ça a pas super commencé, mais la suite promet

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Bon, faut bien avouer que le début d'année fut un peu difficile, mais depuis, ma foi, ça va plutôt pas mal. 
 
D'abord, il fait froid mais pas trop - André est venu au pire moment, températures de gueux et brouillard à tartiner, depuis, à part les phalanges qui morflent à vélo malgré deux paires de gants, je peux frimer en technicolor avec guêtres et collants, la seule difficulté étant de trouver l'équilibre entre "froid le matin au démarrage", "très chaud (sauf aux doigts, donc) en arrivant en haut de la côte", puis "re-froid le temps de garer le vélo et de fumer une clope", puis "re-super-extra-chaud dans l'ifsi," dont les tuyauteries et les stores occultants n'ont jamais entendu parler de régulation thermique ou d'économies d'énergie - les trois-quarts des filles suivent les cours en débardeur, c'est dire.
 
Les examens se sont bien passés, c-à-d réussis du premier coup, ce dont je me félicite vu mon peu d'investissement - enfin si, j'ai bossé, fait des fiches et des schémas, relu mes cours la veille, torché des dossiers en groupe, consulté fréquemment le dictionnaire de l'Académie de Médecine et expliqué à quelques-unes les topiques freudiennes et la réabsorption tubulaire du néphron pour vérifier que j'avais bien compris et pas oublié, mais j'ai pas l'impression d'avoir trop mis le paquet non plus, donc j'ai hâte de voir mes notes (à la fin du mois si tout va bien, rapport à la commission d'attribution des crédits maintenant qu'on a le niveau licence à la fin des trois ans), parce que si je fais le compte de ce que j'ai retenu, notamment en pharmaco et en anat, va falloir cravacher un peu plus pour esquiver les rattrapages de la prochaine session et être sûre de descendre à Marseille en juillet.
 
Et ce matin, premier jour de stage. Réveil à cinq heures après une courte nuit pleine de rêves bizarres (ce genre de nuit où on n'a pas trop l'impression de dormir tellement les neurones s'agitent, finalement), et départ totalement fantasmagorique sous la lune, aucun éclairage public avant d'arriver à la route de l'hosto, je dois avouer que c'était assez déconcertant ! Le service a l'air de bien mériter la réputation que m'en ont fait les deuxièmes années qui y sont passées, à savoir "c'est physique et technique". Une trentaine de lits, pas mal de polypathologies, du coup, trois tournées infirmières le matin, pour l'instant j'ai juste fait les prises de constantes avec une bécane qui fait tout (tension, pouls, oxygène, température, mais pas le café), mais si tout va bien d'ici quelques semaines j'aurais fait des prises de sang, des poses de perfs et de sondes, des pansements, bref, moins de relationnel qu'au premier stage (maison de retraite, équipe restreinte, ambiance décontractée), mais plus de technique, en effet.
 
La deuxième grande innovation, c'est qu'on n'a pas de pause-clope DU TOUT, donc j'ai investi dans des machins à la nicotine à faire fondre sous la langue, c'est dégueulasse les dix premières secondes (comme mâcher un mégot, d'où l'intérêt de ne pas prendre la même chose en version chewing-gum), mais l'avantage c'est qu'il n'y a pas de manque, donc pas de baisse de concentration (j'avais un peu peur de l'effet "crève charogne i'm'faut ma dose" au bout de quatre heures...). Bon, pour être honnête, le gros inconvénient c'est la persistance du goût "fond de cendrier" pendant le reste de la journée, mes bonnes vieilles tiges de huit me font pas cet effet, habituellement. MAIS je ne veux pas entendre de suggestion débile du genre "tu pourrais en profiter pour arr... de fum..." :)
 
A part ça, heureusement que les cours s'arrêtent un peu et que d'après des sources sûres on a vu les troisièmes années pour la dernière fois de notre vie vendredi dernier vu qu'on n'aura plus de sessions communes à l'Ifsi, parce que je dois avouer qu'il y en a un qui est vraiment super sexy, dégaine de motard, petit cul bien moulé, rire frissonnant, bref, du charme et de l'esprit, sauf que bien évidemment, il a quinze ans de moins, et c'est TRES déstabilisant ! Je veux dire, ok, y a pas d'âge, on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a, tout ça tout ça, mais quand même, être troublée par un gamin, c'est pas top pour l'estime de soi, chui un peu jeune pour être une cougar. Du coup, je me dis qu'il faudrait que je commence à fréquenter d'autres gens que les collègues, mais c'est pas gagné (surtout que le toubib du service est lui aussi mimi tout plein, mais il a l'âge de ma frangine, bordel). Pour l'aikido c'est mort avant septembre, pour l'Amap c'est mort aussi j'ai le marché, chez le boucher y a toujours quinze personnes qui font la queue et de toute façon sur les cinq y en a pas un qui me tente (sont trop vieux... à part l'apprenti), ça va finir sur adopteunmec, l'angoisse :)
 
Bon, j'ai dégoisé mes petites conneries (surtout histoire de changer de titre de billet en page d'accueil...) et testé la majuscule emphatique, la prochaine fois on fera dans le futile, avec une spéciale dédicace à Cissou pour lui montrer comment ses collants Batman vont trop bien avec l'improbable mini-robe en skaï jaune récupérée d'Elise au dernier troc - l'autre jour j'ai raconté à tout le monde que c'était la Saint Bruce, et que j'avais rien pour m'habiller comme Springsteen, d'où la Bat-tenue. M'ont proposé d'organiser un concours d'originalité, avant de conclure que je gagnerais, à quoi j'ai répondu que non, je serais dans le jury :)
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Publié dans petites histoires

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C
Espérons que ca dure! Des bibis
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