groar
Petit séjour à Lyon, donc. Pour la première fois depuis que je fréquente cette ville, j'ai du temps libre pour moi toute seule - enfin une occasion de m'approprier les lieux, puisque, même si je repère les principaux monuments, je reste incapable de les relier mentalement, donc de m'orienter toute seule comme une grande. Je pose mon sac en consigne (me sentant très "grande voyageuse en transit"), et je m'arme de l'outil indispensable à ma première balade : un plan !
On commence sobre, avec un trajet direct de la gare au Rhône, en suivant le cours Lafayette - facile, Juliette y a vécu des années. Premier pont, presqu'île, deuxième pont (la Saône), quartier St-Jean, le médiéval. J'y entre par la rue de la Baleine, bien trop étroite pour laisser passer autre chose qu'un poisson-chat, et je tombe en arrêt devant une toute petite vitrine pleine de plantes carnivores - une drosera (c'est minuscule, en fait !) est en train de finir de digérer une mouche, mmh... Petite déambulation devant les vitrines gratuites du Musée de la Miniature, assez hallucinantes - l'épicerie, la bibliothèque, le pensionnat, tout est reproduit en détail, jusqu'aux compteurs électriques et au bocal de bonbons (en perles de rocaille !).
Je reviens lentement vers la place Bellecour, où travaille Juliette, en choisissant de passer par la passerelle St-Georges (ou Abbé Paul Couturier, zont pas l'air bien fixés sur la question), parce qu'elle est rouge. Je constate tranquilement que le débit de la Saône est bien plus pépère que celui du Rhône, quand d'un coup, je couine "iii ! ça bouge !!". Le pépé devant moi, et le joggeur qui arrive derrière, charrient gentiment ma naïve spontanéité : ben oui, une passerelle, c'est pas un pont, donc quand y a du vent, ça oscille. Logique, n'empêche que ça fait bizarre !
J'arrive rue Victor Hugo et propose à un pauvre gars de répondre à son sondage sur le champagne, du coup il est tout content - c'est rien, monsieur, j'ai fait ce job de merde pendant trois ans, je ne peux que compatir... D'autant qu'en tant que lundi et férié, la ville est morte, rien n'est ouvert, pas de piétons, pas de circulation, et un temps frileux qui n'incite pas à la balade décontractée (sauf quand on a trois heures à tirer avant de déjeuner avec une copine). Bref, je me pose sur la place Bellecour, et sirote un café en attendant que Juliette finisse sa matinée - rien d'autre à faire que d'observer un pigeon se rengorger et faire le beau dans l'espoir de sauter une pigeonne étique et lunatique. Pour tuer les vingt minutes restantes avant treize heures, je fais le tour de la place au ralenti, et finis par rentrer chez Decitre, la librairie où bosse Juliette. Je tombe en arrêt devant le rayon des bouquins spécial mariage (??), et suis en train de détailler les raisons qui poussent à offrir tel bouquin ("la soupière en porcelaine rose à fleurs jaunes est hideuse et tante Yvonne a déjà mis une option dessus") quand une vendeuse se pointe avec son portable et me le passe en disant "euh, Juliette voudrait vous parler" - arf, fin de mon incognito :)
Déj avec Ju, donc, d'un méchant hamburger artisanal au Ninkasi (salle de concert réputée qui a ouvert des troquets un peu partout dans le centre) - le serveur quadragénaire est doté d'une paire d'yeux bleus qui rattrape heureusement son accent pseudo-chti.
L'aprèm, re-balade, cette fois jusqu'à la basilique de Fourvière, via un petit jardin public (ça pullule à Lyon) et la montée du Gourguillon, toute pavée, en haut de laquelle je tombe face à une maison tapissée de lierre, où un chat biface façon Lumi prend le soleil sur un bord de fenêtre. N'a pas daigné regarder mon objectif, ce paresseux... Arrêt place des Minimes, où une pente herbeuse et drue provoque des envies de dégringolade à plat ventre, mais hélas j'ai passé l'âge. Au lieu de, je vérifie mon plan, et continue l'ascension de la colline. L'accès à la basilique se fait par les Jardins du Rosaire, envahis de jasmins, de rosiers et de cerisiers (mais grimper aux arbres aussi, j'ai passé l'âge...). Le point de vue est spectaculaire, de là-haut : toute la ville à mes pieds, le Mont-Blanc au fond, et la nappe de pollution pour l'effet flou artistique. Redescente par une infinie volée de marches, qui débouche dans la Montée des Carmes Déchaussés (devaient donc monter pieds nus, ces masochistes), qui elle-même débouche place St-Paul, quartier tout aussi médiéval que St-Jean, modernisé un peu à l'arrache par le dépôt de trams. En redescendant vers la presqu'île, je croise pour la troisième fois une maman et sa petite Juliette en trottinette, et là, quand même, elle me fait un sourire de connivence :)
Retour vers la gare par la rue Constantine, où je repère un tee-shirt parfait pour Sido (mais la boutique est bien sûr fermée), puis place des Terreaux, Opéra, traversée du Rhône et retrouvailles avec Yann, fraichement débarqué de Toulouse. Un saut dans sa résidence universitaire, où je rencontre son coloc Lionel, patissier inventif (le gateau à la patate douce, à tester), et papote autour d'une bière ambrée sans bulles au Ninkasi, l'original cette fois. Puis retour dans le centre, montée à la Croix-Rousse pour un diner au Comptoir des vins, malheureusement fermé, donc invit' à l'arrache chez Juliette et Papo, rôti et lentilles, bavardage jusqu'à une heure déraisonnable (deux, en fait), et dodo.
Mardi, grasse mat' et petit-déj en famille, le petit Etienne gazouille et sourit, c'est bien le premier môme dont je suis heureuse de m'occuper. Déjeuner avec Claire, une copine de lycée à Aix, installée à Lyon, ex-collègue de Juliette à la librairie, enceinte de son deuxième (cette manie de trentenaire, j'vous jure...), et puis retrouvailles avec Béryle, une copine de fac à Paris, installée elle aussi à Lyon, pas revue depuis sept ans - elle n'a pas changé, par contre sa fille, oui ! La dernière fois que je l'ai vue, elle faisait un caprice pour manger ses légumes, et maintenant elle a des posters de Twilight et des coffrets de maquillage partout dans sa chambre... Retour chez Juliette, petite balade au parc de la Tête d'Or pour aérer Etienne, et je me fais brancher par un rasta partant pour me faire trois mioches - nan mais ça va aller, là...
Mercredi, Juliette part bosser et je me retrouve à baby-sitter Etienne pour que Papo puisse consulter ses mails tranquillement. On joue au ballon, il gazouille toujours et sait parfaitement utiliser le langage non-verbal pour compenser l'obscurité de ses monosyllabes bavouilleuses :) Déjeuner avec Yann, retour à la boutique punk pour le tee-shirt de Sido, et pause au Pub Danois, où on enquille les bières en discutant de notre sujet de prédilection, les relations (complexes !) hommes-femmes. Passage éclair au glacier, Yann fait tomber son cornet en voulant ranger son portefeuille ("tu voulais pas un coup de main ?!" - "chui un homme, j'demande pas"), saut chez Juliette pour récupérer mon sac, et retour.
Bref, une très belle ville, mais beaucoup trop propre !!
PS pour Yann : 1) le tee-shirt de Sido lui va à ravir, mais en M il aurait effectivement été trop grand et 2) j'ai cru que "centerfold" c'était une elfe tueuse à magic, mais google m'a déniaisé, et Sido assure qu'elle n'a jamais eu d'aussi beau compliment de la part d'un inconnu (et elle est encore mieux en vrai...).
On commence sobre, avec un trajet direct de la gare au Rhône, en suivant le cours Lafayette - facile, Juliette y a vécu des années. Premier pont, presqu'île, deuxième pont (la Saône), quartier St-Jean, le médiéval. J'y entre par la rue de la Baleine, bien trop étroite pour laisser passer autre chose qu'un poisson-chat, et je tombe en arrêt devant une toute petite vitrine pleine de plantes carnivores - une drosera (c'est minuscule, en fait !) est en train de finir de digérer une mouche, mmh... Petite déambulation devant les vitrines gratuites du Musée de la Miniature, assez hallucinantes - l'épicerie, la bibliothèque, le pensionnat, tout est reproduit en détail, jusqu'aux compteurs électriques et au bocal de bonbons (en perles de rocaille !).
Je reviens lentement vers la place Bellecour, où travaille Juliette, en choisissant de passer par la passerelle St-Georges (ou Abbé Paul Couturier, zont pas l'air bien fixés sur la question), parce qu'elle est rouge. Je constate tranquilement que le débit de la Saône est bien plus pépère que celui du Rhône, quand d'un coup, je couine "iii ! ça bouge !!". Le pépé devant moi, et le joggeur qui arrive derrière, charrient gentiment ma naïve spontanéité : ben oui, une passerelle, c'est pas un pont, donc quand y a du vent, ça oscille. Logique, n'empêche que ça fait bizarre !
J'arrive rue Victor Hugo et propose à un pauvre gars de répondre à son sondage sur le champagne, du coup il est tout content - c'est rien, monsieur, j'ai fait ce job de merde pendant trois ans, je ne peux que compatir... D'autant qu'en tant que lundi et férié, la ville est morte, rien n'est ouvert, pas de piétons, pas de circulation, et un temps frileux qui n'incite pas à la balade décontractée (sauf quand on a trois heures à tirer avant de déjeuner avec une copine). Bref, je me pose sur la place Bellecour, et sirote un café en attendant que Juliette finisse sa matinée - rien d'autre à faire que d'observer un pigeon se rengorger et faire le beau dans l'espoir de sauter une pigeonne étique et lunatique. Pour tuer les vingt minutes restantes avant treize heures, je fais le tour de la place au ralenti, et finis par rentrer chez Decitre, la librairie où bosse Juliette. Je tombe en arrêt devant le rayon des bouquins spécial mariage (??), et suis en train de détailler les raisons qui poussent à offrir tel bouquin ("la soupière en porcelaine rose à fleurs jaunes est hideuse et tante Yvonne a déjà mis une option dessus") quand une vendeuse se pointe avec son portable et me le passe en disant "euh, Juliette voudrait vous parler" - arf, fin de mon incognito :)
Déj avec Ju, donc, d'un méchant hamburger artisanal au Ninkasi (salle de concert réputée qui a ouvert des troquets un peu partout dans le centre) - le serveur quadragénaire est doté d'une paire d'yeux bleus qui rattrape heureusement son accent pseudo-chti.
L'aprèm, re-balade, cette fois jusqu'à la basilique de Fourvière, via un petit jardin public (ça pullule à Lyon) et la montée du Gourguillon, toute pavée, en haut de laquelle je tombe face à une maison tapissée de lierre, où un chat biface façon Lumi prend le soleil sur un bord de fenêtre. N'a pas daigné regarder mon objectif, ce paresseux... Arrêt place des Minimes, où une pente herbeuse et drue provoque des envies de dégringolade à plat ventre, mais hélas j'ai passé l'âge. Au lieu de, je vérifie mon plan, et continue l'ascension de la colline. L'accès à la basilique se fait par les Jardins du Rosaire, envahis de jasmins, de rosiers et de cerisiers (mais grimper aux arbres aussi, j'ai passé l'âge...). Le point de vue est spectaculaire, de là-haut : toute la ville à mes pieds, le Mont-Blanc au fond, et la nappe de pollution pour l'effet flou artistique. Redescente par une infinie volée de marches, qui débouche dans la Montée des Carmes Déchaussés (devaient donc monter pieds nus, ces masochistes), qui elle-même débouche place St-Paul, quartier tout aussi médiéval que St-Jean, modernisé un peu à l'arrache par le dépôt de trams. En redescendant vers la presqu'île, je croise pour la troisième fois une maman et sa petite Juliette en trottinette, et là, quand même, elle me fait un sourire de connivence :)
Retour vers la gare par la rue Constantine, où je repère un tee-shirt parfait pour Sido (mais la boutique est bien sûr fermée), puis place des Terreaux, Opéra, traversée du Rhône et retrouvailles avec Yann, fraichement débarqué de Toulouse. Un saut dans sa résidence universitaire, où je rencontre son coloc Lionel, patissier inventif (le gateau à la patate douce, à tester), et papote autour d'une bière ambrée sans bulles au Ninkasi, l'original cette fois. Puis retour dans le centre, montée à la Croix-Rousse pour un diner au Comptoir des vins, malheureusement fermé, donc invit' à l'arrache chez Juliette et Papo, rôti et lentilles, bavardage jusqu'à une heure déraisonnable (deux, en fait), et dodo.
Mardi, grasse mat' et petit-déj en famille, le petit Etienne gazouille et sourit, c'est bien le premier môme dont je suis heureuse de m'occuper. Déjeuner avec Claire, une copine de lycée à Aix, installée à Lyon, ex-collègue de Juliette à la librairie, enceinte de son deuxième (cette manie de trentenaire, j'vous jure...), et puis retrouvailles avec Béryle, une copine de fac à Paris, installée elle aussi à Lyon, pas revue depuis sept ans - elle n'a pas changé, par contre sa fille, oui ! La dernière fois que je l'ai vue, elle faisait un caprice pour manger ses légumes, et maintenant elle a des posters de Twilight et des coffrets de maquillage partout dans sa chambre... Retour chez Juliette, petite balade au parc de la Tête d'Or pour aérer Etienne, et je me fais brancher par un rasta partant pour me faire trois mioches - nan mais ça va aller, là...
Mercredi, Juliette part bosser et je me retrouve à baby-sitter Etienne pour que Papo puisse consulter ses mails tranquillement. On joue au ballon, il gazouille toujours et sait parfaitement utiliser le langage non-verbal pour compenser l'obscurité de ses monosyllabes bavouilleuses :) Déjeuner avec Yann, retour à la boutique punk pour le tee-shirt de Sido, et pause au Pub Danois, où on enquille les bières en discutant de notre sujet de prédilection, les relations (complexes !) hommes-femmes. Passage éclair au glacier, Yann fait tomber son cornet en voulant ranger son portefeuille ("tu voulais pas un coup de main ?!" - "chui un homme, j'demande pas"), saut chez Juliette pour récupérer mon sac, et retour.
Bref, une très belle ville, mais beaucoup trop propre !!
PS pour Yann : 1) le tee-shirt de Sido lui va à ravir, mais en M il aurait effectivement été trop grand et 2) j'ai cru que "centerfold" c'était une elfe tueuse à magic, mais google m'a déniaisé, et Sido assure qu'elle n'a jamais eu d'aussi beau compliment de la part d'un inconnu (et elle est encore mieux en vrai...).
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