eh ben tu vois, l'âne, t'es pas mourru...
Et donc tel l'âne, je reprends du service, parce qu'il faut bien dire que là ça fait un sacré bail, et qu'il s'est passé deux-trois trucs que peut-être certains d'entre vous seront intéressés d'apprendre (j'ai un vieux doute sur la syntaxe de cette phrase, là).
Je vous avais laissé sur un lumbago de stress fulgurant et une pénurie de café totalement abusive, réglons donc ces points avant toute chose. Ayant finalement trouvé un sujet d'APP le mercredi (à rédiger pour le vendredi matin, rappel), mon dos s'est débloqué tout seul comme un grand le soir même, à mon bien sûr plus grand soulagement. Ma première partie de stage s'est mieux terminée que son début (même s'il m'a fallu plus de trois semaines pour y trouver ma place, j'ai fini par y arriver), le retour en cours s'est bien passé, ma deuxième partie de stage, toujours en psychiatrie mais cette fois-ci "de ville" s'est extrêmement bien passée, je postule dès le diplôme en poche, et le re-retours en cours et les partiels auraient été parfaits si je n'avais pas eu droit à mon premier rattrapage, un scandale. Une matière pour laquelle les troisième année nous avaient prévenus qu'il fallait "laisser son cerveau à l'entrée de l'amphi", bien qu'elle repose sur de la logique, mais apparemment la logique particulière des gens qui préparent le sujet et pas la logique-logique, et en plus le rattrapage était encore plus merdique que le partiel initial, ce qui fait que je ne suis même pas sûre de ne pas me retaper cet exam de merde en décembre. Bref.
Pour ce qui est du café, j'ai survécu en buvant du Honduras, pas top, jusqu'au jour où André a trouvé du café des Caraïbes, qui rappelons-le regroupent Haïti et la République Dominicaine, je suis donc de nouveau fréquentable :).
A part ça, il y a eu les vacances d'avril, un grand moment de l'histoire du déménagement... Je suis descendue à Marseille avec le camion de Rose, un machin hors d'âge qui ignore royalement la notion d'isolation phonique et ne doit pas dépasser pas le 100 km/h sous peine de représailles, dont le levier de vitesse a un vrai problème relationnel avec les gares de péage (dix minutes pour réussir à repasser une vitesse, n'importe laquelle pourvu que je puisse démarrer, bordel), et qui a dramatiquement souffert sur les pentes de l'autoroute d'Auvergne, atteignant très péniblement le soixante à l'heure, ce qui m'a fait craindre le pire pour le retour (j'étais alors à vide, ce qui laissait supposer qu'une fois plein, faudrait descendre et pousser...). Mais bon, il faut bien avouer que quand je suis montée à bord, chez Rose, et que j'ai mis le contact (avec la clé à gauche, et qu'il faut tourner à l'envers...), je me suis senti pousser une paire de couilles de la taille d'un ballon de basket :)
Arrivée chez André, il a fallu emballer et descendre à la cave les affaires de Lakshmi, sa coloc qui avait déserté les lieux depuis Noël faute d'être appréciée par Monique, la mère d'André (qui vivait aussi sur place), une fille adorable mais pas super efficace, faut bien l'avouer. Ensuite il a fallu convaincre sa mère que non, André n'avait pas l'intention de l'envoyer à l'hospice, la preuve c'est qu'il lui a trouvé un petit appart, et que oui, bien évidemment, elle avait les moyens de le payer, l'idée n'étant pas non plus qu'elle se retrouve à la rue. Ca a été un peu fastidieux, la faute à de légers problèmes cognitifs et des relevés de compte à peu près aussi compréhensibles qu'une notice traduite du coréen par Google, mais on a réussi à la rassurer. Après, forcément, il a fallu emballer ses affaires et la déménager, plus faire 14 jeux de ses nouvelles clés pour ses infirmiers et ses auxiliaires de vie. Après, on avait la place nécessaire pour finir d'emballer les affaires d'André, enfin celles qui n'ont pas fini aux différents containeurs du quartier. Les Roumains étaient ravis, en général en dix minutes y avait plus rien qui trainait, et il fallait bien surveiller le camion pendant les chargements parce que certains avaient l'air de penser que c'était une annexe de la poubelle.
Après tout ça, ses potes sont venus, on a chargé ce qui restait, et on a taillé la route. Comme j'étais super inspirée, j'ai inventé une chanson en braillant à tue-tête, ce qu'André a généreusement filmé, j'espère qu'un jour il finira le montage pour pouvoir vous en faire profiter, c'était assez fun :) Le retour s'est bien passé, avec étape nocturne à Lyon et passage par la Bourgogne plutôt que l'Auvergne le lendemain, parce que payer l'autoroute pour rouler à 80 c'était pas l'idée du siècle. On a quand même pu constater que le camion est un camion, à savoir que plein ou pas, il s'en bat les flancs et roule à la même vitesse - on a même réussi à doubler une Audi, au début je pensais à un malentendu du style "ce connard va mettre un coup de fulguro-accélération quand je vais commencer à le dépasser et je vais me retrouver comme une conne à devoir me rabattre alors que j'ai pas de rétro à droite", et en fait on a conclu que le conducteur devait avoir perdu un pari, parce qu'on l'a bel et bien semé, une petite victoire sur tous les connards qui nous klaxonnaient parce qu'on ne roulait pas assez vite à leur goût.
Bref, André est arrivé à Saumur, a fait chou blanc dans les librairies, et continue à bien rigoler quand il reçoit des offres de Pôle-Emploi "correspondant parfaitement à vos critères" qui lui proposent de faire chauffeur poids-lourd, gynécologue ou ingénieur service (quoi que ça puisse être, ça semble assez éloigné de "vendeur en librairie").
Ensuite nous avons déménagé de mon petit appart. Entre la fin du stage et le début des partiels, ça aurait pu être tendu, et en fait, best déménagement ever, taux de stress avoisinant le zéro, puisque j'avais commencé mes cartons en février ou mars, que toutes les affaires d'André étaient déjà emballées, que Rose nous a reprêté son camion, et que deux potes à moi sont venus nous filer un coup de main, dont une avec son mec, un genre de viking tanké comme un golgoth, donc on a fait ça tranquille, même si ça nous a pris dix voyages avec le Kangoo pour les cartons, et cinq voyages avec le camion pour le reste !
Nous sommes donc maintenant les heureux locataires d'un T4 de 96 m² en face de la gare (je compte les wagons de marchandises à mes heures perdues, ça occupe ma névrose), avec parquet, placards intégrés, cheminées (hélas non fonctionnelles, mais ça nous évite la corvée de bois), douche ET baignoire, double vitrage bien sûr, chauffage au gaz (la chaudière a l'air assez caractérielle mais elle ne me connait pas encore...), deux balcons, jardin, cave et garage, pour un montant que la décence m'interdit de nommer ici, comme dirait Georges. C'est le coeur du poulet à l'orange... et on a une chambre d'amis, pour ceux qui seraient tentés par la découverte de notre région d'adoption.
Entretemps, on a été bénévoles et participants enthousiastes de la fête médiévale de Montreui-Bellay, la Loire est montée en crue à plus de 4 mètres 50, on s'est pacsés, on a fait l'Anjou Vélo Vintage, on est descendus chez ma mère pour quatre jours en famille (mon frangin est tout épanoui de sa nouvelle chérie et la petite Gaïa est adorable), et on a fait un petit trip en Bretagne en profitant de l'invitation d'Anaïs, ma collègue et ex-voisine, qui fêtait son anniversaire, celui de sa frangine et celui du mec de sa frangine (80 ans à eux trois, ça se marque !).
Voilà, ça fait beaucoup d'un coup, mes excuses aux fidèles qui se sont languis, et à tout de suite pour les billets avec photos :)
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