ensemble
J'avais le choix entre Tours et Angers, Saumur c'est trop petit pour une marche. Connaissant déjà la première (pas belle), et ayant de la famille dans la deuxième, ce fut donc Angers. Bien sûr, le seul train possible c'était le 11h28, ça m'a laissé trois heures pour déambuler dans la vieille ville (très jolie, elle, en revanche), mais vous aurez les photos ailleurs. J'ai mangé, mal, dans un pub, en face du théâtre qui expose les photos de Camille Lepage, angevine, photojournaliste en Afrique, où elle a fini tuée en mai, à 26 ans, et sur les marches duquel des bougies et des dessins, hommages, refusaient de partir en lambeaux malgré la pluie qui les a détrempés ces derniers jours.
Vers 14h, j'ai commencé à descendre vers la place du rassemblement. La rue, si vide dans mes pérégrinations jusque là, était pleine, et tout le monde allait dans la même direction. Des gouttes, un fleuve, puis une mer. Le calme, le froid. Des pancartes, des drapeaux, des crayons. Aucune idée d'à quoi ça servira d'avoir été là, mais important d'y être quand même. Départ lentement, une marche sans slogans, sans banderoles, sans haut-parleurs, juste une marche, ensemble, parce qu'on n'a pas peur, et pourquoi aurait-on peur ?
J'ai bu une Adelscott au pub, ça m'a rappelé le lycée. A l'époque il était surtout question de sécher les cours, les manifs avaient lieu en semaine. Aujourd'hui, j'étais juste une citoyenne.
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