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Alors voilà, j'ai commencé mon premier stage. En maison de retraite, histoire d'y aller mollo. Chui soumise au secret professionnel donc je ne peux pas trop présenter les gens avec qui je bosse, mais je vais quand même essayer de vous faire partager mes grands moments :)
 
Cinq minutes de vélo dans le froid, la brume et les odeurs de feux de cheminée (si ça sent pas l'hiver, ça...), dix minutes pour enfiler ma super tenue (oubliez le mythe de l'infirmière sexy en blouse, la seule touche de glamour c'est un fin liseré rose le long des poches, pour bien montrer que félicitations c'est une fille - les mecs ont pas droit au bleu, c'est injuste), et j'attaque la tournée avec l'infirmière. Maintenant je donne les médocs dans une chambre sur deux, je fais les mesures de glycémie (l'ai fait pendant deux ans à Allauch mais c'est fou ce qu'on perd vite les automatismes, contrairement au vélo l'absence de pratique s'est achtement faite sentir), les piqûres d'insuline (facile, suffit de choper le gras et bim !), les prises de tension*, et aujourd'hui, ah ah, ma toute première prise de sang !! Bon en fait j'ai pas vraiment stressé, j'ai piqué au jugé - dur dur de "sentir" la veine - et je suis tombée pile dedans. Et puis faut dire que j'avais quatre tubes à remplir et que le patient s'est rendormi au bout du deuxième, je suppose que c'est plutôt bon signe... Heureusement quand même que l'infirmière me passait les tubes sinon j'aurais un peu galéré. Après-coup je me suis dit que j'aurais peut-être du garder l'aiguille, en souvenir (mais en fait non parce que sang = danger, sont très sourcilleux à l'école là-dessus).
 
Après la pause café, c'est la tournée des toilettes avec les aides-soignantes, aujourd'hui avec une vraiment extra, un peu mon genre dans le contact avec les patients (enfin mon genre quand je l'aurais repris, là j'ai un peu l'impression d'être la dernière des andouilles question mise en confiance, assurance et respect de la pudeur). J'ai à peu près tout testé, toilette au lit, au lavabo, douche, shampoing au lit et au lavabo aussi (m'a rappelé des souvenirs de ma piaule de bonne en ébénisterie, quand j'avais pas de douche et un chiotte commun dans le couloir...). Je me mélange pas mal les pinceaux avec les gants et les serviettes, et puis le gouffre est cruel entre les règles d'hygiène théoriques et la réalité du terrain, y a des aberrations du genre on n'a pas le droit de mettre notre sac poubelle avec la couche sale par terre, mais on n'a pas d'éponge ni de produit pour nettoyer les bassines après la toilette (bonjour la couche de savon séché sur les bords).
 
Ensuite, je vadrouille un peu d'un patient à l'autre en fonction de leurs besoins, puis transmissions (= on coche ce qu'on a fait comme soin dans le cahier), puis accompagnement en salle à manger, pause déjeuner, raccompagnement dans les chambres et transmissions entre l'équipe du matin et celle de l'aprèm, et voilà, fin de la journée.
 
C'est un peu sioux parce qu'il y a trois équipes : une pour les soins, une pour les petits-déj et une pour le ménage. Mais c'est marrant, parce qu'une des petites de l'équipe hôtellerie, une jolie brunette aux yeux bleus, me fait penser à Sido - en vachement plus ronde quand même. Elle a un côté timide qui me donne envie d'être sympa avec elle, ça doit être ma tendance "grande gueule qui prend soin des petits zosieaux" :)
Voilà, pour l'instant ça se passe bien, faut juste pas que j'oublie de valider des compétences, c'est un peu le but de la manoeuvre...
 
A part ça, ma foi, rien de bien neuf, un peu en mode léthargie donc j'essaye de me forcer à faire des trucs (au pif : une fiche sur la traumato, une recherche sur le diabète, un remplissage de schéma du squelette, une vidéo en anglais sur le fonctionnement des fibres musculaires, une paire de boucles d'oreille pour une copine qui me l'a gentiment demandé, merci, ça me change les idées !). Je me suis inscrite à la bibliothèque, pour la première fois de ma vie d'adulte - pas les moyens d'acheter des bouquins, et plus de chéri libraire sous la main pour en piquer discrètement... Dimanche matin après un tour au tabac (pas ma buraliste allemande mais son mari, schade !) et un zieutage de la brocante de fin de mois, je suis allée à un vide-grenier à domicile, chez une nana à qui je n'ai rien acheté, mais avec qui j'ai discuté pendant deux heures - infimière, bricoleuse, ex-urgentiste à Tahiti, revenait de Marseille où elle passait une spécialisation en anglais pour pouvoir aller soigner les expat du chantier de centrale nucléaire d'Aréva en Chine, bref un sacré personnage !
 
Et sinon, cf la petite *, cette année je demande encore du matos de bricolage à Noël, mais un peu plus, comment dire, spécialisé :)
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Comme ça je pourrais prendre la tension à tout le monde après le faisan et les huîtres, on va bien rigoler.

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