mal, très mal
On a beau savoir à quoi s'attendre, un jour, et se préserver, en attendant, quand ça tombe, ça fait mal, très mal.
Raphaël est donc parti, ce soir. Il est rentré du boulot, il faut qu'on parle. Je suis désolé, mais je ne vais nulle part dans cette relation. Je me sens coupable, mais j'ai envie d'autre chose. Je me sens merdeux, mais je pars. C'est abrupt, soudain, violent. Pas inattendu. Pas prévu, non plus. J'ai mal, nom d'un chien, j'ai mal. J'ai mal de l'entendre entasser quelques fringues dans un sac, mal de le voir débrancher son portable et son ordi, mal de lui demander une dernière étreinte parce que je ne l'ai pas vu hier soir, ni ce matin, ni à midi. J'ai mal de vider la salle de bain de ses affaires après son départ, mal de ranger ses bouquins dans un coin, mal d'effacer ses photos de mon portable, mal de rassembler ses papiers, mal de voir encore ses vêtements sur l'étagère. Très mal de l'entendre me dire "à un de ces quatre" en partant. Non, s'il te plait. Ne me dis pas ça. A bientôt, simplement.
J'ai froid.
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