Sido, j'ai découvert que c'est dans cet immeuble qu'habite le charmant grand jeune homme à qui on avait essayé de taxer une planche de son atelier, eh eh). Bon, ben ça sera croquettes, eau fraiche et chiffon devant ma porte, histoire qu'il passe la nuit en sécurité. Je me demande vite fait si ça sentirait pas un peu l'abandon, mais faut être vraiment débile pour abandonner son chat devant sa propre porte, quand on peut aller le perdre dans les calanques d'un coup de bagnole.
Il a passé la nuit comme prévu, tranquille, avec un dernier câlin avant que j'aille m'écrouler vers une heure, et quelques grattouillis à la porte qui ont incité Lumi à monter la garde en grondant. Ce matin, réveil beaucoup trop tôt, le chat est toujours là, je l'entends qui couine, puis va-et-vients matinaux dans l'immeuble et quand je me re-réveille à une heure plus décente (comprenez onze heures plutôt que sept), le chat n'est plus là, il a du rentrer chez lui.
Bilan, un voisin attentionné mais sans engagement, et un propriétaire de félin assez désinvolte.
Ce soir, je rentre d'Allauch avec des champignons surgelés, après avoir fait un velouté à mes patients qualifié de "nectar" par Jo, d'où une gentille invitation à prendre sur leur stock pour me faire le même à la maison. Je mitonne donc ma petite soupe, en mangeant des crevettes pour patienter - la recette est ultra-simple : des gousses d'ail hachées et 500 g de champignons revenus dans un peu d'huile d'olive, jusqu'à ce que ça soit bien fondant (avec l'eau rendue par les champignons surgelés, pas de risque que ça accroche), ensuite un demi-litre d'eau et un demi-bouillon cube de poule, on laisse ébullitionner, ensuite on coupe le feu, deux cuillères à soupe de crème fraiche et un coup de mixer, et c'est d'la balle. Je suis donc en pleine euphorie culinaire quand toc, coup à la fenêtre. Montée d'adrénaline, interrogation étonnée : Raph qui passe dire bonjour en rentrant du boulot ou deuxième nuit à la fraiche pour le chat ? Non, c'est un autre voisin, celui du rez-de-chaussée d'en face, un petit brun avec bouc et bouclettes qui s'approche doucement de la quarantaine et dépasse à peine de mes jardinières.
- Oui, bonsoir ?...
- Euh, bonsoir, vous vous appelez comment ?
- ??????? [oui, au moins sept] Euh, c'est pour quoi cette question ???
- Voilà, je suis votre voisin...
- D'en face, oui.
- Et ça fait un moment que je vous vois...
- Ben oui, ça fait deux ans que je suis là.
- Et je voulais vous dire que vous êtes non seulement jolie, et excentrique, et je trouve que vous avez des choses intéressantes à propos desquelles discuter [ok, donc toi tu m'as vue passer en culotte les matins où je suis trop pressée pour penser à fermer la fenêtre avant...]
- Oui, merci, c'est gentil [petit sourire gêné sans montrer les dents, au cas où j'aurais un bout de champignon coincé dedans, et pour pas paraitre trop engageante non plus]
- Juste comme ça, hein, je suis marié...
- Et vous avez des enfants, je sais :) [comme si ça empêchait quoi que ce soit...]
- Deux enfants, oui [et un bouledogue français, donc c'est mal barré pour qu'on devienne potes]. Donc c'est pour savoir si on pourrait discuter pour faire connaissance ?
- Oui mais là non, je rentre d'une grosse journée de boulot et je suis en pleine cuisine, repassez plutôt une aprèm où je suis là [merci merci merci à ma chef de m'avoir collé une intervention d'urgence demain aprèm, oui, je renonce à mon jour de repos, et avec joie !!!]
- Ah [déçu, manifestement], d'accord... Bon ben bonne soirée alors.
Et il est revenu deux minutes après pour me dire un très sincère "euh, Garance, merci" (oui, j'avoue, je lui ai lâché assez vite mon prénom, je déborde un peu trop de confiance en moi, sans doute).
Bilan : aujourd'hui mercredi 09/09/09, certains jouent au Loto, moi je gagne une conversation complètement improbable...
Sauf que deux heures plus tard, le chat miaule toujours. Je l'ai déjà vu faire, quand il est dehors, il sait très bien où il habite, donc il squatte le perron, mais apparemment ce soir ça ne dérange personne. Moi, si, un peu, les nuits commencent à être fraiches et si mon chat n'était pas chez moi à 22h je pèterais un câble sévère (sauf évidemment si on était en train de faire notre petit tour de pâté de maison nocturne). Donc je vais voir le chat, je le câline, un bon gros matou des familles, gras de poil et large de pattes mais avec une voix de tarlouze. Lumi m'a suivie et commence à lui feuler dessus quand il vient faire copain - méfi, gars, tu la fais deux fois mais si elle veut elle te nique, et c'est pas ton miaou de pédé qui lui fera croire que t'es un chaton en détresse. Je sais pas trop quoi faire, il y a de la lumière et une fenêtre ouverte au premier étage mais personne pour répondre au coup de sonnette (au passage, Sido, j'ai découvert que c'est dans cet immeuble qu'habite le charmant grand jeune homme à qui on avait essayé de taxer une planche de son atelier, eh eh). Bon, ben ça sera croquettes, eau fraiche et chiffon devant ma porte, histoire qu'il passe la nuit en sécurité. Je me demande vite fait si ça sentirait pas un peu l'abandon, mais faut être vraiment débile pour abandonner son chat devant sa propre porte, quand on peut aller le perdre dans les calanques d'un coup de bagnole.
Il a passé la nuit comme prévu, tranquille, avec un dernier câlin avant que j'aille m'écrouler vers une heure, et quelques grattouillis à la porte qui ont incité Lumi à monter la garde en grondant. Ce matin, réveil beaucoup trop tôt, le chat est toujours là, je l'entends qui couine, puis va-et-vients matinaux dans l'immeuble et quand je me re-réveille à une heure plus décente (comprenez onze heures plutôt que sept), le chat n'est plus là, il a du rentrer chez lui.
Bilan, un voisin attentionné mais sans engagement, et un propriétaire de félin assez désinvolte.
Ce soir, je rentre d'Allauch avec des champignons surgelés, après avoir fait un velouté à mes patients qualifié de "nectar" par Jo, d'où une gentille invitation à prendre sur leur stock pour me faire le même à la maison. Je mitonne donc ma petite soupe, en mangeant des crevettes pour patienter - la recette est ultra-simple : des gousses d'ail hachées et 500 g de champignons revenus dans un peu d'huile d'olive, jusqu'à ce que ça soit bien fondant (avec l'eau rendue par les champignons surgelés, pas de risque que ça accroche), ensuite un demi-litre d'eau et un demi-bouillon cube de poule, on laisse ébullitionner, ensuite on coupe le feu, deux cuillères à soupe de crème fraiche et un coup de mixer, et c'est d'la balle. Je suis donc en pleine euphorie culinaire quand toc, coup à la fenêtre. Montée d'adrénaline, interrogation étonnée : Raph qui passe dire bonjour en rentrant du boulot ou deuxième nuit à la fraiche pour le chat ? Non, c'est un autre voisin, celui du rez-de-chaussée d'en face, un petit brun avec bouc et bouclettes qui s'approche doucement de la quarantaine et dépasse à peine de mes jardinières.
- Oui, bonsoir ?...
- Euh, bonsoir, vous vous appelez comment ?
- ??????? [oui, au moins sept] Euh, c'est pour quoi cette question ???
- Voilà, je suis votre voisin...
- D'en face, oui.
- Et ça fait un moment que je vous vois...
- Ben oui, ça fait deux ans que je suis là.
- Et je voulais vous dire que vous êtes non seulement jolie, et excentrique, et je trouve que vous avez des choses intéressantes à propos desquelles discuter [ok, donc toi tu m'as vue passer en culotte les matins où je suis trop pressée pour penser à fermer la fenêtre avant...]
- Oui, merci, c'est gentil [petit sourire gêné sans montrer les dents, au cas où j'aurais un bout de champignon coincé dedans, et pour pas paraitre trop engageante non plus]
- Juste comme ça, hein, je suis marié...
- Et vous avez des enfants, je sais :) [comme si ça empêchait quoi que ce soit...]
- Deux enfants, oui [et un bouledogue français, donc c'est mal barré pour qu'on devienne potes]. Donc c'est pour savoir si on pourrait discuter pour faire connaissance ?
- Oui mais là non, je rentre d'une grosse journée de boulot et je suis en pleine cuisine, repassez plutôt une aprèm où je suis là [merci merci merci à ma chef de m'avoir collé une intervention d'urgence demain aprèm, oui, je renonce à mon jour de repos, et avec joie !!!]
- Ah [déçu, manifestement], d'accord... Bon ben bonne soirée alors.
Et il est revenu deux minutes après pour me dire un très sincère "euh, Garance, merci" (oui, j'avoue, je lui ai lâché assez vite mon prénom, je déborde un peu trop de confiance en moi, sans doute).
Bilan : aujourd'hui mercredi 09/09/09, certains jouent au Loto, moi je gagne une conversation complètement improbable...
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