amateurs de sensations fortes, bonsoir...

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Mes amis, quel enchainement spectaculaire d'émotions riches et variées viens-je de vivre, j'vous raconte pas. Enfin si, sinon c'est pas drôle :)
 
Vendredi soir, ça commence par une overdose de sushis et makis chez un pote, David. Ce garçon, que j'ai rencontré de manière relativement improbable, est tout à fait étonnant. D'abord, je l'ai invité à rejoindre une conversation de filles basée sur le chiffon (et les couches, mmh), en lui assénant que j'avais la très nette impression de l'avoir déjà vu. Extrait du dialogue initial :
(moi, cherchant à savoir d'où on pouvait bien s'être croisés)
Tu fais des gn ?
(lui)
Des quoi ??
(moi)
Nan, t'en fais pas.
Il s'est avéré qu'il était, en fait, dans le même lycée d'ébénisterie que moi il y a dix ans, et nous sommes partis en discussion sur les gens qu'on avait connu là-bas. Comme tout ça se passait à la méga-soirée des trente ans de mon Alex-Poum-Tchak préféré, on a meublé la nuit en continuant la papote. Et il se trouve que David, après avoir bourlingué à droite à gauche, a monté sa boite de catering [les gens qui font la bouffe pour les équipes de tournage de films, de montage de spectacles, concerts, etc], et travaille à côté comme gardien d'un château anglais situé au pied du Montaiguet [là où ont habité mes deux paires de grand-parents, et où mon père construit sa baraque]. Sympathie étant faite, on a échangé nos 06 et on s'est promis de se faire une bouffe sous peu, dont acte vendredi, donc.
Je trouve ça assez fun de copiner avec un grand, brun, barbu, à cheveux longs, voyageur émérite, ancien ébéniste et actuel cuisinier. Les initiés partageront mon amusement, je pense...
Bilan émotionnel : plaisir gustatif et intellectuel :)

Samedi, ça continue pépouze, avec une "soirée comme ça" de ma copine Sophie, la petite blonde à forte poitrine que certains ont aperçue à mon aniv l'an dernier. On ne s'était guère revues depuis, et c'est ballot, puisqu'il se trouve qu'elle habite dorénavant de l'autre côté du boulevard Baille, à une distance équivalente à celle qui me sépare dudit boulevard. On picole, on mange, on rigole, on s'embrasse (oui, je kiffe cette fille et on aime bien se faire des câlins pour se montrer que c'est réciproque, mais tout ça reste parfaitement dans les limites de ce que la morale impose !).
Bilan émotionnel : chaleur de l'amitié réitérée :)

Dimanche, vous l'avez lu, j'enterre Maurice, et je baptiste son successeur (désolée, Yann, mais c'était Maurice aussi, ou Toutou...) (cherche pas à comprendre, moi-même j'ignore mes motivations).
Bilan émotionnel : nostalgie, exaltation, prise de tête :)

Aujourd'hui, journée continue chez Marie. Tranquille, surtout la balnéo pendant une heure, son eau à 33 degrés et ses jets massants. Je repars, avec dans l'idée de faire un crochet chez Harold pour récupérer de la thune de l'asso et poser demain les chèques à la banque. Pour bien faire sentir toute l'intensité dramatique de ce retour exceptionnel, laissez-moi vous brosser la situation en quelques traits rapides.
En sortant de chez Marie, à Fuveau (40 km de Marseille, un peu avant Aix), je prends une nationale - un billard, vitesse moyenne 110 à l'heure, peu de monde, tout baigne. Au bout de cette nationnale, le tronçon d'autoroute interrurbaine qui arrive d'Aix - un billard, vitesse moyenne 100 km, un peu plus de monde, mais ça continue à baigner. Ce tronçon a trois voies, jusqu'à passer après Plan-de-Campagne, où les deux voies de gauche se rejoignent, et où une sortie, à droite, permet de rejoindre l'autoroute qui va du côté de Marignane, Vitrolles, etc. Ce coin-là est un peu périlleux, parce qu'il y a toujours des tarés qui veulent absolument doubler le boulet de la voie du milieu avant de se rabattre, et que les clampins de la voie de droite ralentissent, rapport à ceux qui prennent la sortie. Mais bon, je connais et je gère, en me rabattant à droite - vitesse moyenne 100 toujours, commence à y avoir du monde, et la partie sportive du trajet arrive très vite.
En effet, juste après ce rétrécissement de trois à deux voies, dont celle de droite peuplée de véhicules potentiellement moins rapides que celle de gauche, les deux voies débarquent sur le tronçon principal de l'autoroute qui va vers Marseille. Donc c'est un peu technique, parce qu'on a
- deux voies qui arrivent, à droite, de l'autoroute de Marignane, Vitrolles et tout le bassin de l'Etang de Berre
- deux voies qui débouchent par la gauche et n'ont donc pas la priorité sur les occupants de l'autoroute Marignane etc
- une de ces deux voies sur laquelle les gens roulent plutôt à 90, et doivent s'engager au milieu des autres, qui roulent plutôt à 100 voire 130
- et ces deux voies qui affluent qui se regroupent en une seule immédiatement après avoir rejoint l'autoroute principale, pour en faire la voie de gauche finale.
En gros, si vous êtes un conducteur mou (ou prudent), vous devez traverser trois voies d'autoroute pour rattraper celle de droite et recommencer à souffler.
Je prépare donc ma manoeuvre pour passer discrètement de la bi-voie de gauche à celle du milieu, attendu que la voie de gauche en question est en cours de rétrécissement, mais permet encore à deux voitures de rouler de front, et que tout un tas de bagnoles débarque à toute berzingue sur cette putain de voie du milieu que je tente d'atteindre.
Et là, j'entends comme un bruit suspect. Comme je suis un peu parano avec ma bagnole, je coupe le son, je scrute la camionnette pourrie qui me double, et je sens un peu trop de creux et de bosses sur la route pour qu'elle soit juste déformée... De fait. Pneu avant gauche crevé. A 110 km/h. Sur la voie de gauche d'un confluent d'autouroute. A sept heures du soir, heure de pointe locale. Le temps de ralentir et de mettre mes warnings, je vois fuser mon enjoliveur - oups, attention derrière... Personne ne va me laisser me rabattre, BORDEL !!! Ben non. Quand j'ai vu le pneu lui-même jaillir, je me suis rabattue vite fait le plus à gauche possible sur les zébras, tant pis, dégager le passage et m'arrêter avant de finir encastrée dans les cyprès du terre-plein central.
La suite de l'histoire est moins palpitante : j'ai appelé Renault Assistance, qui m'a dit d'appeler les flics, qui m'ont dit qu'ils transmettaient à la patrouille concernée, qui est arrivée moins d'une minute plus tard. Les flics ont bloqué la circulation, rapatrié la voiture sur la bande d'arrêt d'urgence, changé le pneu. Je suis passée chez Harold, et je suis rentrée.
Bilan émotionnel : un empoisonnement sanguin à l'adrénaline, une puissante envie de crucifier le garagiste d'Arcade, un récapitulatif mental de tout ce que le directeur va m'entendre hurler dans son bureau, et, quand même, un sourire en me revoyant, vaste pantalon rouge et somptueux gilet jaune, accroupie comme une poule couveuse sur la bande d'herbe brûlée du terre-plein, maugréant contre ma bagnole pourrie et mon job de merde :)
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Publié dans petites histoires

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