so fresh

Publié le

Comme la peinture qu'on a enfin, ça y est, tartiné sur les murs de la chambre de Fanny, youhou !
Contrairement aux prévisions pessimistes de Raphaël, comme on s'y est mises de deux heures et demi à neuf heures, on a quasiment terminé, et on aurait fini pour de bon si je n'avais pas eu une séance d'essayage en fin de journée et un pot avec Alex un peu trop tôt dans la soirée. Et aussi, surtout, si ces enc** de put** de couches de peintures trentenaires n'avaient pas résisté avec obstination à mes coups de raclette hebdomadaires et rageurs (astuce pour se motiver : penser à Harold), pour finalement se décoller toutes seules au passage du rouleau. Du coup, grattes ton rouleau, insulte tes organes génitoires (absents, donc toujours en tort), maudis la moitié de la planète, prends un pinceau et tapotes en réfrénant tes ardeurs et en priant très fort pour que la peinture finisse par tenir, et ignores superbement les petites miettes de peinture et d'enduit qui se sont collées un peu partout là où tu as passé le rouleau.
On s'est bien évidemment retrouvées constellées de tâches blanches du plus bel effet pointilliste sur toutes les parties du corps non vêtues (avantage non négligeable sur ma salle de bain : c'est de la peinture à l'eau, ce qui m'évite les cheveux blancs pendant trois mois) ; j'ai du perdre au bas mot deux litres et demi de sueur (mais après plus d'un mois de raclage des trois couches de peintures superposées, en même temps, je commence à être rôdée) ; le chat a trouvé moyen d'esquiver notre surveillance et de marcher juste dans la flaque de peinture tombée du seau quand il s'est malencontreusement jeté du haut de l'échelle ; et j'ai abandonné la partie quand l'heure du rendez-vous avec Alex était passée depuis dix minutes, parce que quand même j'avais une cloque percée à la base de chaque index.
Fanny a grave assuré malgré ses vertiges, en peignant les trois quarts de surface murale qu'elle arrivait à atteindre en restant au niveau du sol, et en m'affirmant que c'est son cadeau préféré de son anniversaire :)

Ensuite, le pot avec Alex a comme d'hab' dégénéré. On s'est enquillé cinq blanches au Petit Montmartre en délirant sur les dessins animés de notre jeunesse avec le serveur (qui nous a sorti un truc improbable du nom de Fulgurator), pour partir bien éméchés vers une heure et demi, et faire un tour de Corniche à moto - moi sans casque, évidemment. Mmh, les odeurs de la mer d'un côté et des pins de l'autre, et la vase du Vieux-Port qui nous a rappelé la péniche, et les pétarades de sa petite 125, et le contrôle de flics en arrivant au rond-point du Prado...
- Vous avez les papiers du véhicule ?
- Oui, bien sûr. Ah, non, ça c'est ceux de la voiture... Ah, et ça c'est l'ancien papier de l'assurance...
- Mais elle est assurée, votre moto, quand même ?
- Oui, oui, évidemment ! [en vrai la vignette sur le garde-boue date de 2007]
- Vous savez que vous montrez pas le bon exemple aux jeunes, en faisant ça...
- Ca veut dire qu'on n'est plus des jeunes ? [moi, naïvement bourrée]
- Ben on a fait ça parce que c'était pour un trajet très court et qu'il n'y a pas grand monde à cette heure-ci...
- Bon, monsieur, on verbalise pas, mais vous raccompagnez mademoiselle en poussant la moto.
- Après, une fois qu'on est partis, vous faites ce que vous voulez, mais on a des collègues qui tournent et c'est 90 euros d'amende, le défaut de port du casque.
- Ok, merci, bonne soirée ! [Alex se voyait déjà contraint de souffler dans le ballon, juste un drame...]
Bref, on a poussé la moto (enfin, surtout lui) le temps de franchir le rond-point jusqu'à St Joseph, un vrai supplice vu que les dernières bières commençaient à nous peser violemment sur la vessie, et finalement on est repartis comme on était venus et on s'est pas fait contrôler et c'était très chouette. Après on a re-bu une bière à la maison et à  trois heures on a décidé qu'on avait suffisamment déconné et qu'il était temps d'aller dormir (chacun chez soi, qu'est-ce que vous imaginez, oh la la...).

Ah, oui, et l'essayage en question c'était chez Saramani, au bout de la rue du Progrès, côté rue Benoit Malon (stratégiquement placée, donc, entre chez Fanny et chez Raph, le piège...), une chouette robe orange à motifs tournesols, en tissu africain bien sûr sinon ça serait juste pas possible. Le principe, c'est que Catherine dessine les modèles et que deux tailleurs les réalisent à Dakar, donc ça donne un mélange entre coupes occidentales et tissus africains, c'est éthique et équitable, et ça donne envie de tout acheter (je me suis restreinte à cette robe estivale, donc, plus une robe de la collection d'hiver, plus un bandeau pour Fanny qui normalement devrait réussir à tenir malgré ses cheveux tout lisses et tout glissants). Bref, une jeune nana très sympa, totalement en accord avec Sido et moi à la fois sur la démarche de création et sur l'incompétence crasse du chevelu qui organise les marchés de créateurs sur le Cours Ju.

A part ça, momo télécharge plus vite le premier X-Men que le dernier épisode de True Blood, arghhhhhhhh. Et j'ai tellement mangé aujourd'hui que ma patiente d'Allauch me soupçonne d'héberger un polichinelle (qui serait de qui, franchement ?!). Ah, oui, et ne ratez pas (pour les Marseillais) le big band des Outch Men Orchestra jeudi prochain au Paradox, et après ça, samedi à 20 h, l'ouverture du Festival d'Art Lyrique à Aix, concert gratuit où notre Caroline chérie interprètera Eurydice (il me reste deux places dans la voiture pour les amateurs, sous réserve que Fanny se fasse prolonger son arrêt et soit donc dispo pour venir). Et tant qu'on est dans la page de pub, j'ai les fringues de Sido à la maison donc n'hésitez pas à continuer à faire passer le mot :) - tiens à propos de pub, je sais pas si vous avez vu les affiches pour tf1 en ce moment, mais je trouve que ça illustre particulièrement bien le concept de cerveau disponible, les personnages ont tous l'air décérébré, un truc de pervers, grave. Comme dit Fanny, le gars sur son canapé prétendument en train de regarder Les Experts a plus l'air de se demander comment il a atterri dans une position pareille que qui c'est-y finalement the vilèïne. Oh, et toujours à propos, le bouquin de Chloé Delaume, là, J'habite dans la télévision, est très bon, notamment l'extrait de la thèse (imaginaire ??) qui applique les structures narratives du conte déterminées par Propp aux émissions de téléréalité. Je ne vous dis rien de plus, y a trop de bons passages pour coller des extraits, mais si vous cherchez un bouquin original, drôle et instructif, dans un style très personnel et hautement poétique (= c'est normal si on comprend pas tout, l'auteure est quand même bien barrée), cumulez un petit plaisir et une bonne action en commandant ce livre au Greffier de Saint Yves :)
Publicité

Publié dans petites histoires

Commenter cet article

Y
Je risque de ne pas pouvoir acheter ledit bouquin à l'endroit cité, mais j'y penserai si je passe par ex. chez Decitre (au hasard hein !)Ah oui, et j'ai essayé de dire "la rue de la Ré" à des potes, ben ça passe pas. Faut sortir un minimum de combien de fois dans l'année pour connaître l'abréviation ? (que, au passage, j'avoue, tu m'as apprise)PS: Je n'ai personnellement rien contre l'alcool au guidon, mais je connais le pote d'un coloc de l'an dernier qui a failli se tuer tout seul comme un grand en rentrant en scooter après quelques verres de trop il y a quelques années, et j'aimerais continuer à discuter avec toi !
Répondre