wouhou !!!

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Vous l'aurez compris, l'esprit de ce billet est résolument jovial.
D'abord, j'ai oublié de vous le dire et c'est en soi un petit scandale, mais Yann de Toulouse s'est qualifié au QT [tournoi de qualification magic] de Paris voilà quelques jours (oui, deux semaines, mea culpa) et va donc participer au pro-tour d'Hollywood au mois de juin (me semble-t-il). Donc, un grand bravo, parce que c'est pas donné à tout le monde et j'en connais qui galèrent à ce petit jeu :).
Ce qui est comique dans l'histoire, c'est que Raphaël et lui avaient eu un grand débat sur "faut-il mettre la pression à son adversaire pendant une partie pour le pousser à faire des erreurs et donc tenter de prendre l'avantage histoire de gagner facile", et que Yann était tout à fait scandalisé par cet état d'esprit, tandis que Raphaël trouvait de la plus grande finesse stratégique une technique de déstabilisation aussi élaborée qu'une question anodine en plein match du genre "Au fait, y a combien de frites dans ton sandwich ?" - et là, bam, l'adversaire répond (qu'en fait, comment dire, il n'a pas vraiment compté) et oublie de faire une action fondamentalement importante sur une de ses cartes, et re-bam, il a perdu, c'est la loose. Bref, tout ça pour dire que Yann gagné ce pro-tour en mettant la pression à tous ses adversaires façon partie de poker, qu'il avait son petit fan club de potes admiratifs à chaque match, et qu'au final notre hippie millésimé 2008 préféré va représenter la France aux côtés des grands professionels de la chose, et voir la Cité des Anges par la même occasion.
Le deuxième wouhou, c'est the bonne affaire du jour. Comme on est invités à une soirée "classe" samedi soir pour la pendaison de crémaillère de Vincent (mon pote aux beureks de la soirée exotique) et sa copine Daria (dont je pense que vous entendrez parler vu comme elle est trop excellente), que Raphaël se sentait une balade aux calanques cet aprèm (oui, j'ai lâchement droppé le boulot, voir plus bas), et que j'ai réussi à faire en sorte que mme M jette une partie de son bordel sous la forme d'un méga sac de fringues, on a fait un saut chez Emmaus. Et là, à l'étage, où sont vendues les fringues classe (sinon ça sert à rien d'y aller, relisez le début de la phrase précédente, bon sang), je tombe sur une jolie petite jupe qui ira très bien avec mes chaussures de fille offertes par mon homme (on le saura !), oui, avec les marrons et avec les grises, et je trouve une paire de baskets énormes genre pompes de skatteurs, rouges, avec gros lacets blancs, qui tombent à pic pour remplacer la paire que j'ai explosé aux calanques ce week-end avec Hélène et André (aucun rapport de cause à effet entre eux et ce malheureux accident), et surtout, surtout, surtout, je me suis dégotté un manteau trois-quart rouge vif, ultra bien coupé, d'une marque genre boutique de la rue Paradis pour dames respectables (et friquées) ayant passé la cinquantaine, cachemire et laine s'il vous plait, qui me va à la perfection, et dont l'inutilité dans ma penderie (où il va rejoindre le très long manteau rouge très classe aussi, la veste longue bordeaux ramenée de ma dernière virée à la capitale, le manteau couette kaki skunkfunk prix cadeau, la veste velours côtelé bleue avec accroc souvenir, le trench trop grand mais bien quand il pleut, la polaire pour le ski mais pratique au quotidien, et je crois que c'est tout et c'est déjà pas mal), cette inutilité, donc, est compensée par le fait qu'il m'a coûté la somme ridiculement basse de 15 euros... soit d'après les estimations de mon matheux préféré, environ vingt fois moins que sa valeur en boutique pendant les soldes. :D. Maintenant, y a intérêt qu'il caille à Paris quand j'y serais, parce que c'est pas le tout d'avoir de la classe si on peut pas frimer avec :)
Pour continuer sur cette lancée hautement euphorique, je me remonte toute seule dans mon estime depuis quelques jours (c'est fou l'effet d'une bête de frange sur le moral !), rapport au boulot bien sûr puisque c'est surtout là que je pèche par manque de couilles. Concrètement, la mme M évoquée plus haut est nantie d'un tout petit appartement très très très surchargé, d'une sclérose en plaques qui lui fait régulièrement des crasses et justifie mes interventions chez elle bien qu'elle ait au bas mot trente ans de moins que mes bénéficiaires usuelles, et surtout, d'une merdeuse de 18 ans que je rêve de présenter à Yannick pour qu'il lui explique un peu la life, tellement elle est insupportable. Je passe sur les détails mais une gamine qui tape sa mère à la moindre contrariété, qui utilise la pension alimentaire de son père pour s'acheter du Calvin Klein, du Women's Secret et du Sonia Rykiel, et qui considère que les tâches ménagères sont dévolues à sa mère qui ne travaille pas, tout en changeant de fringues trois fois par jour  (une lessive à chaque fois...), moi, ça me sort par les trous de nez. Chez mme M, donc, je suis chargée bien sûr de faire le ménage (les premières fois c'était trois heures de vaisselle, histoire de vous situer le topo), et de l'aider à ranger son appart, qui est en bordel parce qu'il est petit, qu'elles sont deux à y vivre, et que mme M a des poussées d'angoisse et des attaques de paralysie à l'idée de jeter le moindre morceau de prospectus périmé. Donc la semaine dernière, on attaque la phase rangement et je stocke les godasses de sa gamine dans un coin improblable, au-dessus du bureau, à côté du range-boucles-d'oreilles. Forcément, comme cette pisseuse ne veut pas que je nettoie "son" coin mais qu'elle-même ne le fait pas, quand j'ai besoin de passer l'aspi je déplace ses affaires. Bref. Ce matin mme M me dit "je vais vous gronder, Isabelle m'a pourri parce que vous avez oublié de remettre ses chaussures en place vendredi dernier". Et là, au lieu de m'écraser lâchement comme d'habitude, j'ai répondu très calmement que j'étais là pour l'aider, elle, à faire le ménage, que je ne peux pas le faire correctement avec les affaires de sa fille au milieu, que je comprenais que sa fille ait été gênée de retrouver ses chaussures à cet endroit, mais que si elle rangeait lesdites affaires la veille de mon arrivée ce genre d'incident n'arriverait pas. Ca n'a l'air de rien et vous devez avoir hâte de finir cette lecture soporifique, n'empêche que j'étais très fière de pouvoir lui répondre, au lieu de glousser bêtement comme d'hab, et de pouvoir lui dire les choses très clairement et, nonobstant [:)], très calmement. Après on a rangé encore plus de son bordel et elle était contente et moi aussi. Fin de l'histoire, merci d'avoir resté avec nous (les auditeurs du Mouv' auront compris l'allusion).
Et puis sinon, toujours au boulot mais version rapport à la hiérarchie, j'ai décidé d'expliquer au directeur que je ne signerais pas l'avenant à mon contrat montant mon nombre d'heures mensuelles à 130 (au lieu de 110 actuellement), car je n'apprécie pas du tout la manière dont le comptable m'a forcé la main pour l'accepter, allant jusqu'à me faire du chantage à la paye (schématiquement, "Vous n'avez pas le temps de réfléchir avant de dire oui parce que là je clôture les payes et vous ne serez payée que le mois prochain si vous dites non"...). En gros "ils" sont ravis que je fasse des heures sup' en acceptant toutes les missions qu'on me propose, mais ils sont pas trop chauds pour me les payer, alors ils me proposent de les récupérer sous forme de jours de congés et d'heures complémentaires pour les mois où je ferais moins que mon quota d'heures. Bien sûr, et ma proprio sera enchantée d'apprendre que je ne peux pas payer mon loyer parce que j'ai échangé des heures de salaire contre des jours de congés. Donc voilà, je vais aller pousser une gueulante lundi prochain, et si quelqu'un a un job à me proposer je suis preneuse !!
Dernière pensée boulot mais + wouhou, j'ai récupéré ma bonne vieille titine à moi, qui s'accroche à la route comme une limace à la salade, et je m'y suis réinstallée comme dans un lit douillet, ça me change de la bagnole de remplacement qui partait toute seule à l'aventure et calait en première. Si vous avez des courses à faire, j'offre la balade :)nti_bug_fck
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Publié dans petites histoires

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